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Inflation en Iran : la monnaie au plus bas accentue la crise


Rédigé par le Mercredi 31 Décembre 2025

La crise économique s’aggrave en Iran. Lundi 29 décembre 2025, de nombreux commerçants ont baissé le rideau à Téhéran pour protester contre la flambée des prix et l’effondrement historique de la monnaie nationale. En cause : la chute brutale du rial, directement liée au rétablissement des sanctions internationales par Organisation des Nations unies en septembre dernier.



En Iran, le rial fond comme neige au soleil

Inflation en Iran : la monnaie au plus bas accentue la crise

Dans les rues de la capitale iranienne, des scènes rares mais lourdes de sens : boutiques fermées, slogans improvisés, discussions tendues entre vendeurs et clients. Quand la monnaie vacille, c’est tout le quotidien qui bascule.
 

Pour les Iraniens, le scénario est malheureusement bien connu. Chaque dévaluation du rial se traduit immédiatement par une hausse des prix, surtout sur les produits importés. Résultat : lait, pain, médicaments, vêtements, tout coûte plus cher, parfois d’un jour à l’autre.

Un rial au plus bas, des prix qui s’envolent
 

Officiellement, l’inflation dépasse les 52 % sur un an. Mais sur les marchés, beaucoup parlent d’une réalité bien plus dure. Certains produits de base ont vu leurs prix doubler, voire tripler. Face à cette instabilité, les commerçants préfèrent souvent ne plus vendre, faute de visibilité sur les coûts de réapprovisionnement. Les clients, eux, attendent. L’économie se fige. À Téhéran, plusieurs quartiers commerçants ont ainsi tourné au ralenti pour le deuxième jour consécutif. Une situation qui rappelle que la crise monétaire touche d’abord le peuple, bien avant les chiffres macroéconomiques.


Les sanctions de l’ONU, un choc de trop

 

L’économie iranienne était déjà sous pression après des décennies de sanctions occidentales. Mais en septembre 2025, un nouveau cap a été franchi. L’ONU a rétabli des sanctions liées au programme nucléaire iranien, limitant fortement les exportations, notamment de pétrole.
 

Conséquence directe : moins de devises étrangères, donc un rial encore plus affaibli. Pour un pays largement dépendant de ses revenus énergétiques, le coup est sévère. La monnaie chute, l’inflation grimpe, et la confiance s’effondre.
 

Dans ce contexte, les commerçants demandent des mesures urgentes sur le taux de change et surtout une stratégie économique claire. Beaucoup dénoncent une gestion floue et des annonces sans effets concrets sur leur quotidien.


Le pouvoir sous pression, l’avenir en suspens

 

Face à la montée de la colère, le président Massoud Pezeshkian a appelé mardi le gouvernement à écouter les revendications « légitimes » des manifestants. Un signal d’ouverture, mais qui reste pour l’instant symbolique.
 

Sur les réseaux sociaux iraniens, les réactions se multiplient. Certains parlent d’un ras-le-bol général, d’autres redoutent que cette crise économique ne se transforme en crise sociale durable. Dans un pays où le pouvoir d’achat fond depuis des années, la patience atteint ses limites.

 

La question est simple : jusqu’où peut aller l’effondrement du rial ? Et surtout, le gouvernement peut-il enrayer l’inflation sans levée des sanctions ? À court terme, tout dépendra des décisions économiques internes… et de l’évolution du bras de fer diplomatique autour du nucléaire iranien.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 31 Décembre 2025