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Inondations dans le Gharb : le bétail en danger, les agriculteurs lancent un cri d’alarme


Rédigé par le Jeudi 5 Février 2026

Les inondations provoquées par les crues des oueds Sebou et Ouargha plongent la région du Gharb et les périphéries de Ksar El Kebir dans une situation critique. Après des précipitations exceptionnelles et le lâcher préventif partiel du barrage Al Wahda, des milliers d’hectares agricoles sont aujourd’hui submergés. Mais au-delà des cultures noyées, c’est surtout le bétail qui est désormais gravement menacé.



Une campagne prometteuse brutalement anéantie

Inondations dans le Gharb : le bétail en danger, les agriculteurs lancent un cri d’alarme

Il y a encore quelques semaines, la saison agricole s’annonçait sous les meilleurs auspices. Aujourd’hui, les champs fertiles se sont transformés en étendues d’eau stagnante. Arbres fruitiers détruits, cultures saisonnières perdues, pâturages engloutis : le paysage agricole est méconnaissable.
 

Pour les agriculteurs et éleveurs du Gharb, le choc est d’autant plus violent que cette campagne représentait un espoir de rattrapage économique après plusieurs années difficiles. En quelques jours, ces espoirs ont été balayés par la montée des eaux.


Le bétail au cœur de l’urgence
 

Dans les douars autour de Ksar El Kebir, mais aussi à Sidi Kacem et Sidi Slimane, la situation des éleveurs est jugée critique. Les bêtes sont directement menacées par les inondations, tandis que leurs sources d’alimentation ont totalement disparu.
 

De nombreux paysans, contactés mardi, appellent à une aide urgente en fourrage pour sauver le cheptel encore vivant. Leur message est clair : sauver d’abord les animaux, discuter des compensations ensuite. Pour beaucoup, le bétail représente l’unique source de revenu. Le perdre signifierait un effondrement social immédiat.


Aucun bilan officiel, une évaluation impossible
 

À ce stade, aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur les pertes animales ou agricoles. Les autorités et le ministère de l’Agriculture évoquent l’impossibilité d’établir un bilan tant que la menace persiste. Selon Rachid Bennali, président de la COMADER, l’évaluation des dégâts ne pourra se faire qu’après la décrue, lorsque les eaux se seront retirées. Même prudence du côté des organisations professionnelles, qui parlent d’un terrain encore trop instable pour toute estimation fiable.


L’espoir d’un soutien après la crise
 

Malgré tout, une lueur d’espoir subsiste. Abderrahman El Majdoubi, président de l’ANOC, se dit confiant quant à une intervention de l’État, rappelant les précédents mécanismes de compensation après des catastrophes récentes. En attendant, les routes coupées et l’isolement des douars compliquent toute aide directe.


Dans le Gharb, l’urgence est désormais claire : le fourrage avant les indemnisations. Les prochaines heures seront décisives pour le sort du cheptel, tandis que les agriculteurs attendent des réponses rapides avant que la catastrophe ne s’aggrave.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 5 Février 2026