Chronique d’une paralysie annoncée
Depuis plusieurs mois, un conflit larvé oppose le ministère de l’Inclusion économique et le secrétariat d’État chargé de l’Emploi aux inspecteurs du travail. Le statut des inspecteurs reste en suspens, les commissions mixtes sont boycottées, et le cahier revendicatif n’avance pas. Résultat : une gestion du secteur largement paralysée.
Selon la coordination syndicale, ce blocage est le signe d’une négligence politique récurrente, vidant le dialogue institutionnel de toute crédibilité. «Il y a un vrai manque de volonté politique», confirme un représentant syndical. Et sur le terrain, le citoyen ou l’entreprise ressent les conséquences : moins de contrôles, retard dans les inspections, et une impression générale de laisser-aller administratif.
Une grève imminente et des actions concrètes
Pour marquer leur mécontentement, les inspecteurs du travail ont décidé de limiter leurs contrôles à quatre visites par mois, de boycotter toutes les commissions mixtes et la plateforme digitale «Chourlekoum». Mais le clou du spectacle sera le sit-in devant le ministère de l’Emploi le 17 février, assorti d’une grève nationale.
Les revendications sont claires :
Attribution de véhicules de service ; Revalorisation des indemnités de déplacement ; Instauration d’une prime de risque
Le syndicat avertit : une seconde grève nationale est déjà envisagée si les autorités ne donnent pas suite aux demandes. Les relations avec l’association des inspecteurs et les partenaires sociaux sont décrites comme opaques, avec une communication quasi nulle du ministère.
Du côté politique, les groupes parlementaires avaient déjà porté le dossier, mais aucune avancée concrète n’a été constatée, renforçant le sentiment d’impasse. Les syndicats rappellent que la protection des inspecteurs n’est pas un luxe, mais un enjeu de sécurité et de régulation sociale.
Le 17 février sera un tournant pour le secteur. La grève des inspecteurs du travail pourrait révéler l’ampleur du blocage administratif et mettre la pression sur le gouvernement pour enfin clarifier le statut et améliorer les conditions des fonctionnaires. À suivre de près, car ce conflit pourrait avoir des répercussions directes sur l’emploi, les entreprises et le dialogue social au Maroc.