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Investissement au Maroc en 2026 : Quand le risque politique s’invite dans chaque décision financière, bourse, croissance, inflation


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 19 Janvier 2026

Alors que l’horizon 2026 se dessine dans une conjoncture mondiale marquée par des tensions politiques et économiques persistantes, les investisseurs au Maroc doivent revoir leurs classiques. Finis les modèles qui ne s’appuyaient que sur les fondamentaux macroéconomiques. Désormais, l’élément politique s’impose comme un déterminant incontournable des stratégies financières. Analyse critique, chiffres vérifiés et perspectives pragmatiques pour un lectorat marocain en quête de compréhension.



Investissement au Maroc en 2026 : Quand le risque politique s’invite dans chaque décision financière, bourse, croissance, inflation

Dans l’univers feutré des marchés financiers, un axiome ancien vacille. La conviction que seule la croissance ou les fondamentaux économiques dictent la performance des actifs est aujourd’hui remise en question. Pour les analystes de CIH Capital Management, la donne est claire : le risque politique s’est installé durablement au cœur des stratégies d’investissement, pesant sur les valorisations et les allocations d’actifs. Ce n’est plus une anecdote, mais une réalité palpable dans les décisions de portefeuilles.
 

Ce tournant – que certains observateurs qualifient déjà de changement de cycle – correspond à une période d’incertitudes continues : rivalités géopolitiques, politiques publiques parfois imprévisibles et évolutions institutionnelles qui influencent directement les flux financiers. Sous cet angle, décrypter les décisions politiques devient presque aussi crucial que comprendre un bilan ou un taux de croissance.


Un contexte macroéconomique solide mais exigeant

À l’échelle nationale, les indicateurs économiques laissent un goût doux-amer. L’économie marocaine a connu une croissance robuste de 4,5 % en 2025, soutenue par la demande intérieure, l’investissement et un secteur agricole qui se redresse après plusieurs années de sécheresse, grâce notamment à une saison de pluies plus favorable. Cette dynamique est confirmée par plusieurs institutions internationales qui projettent une expansion économique continue, bien que modérée, pour les années à venir.
 

Côté prix à la consommation, l’inflation demeure maîtrisée : autour de 0,8 % en 2025 et 1,3 % en 2026, ce qui est favorable au pouvoir d’achat et à la consommation des ménages. La Banque centrale, Bank Al-Maghrib, maintient son taux directeur à 2,25 % face à cette inflation contenue. Ces conditions monétaires, combinées à une politique budgétaire qui vise à réduire le déficit à proximité de 3 % du PIB, favorisent une ambiance propice aux actifs risqués – encore faut-il savoir où et comment y investir.


Bourse de Casablanca : entre sélectivité et stratégies « Value »

Dans ce paysage, CIH Capital Management recommande une allocation « risk on » pour 2026, privilégiant les segments moins sensibles aux aléas politiques souverains, notamment les grandes entreprises privées et les multinationales. Cela traduit une confiance relative dans ces émetteurs jugés plus résilients aux chocs politiques ou aux contraintes budgétaires.
 

Sur le plan local, la stratégie dite « Value » – investir dans des sociétés jugées sous-valorisées par le marché par rapport à leurs fondamentaux – ressort comme un choix tactique majeur. L’idée n’est pas de suivre la foule, mais de dénicher des actifs où le potentiel de création de valeur est réel, même si leur prix ne reflète pas encore cette réalité. Ce positionnement s’explique par la volatilité persistante sur certains segments et l’importance d’une sélection minutieuse plutôt que d’un pari large.
 

De fait, malgré une phase de consolidation fin 2025, les experts anticipent un retour à une dynamique haussière pour le marché actions, soutenu par la croissance des résultats des entreprises cotées et par le dynamisme des opérations financières comme les introductions en bourse et les augmentations de capital.


Naviguer entre opportunités et prudence

Tout n’est pas rose. Les marchés internationaux restent marqués par des niveaux de valorisation élevés – notamment aux États-Unis – et par une incertitude géopolitique qui peut rapidement remettre en cause des prévisions soigneusement établies. Dans ce contexte, CCM et d’autres gestionnaires insistent : le succès ne viendra pas d’une généralisation des allocations, mais d’une analyse fine des fondamentaux et de la capacité des entreprises à générer de la valeur sur le long terme.
 

Pour l’investisseur marocain, cela se traduit par une nécessité de vigilance accrue. C’est dans la diversité des sources, la compréhension du jeu politique et la sélection rigoureuse des titres que résident les meilleures chances de performance durable.


À l’aube de 2026, l’investissement au Maroc se lit désormais comme un roman à plusieurs dimensions – économique, politique, sociale. Comprendre ce livre exige plus que des chiffres : il faut saisir les intentions politiques, les dynamiques globales, et les signaux locaux. Dans ce nouvel ordre financier, les investisseurs avertis ne regarderont plus seulement les courbes de croissance ou d’inflation, mais aussi les trajectoires politiques qui façonnent chaque ligne de bilan.





Lundi 19 Janvier 2026