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Jérusalem-Est : Israël rase le siège de l’UNRWA, l’ONU dénonce une ligne rouge franchie


Rédigé par le Mardi 20 Janvier 2026

Mardi, à Jérusalem-Est, des bulldozers israéliens ont démoli le siège de l’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens. Une opération lourde de symboles, menée en plein jour, qui marque une nouvelle escalade entre Israël et les institutions onusiennes, sur fond de guerre à Gaza et de tensions diplomatiques déjà explosives.



Une démolition qui choque la communauté internationale

Jérusalem-Est : Israël rase le siège de l’UNRWA, l’ONU dénonce une ligne rouge franchie

Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, des engins israéliens ont pénétré dans l’enceinte du complexe de l’UNRWA à Jérusalem-Est pour raser plusieurs bâtiments administratifs. Rapidement, la réaction israélienne est tombée. Le ministère des Affaires étrangères affirme que le site « ne bénéficie d’aucune immunité » et que sa saisie a été réalisée « conformément au droit israélien et international ».
 

Du côté de l’ONU, le ton est radicalement différent. Un responsable de l’UNRWA parle d’une violation grave du droit international et des privilèges garantis aux Nations unies. L’agence évoque même une « attaque sans précédent », dénonçant un précédent dangereux qui pourrait fragiliser l’ensemble du système humanitaire international.


L’UNRWA dans le viseur d’Israël

 

Cette démolition ne sort pas de nulle part. En novembre 2024, le parlement israélien avait adopté une loi interdisant les activités de l’UNRWA sur le territoire israélien, y compris à Jérusalem-Est. Le texte est entré en vigueur trois mois plus tard, malgré les mises en garde de l’ONU et de plusieurs capitales occidentales.
 

Israël accuse l’agence d’avoir fermé les yeux sur la présence de membres du Hamas parmi son personnel, certains ayant, selon Tel-Aviv, participé à l’attaque du 7 octobre 2023. Des accusations que l’UNRWA rejette fermement, rappelant avoir coopéré avec les enquêtes internes et internationales. Mais dans le climat actuel, la méfiance s’est transformée en bras de fer politique assumé.


Pourquoi cet acte inquiète bien au-delà de Jérusalem

 

La destruction du siège de l’UNRWA dépasse le simple cadre immobilier. Elle touche au statut même de Jérusalem-Est, considérée par l’ONU comme territoire occupé, et remet en cause le principe d’immunité des institutions internationales. Pour de nombreux observateurs, c’est un message clair : Israël entend imposer ses décisions, même face aux agences onusiennes.
 

Sur les réseaux sociaux, la colère est palpable. Des diplomates, ONG et citoyens dénoncent une dérive dangereuse. D’autres y voient une étape supplémentaire dans la marginalisation de la cause des réfugiés palestiniens, à un moment où la situation humanitaire est déjà catastrophique à Gaza.

 

Ce qu’il faut désormais surveiller, c’est la réaction officielle des Nations unies et de leurs États membres. Sanctions diplomatiques, recours juridiques ou simple condamnation verbale ? Une chose est sûre : en démolissant le siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est, Israël ouvre un nouveau front, juridique et politique, dont les répercussions pourraient être durables.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 20 Janvier 2026