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Jidar 2026 : Rabat, capitale africaine du Street Art et musée à ciel ouvert


Rédigé par le Mardi 28 Avril 2026

La 11e édition du Festival Jidar transforme Rabat en musée à ciel ouvert avec 15 fresques monumentales. Entre artistes internationaux et talents locaux, l’événement redéfinit l’identité urbaine de la capitale.



Jidar 2026 : Rabat, capitale africaine du Street Art et musée à ciel ouvert
Alors que la 11e édition du Festival Jidar s’achève ce dimanche 26 avril, Rabat confirme son statut de capitale africaine du Street Art. Quinze fresques monumentales, réalisées par des artistes venus des quatre coins du monde, métamorphosent les quartiers de la ville, de El Youssoufia à Agdal-Riad, et enrichissent son patrimoine urbain.

Entre quête anthropologique, mythologies ancestrales et réflexions sur la durabilité de l’art public, Rabat devient un musée à ciel ouvert où l’art redéfinit la perception de la ville lumière.  

Des façades transformées en œuvres d’art 

Durant cette semaine, les grues de chantier ont laissé place à des nacelles vertigineuses dans plusieurs quartiers de la capitale. Des façades autrefois anonymes se sont muées en toiles géantes, offrant des fresques qui ne se contentent pas de décorer la ville, mais instaurent un dialogue visuel entre patrimoine urbain et imagination artistique.  

À El Youssoufia, l’artiste marocain Mizmiz propose une œuvre introspective où le numérique rencontre l’abstraction murale. Ses tracés orange et jaune révèlent une orange monumentale et des silhouettes épurées, dans une réflexion philosophique sur la pureté originelle de l’être humain face à une nature exubérante. À Agdal-Riad, l’artiste péruvien-chilien Jumu Monster explore le folklore précolombien avec des créatures hybrides et des masques rituels qui semblent veiller sur la ville.  

Dans le quartier Hassan, le Russe Marat Morik mêle réalisme figuratif et abstraction géométrique dans une superposition complexe de techniques. À ses côtés, le Franco-Marocain Nassim Azarzar réinterprète l’esthétique des camions marocains, transformant les signes populaires en un langage graphique moderne.  

Une scène marocaine en pleine ébullition

Le Festival Jidar met également en lumière la vitalité de la scène locale. À El Youssoufia, Ritanosko, artiste marocaine, propose une « archéologie imaginaire » à travers des lignes fluides et des couleurs vives qui contrastent avec l’agitation urbaine. De son côté, l’artiste RDS (Reda Boudina) fusionne graffiti traditionnel et recherche architecturale, créant des structures 3D dynamiques qui repoussent les limites du lettrage classique.  

Des couleurs intenses et une réflexion sur la durabilité

Parmi les artistes internationaux, l’Espagnole Marina Capdevila injecte une dose d’ironie et de tendresse avec ses personnages âgés, pleins de vitalité et d’imperfections célébrées. Son compatriote Guillem Font privilégie le noir et blanc pour créer des fresques détaillées qui interrogent notre rapport à la nature.  

Si Jidar a réussi à transformer Rabat en musée à ciel ouvert, la question de la pérennité de ces œuvres face au temps et aux éléments reste centrale. Les fresques, bien que monumentales, nécessitent une gestion urbaine pour préserver leur impact visuel et leur message.  

Un festival qui redéfinit Rabat

Avec cette 11e édition, le Festival Jidar ne se contente pas de célébrer le Street Art. Il positionne Rabat comme une capitale culturelle et artistique, où l’art public devient un outil de dialogue, de réflexion et de transformation urbaine. Entre artistes locaux et internationaux, Rabat s’affirme comme un espace où l’art transcende les murs de galerie, redessinant son identité et son horizon.  

Alors que les nacelles quittent les lieux, les regards restent tournés vers ces œuvres qui continueront de raconter l’histoire d’une ville en pleine mutation, où l’art public est devenu un véritable patrimoine.

 




Mardi 28 Avril 2026