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Joseph et ses frères… Du puits à la construction et à la continuité


Les grands récits ne vieillissent pas... Ils changent simplement de décor... L’histoire de Joseph et de ses frères, souvent lue comme une parabole morale ou spirituelle, peut aussi être comprise comme une lecture politique de la réussite lorsqu’elle devient visible, durable et difficilement contestable… Joseph n’est pas rejeté pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il révèle… la possibilité d’avancer sans attendre l’effondrement de l’autre…



Par Mohammed Yassir Mouline

Joseph et ses frères… Du puits à la construction et à la continuité
Dans les relations contemporaines entre États, ce mécanisme reste intact... La réussite d’un acteur régional ne produit pas toujours l’émulation espérée... Elle peut, au contraire, engendrer une crispation, un récit hostile, voire une attente fébrile de la chute. La comparaison devient alors un problème politique à part entière…
 
Joseph, ou la patience comme méthode
Joseph ne proclame pas sa singularité... Il ne revendique ni exception ni miracle… Il avance… Il construit... Il organise... Sa tunique, interprétée par les autres comme un privilège, est d’abord le produit visible d’un ordre interne maîtrisé, d’un rapport discipliné au temps long…
 
Ce qui dérange ses frères n’est pas l’arrogance « Joseph n’en fait pas preuve » mais la constance… Dans toute dynamique régionale, la constance est plus déstabilisante que la rupture... Elle impose une comparaison durable, sans exutoire immédiat…
 
Face à cela, le soupçon devient un refuge… Les récits de favoritisme, de manœuvres cachées ou de complots permettent d’éviter une question plus coûteuse… pourquoi lui avance-t-il quand nous stagnons ?
 
Du puits au stade : la visibilité comme épreuve
La CAN 2025, organisée par le Maroc, s’inscrit dans cette trajectoire… Elle ne relève pas de l’événementiel spectaculaire, mais de la démonstration méthodique… Infrastructures fonctionnelles, logistique maîtrisée, sécurité assurée, temporalité respectée… rien d’exceptionnel en apparence, si ce n’est la répétition d’une normalité efficace…
 
C’est précisément cette normalité qui devient insupportable… Elle invalide les récits de l’impossibilité structurelle, de l’échec inévitable, de la fatalité régionale… Elle rappelle que le blocage n’est ni culturel ni géographique, mais politique… Joseph, cette fois, n’est plus dans le puits... Il est sur le stade... Visible… Observé… Comparé… !!
 
La chute attendue, ou l’illusion de l’équilibre
Dans tout récit de ressentiment, la chute de l’autre est une nécessité symbolique… Elle permet de suspendre l’asymétrie, de rétablir provisoirement une égalité par le bas… Lorsque Joseph trébuche sportivement « car toute trajectoire comporte des discontinuités » l’événement est immédiatement surinterprété…
 
La défaite cesse d’être un fait de jeu… Elle devient une preuve… Une confirmation attendue… Une respiration psychologique… On ne célèbre pas tant la chute que la fin momentanée de la comparaison… Mais cette lecture confond deux temporalités… Le sport relève de l’instant… La construction nationale relève de la durée… Une élimination ne défait ni une infrastructure, ni une crédibilité, ni une trajectoire stratégique… Elle ne fait que rappeler que le succès durable ne se mesure pas à un score…
 
La continuité contre l’instant
Joseph ne répond pas au ressentiment… Il n’en fait pas un récit politique... Il ne transforme ni la chute en complexe, ni l’hostilité en identité… Il poursuit… C’est là que se joue l’essentiel... Au-delà de l’épisode sportif, l’enjeu réside dans la capacité à se projeter, à se dégager du bruit périphérique pour continuer à bâtir… Plus les contestations se font bruyantes, plus elles confirment, paradoxalement, la solidité du chemin emprunté…
 
Autour de Joseph, les alliances s’élargissent… Les cercles de paix se consolident... Les routes diplomatiques s’étendent vers des partenaires qui ne s’intéressent ni aux clameurs ni aux polémiques, mais à la fiabilité, à la stabilité et à la continuité… Joseph n’est plus seulement celui qui organise… Il devient celui avec qui l’on compte…
 
La construction comme réponse
La Coupe s’achève, comme s’achèvent toujours les saisons visibles... Le stade se vide... Les récits s’épuisent… Mais Joseph sait que l’essentiel commence après le dernier coup de sifflet… Le puits appartient au passé… Le stade appartient à l’instant… L’avenir, lui, se construit ailleurs… Joseph ne proclame pas la victoire… Il prépare la suite…
 
Et pendant que certains restent au bord du récit, occupés à guetter la chute qu’ils espéraient, Joseph, lui, ne répond pas… Il organise… Et pendant que les regards restent fixés sur le faux pas, il prépare déjà la saison suivante… Joseph avance, convaincu d’une chose simple… la continuité n’est pas une posture défensive, mais une stratégie… C’est elle, finalement, qui fait l’Histoire… Wa Salam ALa Youssef, Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.


Vendredi 23 Janvier 2026