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Jumeaux numériques, territoires intelligents et souveraineté : le Maroc au rendez-vous du IEEE World Technology Summit

Wald Maâlam présentera, lors de la journée d’ouverture, un prototype de simulation territoriale autour de Twin City, Twin Region et Twin Diaspora.


Par Dr Az-Eddine Bennani.

Du 8 au 11 juin 2026, Rabat, Kénitra et Settat accueilleront le IEEE World Technology Summit on Digital Twins, consacré au développement territorial durable au Maroc et en Afrique par la transformation digitale.

Dr Az-Eddine Bennani interviendra en mini-plénière lors de la journée d’ouverture à Rabat et contribuera, le mercredi à Kénitra, aux échanges sur les infrastructures régionales, les corridors intelligents et les usines intelligentes.



Le IEEE World Technology Summit on Digital Twins, organisé du 8 au 11 juin 2026 entre Rabat, Kénitra et Settat, constitue un moment important pour penser la transformation numérique non comme une simple accumulation d’outils, mais comme une nouvelle manière de représenter, comprendre et gouverner les territoires.

Son thème, consacré au développement territorial durable au Maroc et en Afrique par la transformation digitale, place clairement le pays au cœur d’un dialogue stratégique sur les villes, les régions, les infrastructures, les données, l’intelligence artificielle et les nouvelles formes de résilience territoriale.

Je suis très honoré de participer à cette rencontre internationale et je remercie chaleureusement les organisateurs pour leur invitation et pour la confiance accordée, tout particulièrement M. Joël Meyers, l’un des experts mondiaux du concept de twin numérique.

J’aurai le plaisir d’intervenir lors de la journée d’ouverture, le lundi 8 juin 2026 à Rabat, dans le cadre de la session plénière prévue entre 10h30 et 12h30, sous la forme d’une courte intervention de type mini-plenary.

Lors de cette intervention, je présenterai un prototype de simulation et de visualisation territoriale conçu autour de trois notions complémentaires : Twin City, Twin Region et Twin Diaspora.

Ce prototype propose une première représentation pédagogique de la manière dont des données territoriales, même sous forme d’indicateurs fictifs ou « dummy » dans cette version de démonstration, peuvent aider à configurer, comparer et discuter des politiques publiques, des dynamiques régionales et des priorités de développement.

L’enjeu n’est pas de présenter une solution achevée, mais d’ouvrir une discussion concrète.

Un jumeau numérique ne doit pas être réduit à une maquette technique ni à une simple carte interactive. Il peut devenir un instrument d’intelligence collective, d’aide à la décision, de simulation, de médiation et de gouvernance.

Il peut permettre de mieux visualiser les interactions entre eau, énergie, agriculture, santé, éducation, mobilité, patrimoine, industrie, ports, infrastructures, emploi, logement et sécurité alimentaire.

Dans cette perspective, le passage de la ville intelligente à la région intelligente est essentiel. La ville concentre souvent les services, les infrastructures et les innovations visibles. Mais la région permet d’intégrer les équilibres plus larges : ressources naturelles, complémentarités économiques, corridors logistiques, monde rural, universités, zones industrielles, ports, tourisme, patrimoine et inclusion sociale.

Quant à la diaspora, elle ne doit pas être pensée seulement comme une population extérieure au territoire, mais comme une extension vivante de la capacité d’innovation, de financement, de compétence et d’influence du pays.

C’est pourquoi les notions de Twin City, Twin Region et Twin Diaspora me semblent particulièrement fécondes pour le Maroc. Elles permettent de dépasser une vision strictement administrative ou techniciste du territoire.

Elles invitent à penser des espaces connectés, apprenants, responsables et souverains, capables de mobiliser les données sans perdre le sens, d’utiliser l’intelligence artificielle sans marginaliser l’humain, et de concevoir la transformation digitale comme un levier d’inclusion plutôt que comme une simple modernisation de façade.

Le sommet abordera plusieurs dimensions essentielles :

Résilience climatique, eau, énergie, sécurité alimentaire, gouvernance, infrastructures, ports, mobilité, villes intelligentes, santé, éducation, emploi, logement, patrimoine, agriculture durable, data centers, industrie, corridors intelligents et développement territorial inclusif.

Cette diversité thématique rappelle que les jumeaux numériques n’ont de valeur que lorsqu’ils permettent de relier les enjeux, de dépasser les silos et de mieux comprendre la complexité des décisions territoriales.

Le mercredi 10 juin, la séquence organisée à Kénitra mettra l’accent sur la connectivité régionale, le commerce, les infrastructures intégrées, les zones industrielles, les usines intelligentes et les corridors intelligents. J’aurai également le plaisir d’y contribuer comme modérateur.

Cette étape est importante, car elle relie directement les jumeaux numériques aux réalités productives, industrielles et logistiques. Elle rappelle que la transformation digitale n’a de sens que si elle sert la compétitivité, l’emploi, l’aménagement du territoire et la capacité d’action des institutions.

La séquence de Settat prolongera cette dynamique autour d’une vision territoriale intelligente, durable et portée par l’intelligence artificielle. Cette dimension confirme que les jumeaux numériques ne concernent pas seulement les grandes métropoles. Ils peuvent aussi devenir des outils de prospective pour des villes intermédiaires, des régions, des universités, des zones d’innovation et des territoires en transition.

Cette participation s’inscrit dans la continuité de mes travaux sur l’intelligence artificielle, la souveraineté numérique, les territoires apprenants, les régions intelligentes, les plateformes de connaissance et les modèles de gouvernance systémique.

Elle prolonge également une conviction forte : le Maroc ne doit pas seulement consommer des technologies importées, mais apprendre à les contextualiser, à les discuter, à les adapter et à les transformer en instruments de développement souverain.

À l’heure où l’intelligence artificielle, les puces spécialisées, les plateformes cloud, les data centers et les infrastructures numériques redessinent les rapports de puissance, la question territoriale devient centrale.

Qui produit les données ? Qui les interprète ? Qui les gouverne ? Qui définit les priorités ? Qui transforme les indicateurs en décisions publiques ? Et comment éviter que la technologie ne parle à la place des citoyens, des élus, des chercheurs, des ingénieurs, des entrepreneurs et des acteurs locaux ?

Le prototype que je présenterai s’inscrit dans cette interrogation. Il vise à montrer, de façon simple et démonstrative, qu’un modèle numérique peut devenir un support de dialogue entre plusieurs niveaux : la ville, la région, la diaspora, l’État, l’université, l’entreprise et le citoyen. C’est dans cette articulation que se joue, à mon sens, une partie de l’avenir des territoires intelligents au Maroc et en Afrique.

Je me réjouis de prendre part à ce sommet aux côtés de responsables institutionnels, de chercheurs, d’universitaires, d’experts internationaux, de représentants territoriaux et d’acteurs technologiques engagés dans la transformation digitale durable.

Ce rendez-vous est une opportunité pour rappeler que le numérique n’est pas une fin en soi. Il devient stratégique lorsqu’il aide un pays à mieux se comprendre, à mieux décider, à mieux coopérer et à mieux préparer son avenir.

Le programme officiel de l’événement accompagne cette publication.

Par Dr Az-Eddine Bennani.


Mercredi 3 Juin 2026