La justice tunisienne vient de clore un chapitre sombre et politiquement explosif de son histoire récente. La cour d'appel de Tunis a prononcé de très lourdes peines de prison, allant de trois à vingt-quatre ans, à l'encontre de plusieurs personnalités de premier plan, dont l'ancien chef du gouvernement Ali Laarayedh, dans la retentissante affaire des réseaux d'envoi de combattants vers la Syrie. Ce verdict marque un tournant décisif dans la reddition des comptes post-révolutionnaire.
La chute d'une figure de proue du mouvement islamiste
L'affaire dite de "l'expédition" ou de l'envoi de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit au Moyen-Orient hante la société tunisienne depuis plus d'une décennie. Au lendemain de la révolution de 2011, des milliers de citoyens avaient quitté le pays pour rejoindre les rangs de diverses factions armées, notamment en Syrie et en Irak. Les familles des victimes et la société civile n'ont cessé de réclamer la vérité sur les complicités politiques et sécuritaires ayant facilité, voire encouragé, cette hémorragie de la jeunesse. Le verdict rendu tard dans la nuit de jeudi par la cour d'appel de Tunis apporte une réponse judiciaire cinglante à ces interrogations, en désignant des responsables au plus haut sommet de l'appareil d'État de l'époque.
Au cœur de cette condamnation figure Ali Laarayedh, ancien ministre de l'Intérieur puis chef du gouvernement, et figure emblématique du mouvement islamiste Ennahda. Son implication dans ce dossier, aux côtés d'anciens hauts cadres sécuritaires, illustre la gravité des charges retenues par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme. Les magistrats ont estimé que les accusés, par leurs actions ou leur laxisme délibéré, avaient activement participé à la mise en place d'une logistique permettant l'embrigadement et l'exfiltration des recrues. Les peines prononcées, qui s'étalent jusqu'à vingt-quatre années de réclusion criminelle, reflètent la volonté de la justice de sanctionner avec une sévérité exemplaire ce qui est considéré comme une trahison des intérêts suprêmes de la nation.
Ce dénouement judiciaire s'inscrit dans un contexte politique tunisien particulièrement tendu. Depuis la refonte institutionnelle initiée par le président Kais Saied, les enquêtes visant les anciens dirigeants du pays se sont multipliées. Pour les partisans du pouvoir actuel, ce procès est la preuve que l'impunité n'a plus sa place en Tunisie et que l'État assainit ses institutions. À l'inverse, les soutiens du mouvement Ennahda dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins de purge politique, visant à éradiquer définitivement l'opposition. Quoi qu'il en soit, ces condamnations historiques redessinent le paysage politique tunisien et rappellent que les blessures liées à la décennie de transition démocratique sont encore loin d'être cicatrisées.
Au cœur de cette condamnation figure Ali Laarayedh, ancien ministre de l'Intérieur puis chef du gouvernement, et figure emblématique du mouvement islamiste Ennahda. Son implication dans ce dossier, aux côtés d'anciens hauts cadres sécuritaires, illustre la gravité des charges retenues par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme. Les magistrats ont estimé que les accusés, par leurs actions ou leur laxisme délibéré, avaient activement participé à la mise en place d'une logistique permettant l'embrigadement et l'exfiltration des recrues. Les peines prononcées, qui s'étalent jusqu'à vingt-quatre années de réclusion criminelle, reflètent la volonté de la justice de sanctionner avec une sévérité exemplaire ce qui est considéré comme une trahison des intérêts suprêmes de la nation.
Ce dénouement judiciaire s'inscrit dans un contexte politique tunisien particulièrement tendu. Depuis la refonte institutionnelle initiée par le président Kais Saied, les enquêtes visant les anciens dirigeants du pays se sont multipliées. Pour les partisans du pouvoir actuel, ce procès est la preuve que l'impunité n'a plus sa place en Tunisie et que l'État assainit ses institutions. À l'inverse, les soutiens du mouvement Ennahda dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins de purge politique, visant à éradiquer définitivement l'opposition. Quoi qu'il en soit, ces condamnations historiques redessinent le paysage politique tunisien et rappellent que les blessures liées à la décennie de transition démocratique sont encore loin d'être cicatrisées.



