L’introduction de l’intelligence artificielle dans les organisations nous invite à regarder vers l’avenir.
Elle devrait aussi nous conduire à mieux comprendre ce qui nous précède. Une entreprise, une administration ou une association qui existe depuis plusieurs décennies possède une histoire.
Celle-ci se retrouve dans ses documents, ses pratiques, ses procédures, mais également dans ses applications informatiques.
Une partie de cette histoire demeure dans la mémoire des femmes et des hommes qui ont conçu, développé, maintenu et utilisé ces systèmes.
Certains ont disparu. D’autres ont aujourd’hui plus de 70 ans. Leur expérience mérite d’être sollicitée au moment où les organisations cherchent à transformer leur fonctionnement grâce à l’IA.
Celle-ci se retrouve dans ses documents, ses pratiques, ses procédures, mais également dans ses applications informatiques.
Une partie de cette histoire demeure dans la mémoire des femmes et des hommes qui ont conçu, développé, maintenu et utilisé ces systèmes.
Certains ont disparu. D’autres ont aujourd’hui plus de 70 ans. Leur expérience mérite d’être sollicitée au moment où les organisations cherchent à transformer leur fonctionnement grâce à l’IA.
La mémoire inscrite dans le code
Dans le secteur bancaire notamment, des applications historiques écrites en COBOL continuent de participer à des opérations essentielles.
D’autres secteurs possèdent également des systèmes anciens, développés dans différents langages et enrichis au fil du temps.
Ces programmes font davantage qu’exécuter des calculs. Ils mettent en œuvre des règles de gestion, distinguent des catégories de situations, organisent des validations et prévoient des exceptions.
Derrière chaque traitement se trouvent des besoins exprimés, des contraintes rencontrées et des arbitrages effectués à une époque donnée. Pourquoi une opération exige-t-elle deux validations ? Pourquoi certains dossiers suivent-ils une procédure particulière ? Pourquoi une information est-elle conservée sous cette forme ?
Une instruction apparemment secondaire peut traduire une difficulté longtemps rencontrée par les professionnels du métier. Le code source permet de retrouver le traitement exécuté. Il ne restitue pas nécessairement toutes les raisons qui ont conduit à le concevoir ainsi.
Ces raisons peuvent être documentées, partiellement oubliées ou encore connues de celles et ceux qui ont participé à leur élaboration.
D’autres secteurs possèdent également des systèmes anciens, développés dans différents langages et enrichis au fil du temps.
Ces programmes font davantage qu’exécuter des calculs. Ils mettent en œuvre des règles de gestion, distinguent des catégories de situations, organisent des validations et prévoient des exceptions.
Derrière chaque traitement se trouvent des besoins exprimés, des contraintes rencontrées et des arbitrages effectués à une époque donnée. Pourquoi une opération exige-t-elle deux validations ? Pourquoi certains dossiers suivent-ils une procédure particulière ? Pourquoi une information est-elle conservée sous cette forme ?
Une instruction apparemment secondaire peut traduire une difficulté longtemps rencontrée par les professionnels du métier. Le code source permet de retrouver le traitement exécuté. Il ne restitue pas nécessairement toutes les raisons qui ont conduit à le concevoir ainsi.
Ces raisons peuvent être documentées, partiellement oubliées ou encore connues de celles et ceux qui ont participé à leur élaboration.
Comprendre avant de transformer
L’IA peut contribuer à analyser un programme, à produire sa documentation et à rendre ses règles plus lisibles.
Elle peut aussi faciliter sa traduction dans un autre langage. Ces possibilités ouvrent des perspectives considérables pour la modernisation des systèmes.
Mais traduire une application conserve parfois les choix anciens sans interroger leur pertinence actuelle. Une règle peut être techniquement reproduite avec exactitude alors que les circonstances qui la justifiaient ont changé. À l’inverse, supprimer un contrôle mal compris peut fragiliser une activité.
L’introduction de l’IA exige donc un travail d’interprétation. Il faut comprendre ce que fait le système, pourquoi il le fait et ce que l’organisation souhaite désormais accomplir. Cette démarche associe la connaissance du code, celle des métiers et celle de leur histoire.
C’est précisément à cet endroit que l’expérience longue peut apporter une contribution décisive.
Elle peut aussi faciliter sa traduction dans un autre langage. Ces possibilités ouvrent des perspectives considérables pour la modernisation des systèmes.
Mais traduire une application conserve parfois les choix anciens sans interroger leur pertinence actuelle. Une règle peut être techniquement reproduite avec exactitude alors que les circonstances qui la justifiaient ont changé. À l’inverse, supprimer un contrôle mal compris peut fragiliser une activité.
L’introduction de l’IA exige donc un travail d’interprétation. Il faut comprendre ce que fait le système, pourquoi il le fait et ce que l’organisation souhaite désormais accomplir. Cette démarche associe la connaissance du code, celle des métiers et celle de leur histoire.
C’est précisément à cet endroit que l’expérience longue peut apporter une contribution décisive.
La leçon du passage à l’an 2000
Le passage à l’an 2000 constitue un précédent éclairant. L’utilisation de deux chiffres pour représenter l’année dans de nombreux systèmes avait créé un risque d’erreurs lors du changement de siècle.
Les organisations ont dû examiner leurs applications, corriger les traitements concernés, tester les échanges et préparer la continuité de leurs activités.
La limitation des perturbations a été le résultat d’une mobilisation importante. Des professionnels de plusieurs générations ont travaillé ensemble pour comprendre les systèmes et les adapter.
Sans ces efforts, des dysfonctionnements majeurs auraient pu affecter l’économie et les services essentiels. Parmi les personnes qui ont contribué à ces travaux, certaines sont aujourd’hui septuagénaires ou davantage.
Leur connaissance des applications et des organisations n’a pas perdu toute valeur avec leur départ à la retraite. Ce précédent devrait nous apprendre à reconnaître une expertise avant que son absence nous oblige à la rechercher dans l’urgence.
Les organisations ont dû examiner leurs applications, corriger les traitements concernés, tester les échanges et préparer la continuité de leurs activités.
La limitation des perturbations a été le résultat d’une mobilisation importante. Des professionnels de plusieurs générations ont travaillé ensemble pour comprendre les systèmes et les adapter.
Sans ces efforts, des dysfonctionnements majeurs auraient pu affecter l’économie et les services essentiels. Parmi les personnes qui ont contribué à ces travaux, certaines sont aujourd’hui septuagénaires ou davantage.
Leur connaissance des applications et des organisations n’a pas perdu toute valeur avec leur départ à la retraite. Ce précédent devrait nous apprendre à reconnaître une expertise avant que son absence nous oblige à la rechercher dans l’urgence.
L’âge ne mesure pas la pertinence
Je suis de cette génération qui a accompagné plusieurs transformations de l’informatique et des organisations. Cette expérience m’a appris à distinguer la nouveauté d’un outil de la profondeur d’un changement.
Elle m’a aussi appris que les systèmes accumulent des décisions dont les raisons deviennent progressivement moins visibles. L’ancienneté ne garantit pas, à elle seule, la justesse d’une analyse. La jeunesse ne garantit pas davantage la compréhension d’une organisation.
La pertinence se juge à la capacité de comprendre, de questionner, de transmettre et de contribuer.
Le Maroc a aujourd’hui la chance de compter, à la tête du ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration, Ahmed Rahhou, âgé de 68 ans.
Son expérience professionnelle dans l’informatique, le secteur bancaire et la direction d’entreprises lui donne une connaissance concrète de l’histoire et de l’évolution des organisations. Son âge constitue à cet égard un atout.
Comme je l’ai dénoncé dans une précédente tribune, les critiques formulées par certains Marocains sur les réseaux sociaux à propos de son âge passent à côté de la valeur de cette expérience. La capacité à conduire une transformation doit s’apprécier à travers les compétences, le discernement et les contributions.
Cette reconnaissance devrait également bénéficier aux femmes et aux hommes de plus de 70 ans qui souhaitent mettre leur expérience au service des organisations et du pays. Écarter une personne en raison de son âge peut priver une organisation d’une ressource utile.
Il serait plus fécond d’examiner ce qu’elle sait expliquer, les questions qu’elle permet de poser et la connaissance qu’elle peut transmettre.
Elle m’a aussi appris que les systèmes accumulent des décisions dont les raisons deviennent progressivement moins visibles. L’ancienneté ne garantit pas, à elle seule, la justesse d’une analyse. La jeunesse ne garantit pas davantage la compréhension d’une organisation.
La pertinence se juge à la capacité de comprendre, de questionner, de transmettre et de contribuer.
Le Maroc a aujourd’hui la chance de compter, à la tête du ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration, Ahmed Rahhou, âgé de 68 ans.
Son expérience professionnelle dans l’informatique, le secteur bancaire et la direction d’entreprises lui donne une connaissance concrète de l’histoire et de l’évolution des organisations. Son âge constitue à cet égard un atout.
Comme je l’ai dénoncé dans une précédente tribune, les critiques formulées par certains Marocains sur les réseaux sociaux à propos de son âge passent à côté de la valeur de cette expérience. La capacité à conduire une transformation doit s’apprécier à travers les compétences, le discernement et les contributions.
Cette reconnaissance devrait également bénéficier aux femmes et aux hommes de plus de 70 ans qui souhaitent mettre leur expérience au service des organisations et du pays. Écarter une personne en raison de son âge peut priver une organisation d’une ressource utile.
Il serait plus fécond d’examiner ce qu’elle sait expliquer, les questions qu’elle permet de poser et la connaissance qu’elle peut transmettre.
Organiser la coopération entre générations
Les entreprises, les administrations, les associations professionnelles et les établissements de formation peuvent agir concrètement.
Ils peuvent identifier les personnes qui connaissent leurs systèmes historiques, recueillir leurs explications et les associer aux projets de transformation.
Un programme analysé par l’IA pourrait ainsi être relu avec un ancien concepteur, un responsable métier et un développeur maîtrisant les technologies actuelles. Ensemble, ils pourraient distinguer les règles toujours nécessaires, celles à faire évoluer et celles devenues sans objet.
Cette coopération permettrait de documenter les raisons des choix, de préparer la relève et de mieux gouverner les transformations.
Elle donnerait également aux nouvelles générations accès à une connaissance qu’aucun outil ne peut garantir de reconstituer à partir du seul code.
L’avenir de l’IA dans les organisations se construira avec des compétences nouvelles. Il gagnera aussi à mobiliser celles qui ont permis à ces organisations de fonctionner et d’évoluer pendant des décennies.
En France, au Maroc et partout dans le monde, les femmes et les hommes de plus de 70 ans qui souhaitent encore contribuer devraient pouvoir être entendus, évalués sur leurs apports et associés à la transformation des organisations.
Leur expérience et leur mémoire peuvent éclairer les décisions à venir et accompagner l’introduction de l’intelligence artificielle. Encore faut-il leur ouvrir la porte.
Ils peuvent identifier les personnes qui connaissent leurs systèmes historiques, recueillir leurs explications et les associer aux projets de transformation.
Un programme analysé par l’IA pourrait ainsi être relu avec un ancien concepteur, un responsable métier et un développeur maîtrisant les technologies actuelles. Ensemble, ils pourraient distinguer les règles toujours nécessaires, celles à faire évoluer et celles devenues sans objet.
Cette coopération permettrait de documenter les raisons des choix, de préparer la relève et de mieux gouverner les transformations.
Elle donnerait également aux nouvelles générations accès à une connaissance qu’aucun outil ne peut garantir de reconstituer à partir du seul code.
L’avenir de l’IA dans les organisations se construira avec des compétences nouvelles. Il gagnera aussi à mobiliser celles qui ont permis à ces organisations de fonctionner et d’évoluer pendant des décennies.
En France, au Maroc et partout dans le monde, les femmes et les hommes de plus de 70 ans qui souhaitent encore contribuer devraient pouvoir être entendus, évalués sur leurs apports et associés à la transformation des organisations.
Leur expérience et leur mémoire peuvent éclairer les décisions à venir et accompagner l’introduction de l’intelligence artificielle. Encore faut-il leur ouvrir la porte.
