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L’IA fait bondir les exportations japonaises de 23,2 %

Et si le Maroc regardait derrière les algorithmes ?


Rédigé par La rédaction le Jeudi 20 Août 2026

On présente souvent l’intelligence artificielle comme une industrie presque immatérielle : des algorithmes, des modèles, du cloud et quelques lignes de code. Les chiffres publiés ce jeudi 20 août par le Japon racontent pourtant une autre histoire. Derrière chaque réponse générée par une IA se trouve une immense industrie physique. Et c’est peut-être précisément là que se situe une partie de l’opportunité marocaine.



Les exportations japonaises ont progressé de 23,2 % en juillet sur un an, enregistrant un onzième mois consécutif de hausse et atteignant un niveau record.

L’IA fait bondir les exportations japonaises de 23,2 %
Les importations ont augmenté encore davantage, de 27,8 %, conduisant le pays à enregistrer un déficit commercial de 634,5 milliards de yens.

Plusieurs secteurs expliquent cette dynamique, mais l’électronique, les semi-conducteurs et les équipements liés aux investissements mondiaux dans les data centers occupent une place importante.

Autrement dit, le boom mondial de l’IA commence à apparaître dans les statistiques du commerce extérieur.

Une IA a besoin de beaucoup de choses

Pour faire fonctionner ChatGPT, Gemini ou les futurs agents autonomes, il ne suffit pas de disposer d’un excellent modèle.

Il faut des processeurs, des mémoires, des cartes électroniques, des transformateurs électriques, des câbles, des systèmes de refroidissement, des armoires techniques, des batteries, des groupes de secours, des capteurs, des équipements réseau et des bâtiments industriels extrêmement sophistiqués.

Il faut aussi construire, installer, maintenir et alimenter tout cela.

L’IA devient donc progressivement une industrie lourde.

Et c’est une excellente nouvelle pour les pays qui ne pourront probablement jamais investir les dizaines de milliards nécessaires pour rivaliser avec les géants américains ou chinois dans la conception des modèles fondamentaux.

Le Maroc doit regarder la chaîne de valeur

La question pertinente pour le Royaume n’est probablement pas : « Comment créer notre Nvidia ? » Elle serait plutôt : « Que pouvons-nous fabriquer pour Nvidia, Google, Microsoft, Amazon ou leurs fournisseurs ? »

Le Maroc possède déjà plusieurs briques intéressantes. Son industrie automobile maîtrise le câblage et de nombreux composants électroniques. L’aéronautique a développé une culture industrielle exigeante. Les énergies renouvelables peuvent devenir un argument pour l’implantation de centres de données. Tanger Med offre une connectivité logistique exceptionnelle vers l’Europe.

À cela peuvent s’ajouter l’électronique de puissance, les structures métalliques pour data centers, les systèmes de refroidissement, certains équipements électriques, l’assemblage, la maintenance ou encore les infrastructures énergétiques.

Aucun de ces métiers n’a le glamour d’un modèle d’intelligence artificielle générative. Mais ils créent des usines, des exportations et des emplois.

Ne pas seulement consommer l’IA

Le risque serait que le Maroc aborde la révolution de l’intelligence artificielle uniquement comme un consommateur : acheter des licences, importer des GPU, louer du cloud et utiliser des modèles développés ailleurs.

Le Japon rappelle qu’une autre économie de l’IA existe : celle des objets indispensables à son fonctionnement.

Le Royaume a déjà réussi une stratégie comparable dans l’automobile. Il n’a pas commencé par inventer une voiture marocaine mondiale. Il a construit progressivement une plateforme industrielle capable de produire pour les grandes chaînes internationales.

Pourquoi ne pas appliquer la même logique à l’IA ?

La véritable opportunité marocaine pourrait finalement se trouver moins dans l’algorithme que dans tout ce qu’il faut construire autour.

Car derrière chaque intelligence artificielle prétendument virtuelle se cache une usine bien réelle.




Jeudi 20 Août 2026