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L’Istiqlal affiche son ambition : jouer la première place le 23 septembre


Rédigé par La rédaction le Lundi 14 Septembre 2026

À quelques jours des législatives, le Parti de l’Istiqlal ne dissimule plus son objectif : arriver en tête. Derrière cette ambition, le parti met en avant sa cohésion interne, le renouvellement de près de la moitié de ses candidatures et le choix de concentrer la campagne sur son programme plutôt que sur la surenchère politique.



À mesure que le 23 septembre approche, les ambitions se précisent. Du côté du Parti de l’Istiqlal, le message est désormais assumé : il ne s’agit pas simplement d’améliorer le score de 2021, mais de viser la première place.

L’Istiqlal affiche son ambition : jouer la première place le 23 septembre
Abdeljabbar Rachidi, président du Conseil national et membre du comité exécutif du parti, l’a clairement exprimé lors de son passage dans l’émission Saâat Al Haqiqa sur 2M. Cette ambition, explique-t-il, n’est pas née avec la campagne électorale. Elle traverse le parti depuis son dernier congrès, qui avait renouvelé sa confiance à Nizar Baraka pour conduire l’organisation.

L’Istiqlal entre donc dans la dernière ligne droite avec une stratégie assez lisible : afficher une ambition élevée sans transformer la campagne en concours de déclarations tonitruantes.

Des candidats, mais surtout une organisation

Le parti insiste d’abord sur la qualité de son offre électorale. Ses candidats sont présentés comme ayant été choisis sur des critères de probité, de compétence politique et professionnelle et de capacité à porter le projet du parti sur le terrain.

Au-delà des profils individuels, c’est cependant la machine istiqlalienne elle-même que la direction cherche à valoriser.

Dans une scène politique où les changements de couleur partisane à l’approche des élections sont devenus presque une tradition, l’Istiqlal revendique une autre méthode : privilégier son propre vivier plutôt que bâtir une force électorale autour de recrutements de dernière minute.

Le parti fait ainsi de sa cohésion interne un argument de campagne. Il considère avoir préservé son unité dans une période marquée par de fortes recompositions politiques et par la bataille pour attirer candidats et notables.

C’est évidemment le discours du parti sur lui-même. Mais politiquement, le choix n'est pas anodin : l’Istiqlal tente de faire de la stabilité de son organisation un marqueur de différenciation.

45 % de nouveaux visages : le renouvellement sans la rupture

L’autre chiffre mis en avant mérite attention : 45 % des candidats présentés par le parti participeraient pour la première fois à des élections.

L’Istiqlal cherche ici un équilibre plutôt intéressant entre renouvellement et continuité.

Pas question de jeter par-dessus bord son appareil historique ni son expérience électorale. Mais pas question non plus de donner l’image d’un parti vivant uniquement sur son patrimoine politique et ses figures installées.

Cette proportion de nouveaux candidats est donc utilisée pour raconter une évolution plus qu'une révolution : faire entrer une nouvelle génération tout en conservant la colonne vertébrale organisationnelle du parti.

Reste une question que les urnes permettront seules de trancher : ces nouveaux profils seront-ils perçus par les électeurs comme un véritable renouvellement ou simplement comme de nouveaux noms sur des listes déjà fortement identifiées au parti ?

Sortir du bruit de la campagne

Un autre élément du discours istiqlalien mérite d’être relevé.

La direction du parti affirme vouloir éviter ce qu’elle considère comme des polémiques politiques stériles pour recentrer la confrontation électorale sur les programmes et les solutions proposées aux problèmes économiques et sociaux du pays.

L’idée est presque classique en campagne électorale. Sa mise en pratique l’est beaucoup moins.

Entre petites phrases, réseaux sociaux, accusations croisées et bataille quotidienne pour occuper l’espace médiatique, la tentation du spectaculaire reste forte pour toutes les formations.

L’Istiqlal dit vouloir privilégier une autre logique : présenter son programme, mobiliser les citoyens et laisser les urnes établir le rapport de forces final.

Cette posture lui permet également d'installer un récit assez commode : celui d’un parti qui souhaite apparaître comme une force de gouvernement davantage préoccupée par le contenu que par l'affrontement.

Nizar Baraka joue aussi sa propre séquence politique

Derrière cette ambition collective se dessine naturellement un enjeu pour Nizar Baraka.

Une première place aux législatives constituerait une validation politique majeure pour le secrétaire général. Elle consacrerait à la fois sa stratégie de direction, la cohésion du parti et le repositionnement de l’Istiqlal comme prétendant direct à la conduite de la prochaine étape politique.

La presse du parti met d’ailleurs très fortement en avant son leadership, sa capacité à préserver l’unité de l’organisation et la détermination avec laquelle il conduit l’Istiqlal vers l’objectif de la première place.

Il faut toutefois distinguer l'affirmation militante de la réalité électorale.

Une campagne peut créer une dynamique. Une organisation peut apparaître solide. Un programme peut être travaillé. Mais une élection nationale reste l’addition de dizaines de batailles locales, de rapports de forces territoriaux, de candidatures, de participations différenciées et, parfois, de quelques milliers de voix qui changent complètement la distribution des sièges.

La première place ne se décrète pas

C’est sans doute là que commence le vrai enjeu pour l’Istiqlal.

En affichant aussi clairement son ambition, le parti place lui-même la barre très haut. Finir premier deviendrait une victoire politique . Arriver au coude-à-coude avec les principales formations pourrait encore être présenté comme une progression. 

L’Istiqlal semble néanmoins l’assumer : cohésion de l'appareil, renouvellement des candidatures, programme électoral et leadership de Nizar Baraka constituent les quatre arguments autour desquels il entend bâtir sa dernière semaine de campagne.

Le parti peut annoncer qu’il vise la première place. Il peut expliquer pourquoi il pense la mériter. Mais le 23 septembre, une seule institution aura véritablement le dernier mot : l’urne.




Lundi 14 Septembre 2026