Le meeting organisé à Dakhla en est l’une des illustrations les plus visibles. Devant environ 4.500 participants, Nizar Baraka a rappelé l’ancrage historique de l’Istiqlal dans les provinces du Sud, où le parti dispose depuis longtemps d’un réseau politique et électoral particulièrement dense. L’enjeu est clair : conserver cette avance dans une région devenue hautement stratégique, politiquement comme économiquement.
À Oued Eddahab, le parti a choisi Mbarek Hamia, homme d’affaires connu localement et ancien du RNI. À Aousserd, Mohammed Boubker a été investi. Ces choix interviennent dans un contexte de recomposition locale marqué notamment par le départ de Yanja Khattat vers le PAM. L’Istiqlal répond donc au mouvement par le mouvement, mais sans donner l’impression d’un recrutement tous azimuts. Il cherche à remplacer, consolider et verrouiller ses positions.
La même logique se retrouve à Laâyoune où le parti continue de s’appuyer sur Hamdi Ould Errachid, maire de la ville et figure politique majeure du Sahara Marocain. En 2021, l’Istiqlal était arrivé en tête à Laâyoune-Sakia El Hamra comme à Dakhla-Oued Eddahab. Il ne part donc pas à la conquête de territoires inconnus : il défend d’abord ses bastions avant de chercher à progresser ailleurs.
Mais le mouvement le plus significatif est peut-être celui qui mène de Dakhla à Salé.
Le ralliement de Driss Sentissi change de registre. Ancien président du groupe parlementaire du Mouvement populaire, personnalité expérimentée de l’opposition et ancien maire de Salé, il rejoint l’Istiqlal pour briguer un nouveau mandat à Salé-Médina. Sa candidature a déjà été validée par le Comité exécutif.
Ce ralliement naturel est révélateur de la stratégie actuelle du parti. Il ne s’agit plus seulement de conforter les provinces du Sud, mais d’élargir le dispositif électoral à des circonscriptions urbaines où l’expérience parlementaire, la notoriété et l’ancrage local peuvent faire la différence.
L’Istiqlal a d’ailleurs déjà investi ses candidats dans 70 des 92 circonscriptions. Le parti affirme avoir privilégié des critères d’intégrité, de représentativité, de probité et de poids local. Cette volonté de trancher suffisamment tôt les candidatures donne au parti un avantage organisationnel : moins de conflits de dernière minute, davantage de temps pour structurer les campagnes locales et une meilleure lisibilité pour les militants.
C’est là que se dessine une différence de ton.
Le parti entre en campagne, mais sans donner jusqu’ici l’impression de vouloir transformer l’élection en guerre politique permanente. Nizar Baraka; son Secrétaire Générale, affiche clairement l’ambition de gagner. L’Istiqlal ne cache plus son souhait de diriger le prochain gouvernement. Mais son discours cherche parallèlement à installer l’idée d’une alternance préparée, responsable et institutionnelle.
Le slogan choisi, « Ma patrie, mon avenir », participe de cette stratégie. Il permet au parti d’éviter une campagne exclusivement centrée sur la critique du bilan gouvernemental et de déplacer progressivement le débat vers la prochaine étape.
Cela ne signifie pas que les divergences sont effacées. Au contraire. L’Istiqlal annonce déjà ses principales priorités : lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, protection du pouvoir d’achat, renforcement des services publics, souveraineté économique et technologique, défense de la famille et des valeurs marocaines.
Sur la corruption, Nizar Baraka promet même une politique de « tolérance zéro ». Sur le pouvoir d’achat, le parti veut se positionner comme défenseur des classes moyennes, après cinq années marquées par l’inflation et l’érosion des revenus. Sur l’éducation et la santé, il assume un discours favorable au renforcement de l’État social.
À Dakhla, cette ambition nationale se conjugue avec un discours territorial. Route express Tiznit-Dakhla, dessalement, irrigation, port Dakhla Atlantique, ouverture vers le Sahel : le parti vise à relier le développement des provinces du Sud à une vision économique plus large du Maroc.
Ainsi, de Dakhla à Salé, l’Istiqlal semble entrer dans une nouvelle phase de sa préparation électorale.
Le parti recrute, arbitre, consolide et quadrille. Il assume désormais l’ambition de la victoire, mais cherche en même temps à donner l’image d’une force politique qui prépare l’après-élection autant que l’élection elle-même.
Dans une campagne qui pourrait rapidement devenir tendue, cette posture peut constituer un avantage : être offensif sans être agressif, ambitionner la première place sans transformer la compétition en confrontation permanente.
Une campagne électorale se gagne évidemment dans les urnes. Mais elle commence bien avant, dans la capacité d’un parti à apparaître organisé, prêt et crédible.
Sur ce terrain-là, l’Istiqlal vient manifestement de donner le coup d’envoi.
À Oued Eddahab, le parti a choisi Mbarek Hamia, homme d’affaires connu localement et ancien du RNI. À Aousserd, Mohammed Boubker a été investi. Ces choix interviennent dans un contexte de recomposition locale marqué notamment par le départ de Yanja Khattat vers le PAM. L’Istiqlal répond donc au mouvement par le mouvement, mais sans donner l’impression d’un recrutement tous azimuts. Il cherche à remplacer, consolider et verrouiller ses positions.
La même logique se retrouve à Laâyoune où le parti continue de s’appuyer sur Hamdi Ould Errachid, maire de la ville et figure politique majeure du Sahara Marocain. En 2021, l’Istiqlal était arrivé en tête à Laâyoune-Sakia El Hamra comme à Dakhla-Oued Eddahab. Il ne part donc pas à la conquête de territoires inconnus : il défend d’abord ses bastions avant de chercher à progresser ailleurs.
Mais le mouvement le plus significatif est peut-être celui qui mène de Dakhla à Salé.
Le ralliement de Driss Sentissi change de registre. Ancien président du groupe parlementaire du Mouvement populaire, personnalité expérimentée de l’opposition et ancien maire de Salé, il rejoint l’Istiqlal pour briguer un nouveau mandat à Salé-Médina. Sa candidature a déjà été validée par le Comité exécutif.
Ce ralliement naturel est révélateur de la stratégie actuelle du parti. Il ne s’agit plus seulement de conforter les provinces du Sud, mais d’élargir le dispositif électoral à des circonscriptions urbaines où l’expérience parlementaire, la notoriété et l’ancrage local peuvent faire la différence.
L’Istiqlal a d’ailleurs déjà investi ses candidats dans 70 des 92 circonscriptions. Le parti affirme avoir privilégié des critères d’intégrité, de représentativité, de probité et de poids local. Cette volonté de trancher suffisamment tôt les candidatures donne au parti un avantage organisationnel : moins de conflits de dernière minute, davantage de temps pour structurer les campagnes locales et une meilleure lisibilité pour les militants.
C’est là que se dessine une différence de ton.
Le parti entre en campagne, mais sans donner jusqu’ici l’impression de vouloir transformer l’élection en guerre politique permanente. Nizar Baraka; son Secrétaire Générale, affiche clairement l’ambition de gagner. L’Istiqlal ne cache plus son souhait de diriger le prochain gouvernement. Mais son discours cherche parallèlement à installer l’idée d’une alternance préparée, responsable et institutionnelle.
Le slogan choisi, « Ma patrie, mon avenir », participe de cette stratégie. Il permet au parti d’éviter une campagne exclusivement centrée sur la critique du bilan gouvernemental et de déplacer progressivement le débat vers la prochaine étape.
Cela ne signifie pas que les divergences sont effacées. Au contraire. L’Istiqlal annonce déjà ses principales priorités : lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, protection du pouvoir d’achat, renforcement des services publics, souveraineté économique et technologique, défense de la famille et des valeurs marocaines.
Sur la corruption, Nizar Baraka promet même une politique de « tolérance zéro ». Sur le pouvoir d’achat, le parti veut se positionner comme défenseur des classes moyennes, après cinq années marquées par l’inflation et l’érosion des revenus. Sur l’éducation et la santé, il assume un discours favorable au renforcement de l’État social.
À Dakhla, cette ambition nationale se conjugue avec un discours territorial. Route express Tiznit-Dakhla, dessalement, irrigation, port Dakhla Atlantique, ouverture vers le Sahel : le parti vise à relier le développement des provinces du Sud à une vision économique plus large du Maroc.
Ainsi, de Dakhla à Salé, l’Istiqlal semble entrer dans une nouvelle phase de sa préparation électorale.
Le parti recrute, arbitre, consolide et quadrille. Il assume désormais l’ambition de la victoire, mais cherche en même temps à donner l’image d’une force politique qui prépare l’après-élection autant que l’élection elle-même.
Dans une campagne qui pourrait rapidement devenir tendue, cette posture peut constituer un avantage : être offensif sans être agressif, ambitionner la première place sans transformer la compétition en confrontation permanente.
Une campagne électorale se gagne évidemment dans les urnes. Mais elle commence bien avant, dans la capacité d’un parti à apparaître organisé, prêt et crédible.
Sur ce terrain-là, l’Istiqlal vient manifestement de donner le coup d’envoi.