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L’Istiqlal s’attaque au casse-tête immobilier de la classe moyenne


Posséder son logement reste un objectif majeur pour de nombreuses familles marocaines. Mais entre le désir de devenir propriétaire et la signature chez le notaire, une équation est devenue de plus en plus difficile à résoudre : comment financer son premier logement lorsque l’on gagne correctement sa vie, sans pour autant disposer d’un apport important ni d’une capacité d’endettement confortable ?



Premier logement : Une équation de plus en plus difficile à résoudre

L’Istiqlal s’attaque au casse-tête immobilier de la classe moyenne
C’est précisément sur cette zone que le programme électoral 2026-2031 du Parti de l’Istiqlal avance plusieurs propositions qui méritent attention. Le parti propose notamment la création d’un mécanisme national destiné à faciliter le financement du premier logement pour les jeunes et les classes moyennes. À cela s’ajouteraient la mobilisation du foncier public pour produire des logements accessibles à prix maîtrisé et la mise sur le marché de nouvelles unités spécifiquement destinées à la classe moyenne.

Ce qui surprend favorablement ici, c’est que le problème du logement n’est pas abordé sous un seul angle. Car construire davantage ne suffit pas nécessairement. Un appartement peut être disponible, correspondre aux besoins d’un ménage et rester néanmoins inaccessible si celui-ci ne dispose pas de l’apport nécessaire ou si ses mensualités dépassent ce qu’il peut raisonnablement supporter.

Autrement dit, le problème immobilier est aussi devenu un problème de financement et de trajectoire sociale.

Le programme ajoute une autre pièce intéressante au dispositif : un « parcours rapide » pour le logement destiné à réduire les coûts de construction et à lutter contre la spéculation. Il évoque également le développement de la location et du logement progressif comme chemins possibles vers la stabilité résidentielle, ainsi qu’une législation spécifique à l’urbanisme et à la construction dans le monde rural.

Pris ensemble, ces éléments dessinent une politique qui ne réduirait plus l’accession à la propriété à une simple aide financière ponctuelle. Il faut agir simultanément sur le foncier, le coût de production, le financement et l’offre destinée à la classe moyenne.

Reste évidemment à connaître les paramètres décisifs : quels niveaux de revenus seraient concernés ? Quel apport serait demandé ? L’État garantirait-il une partie du crédit ? À quelles conditions le foncier public serait-il mobilisé ? Et surtout, comment éviter que les aides destinées aux acquéreurs ne soient progressivement absorbées par une hausse des prix ?

Ces questions devront être tranchées. Mais derrière cette proposition immobilière apparaît surtout un choix de société.
Une classe moyenne ne se consolide pas uniquement par son salaire. Elle se consolide lorsqu’elle peut se projeter : former une famille, épargner, accéder à un logement et construire progressivement un patrimoine.

Et c’est peut-être là que la proposition de l’Istiqlal devient plus intéressante qu’elle n’en a l’air : faire du premier logement non plus seulement une affaire immobilière, mais un instrument de sécurisation de la classe moyenne marocaine.


Lundi 7 Septembre 2026