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L’Istiqlal veut mettre les marges commerciales sous surveillance


Lorsque le prix d’un produit augmente fortement, le débat public finit presque toujours par tourner autour de la même question : qui gagne quoi entre le producteur et le consommateur ? C’est une question simple. Obtenir une réponse précise l’est beaucoup moins.



Qui gagne réellement sur votre panier ?

L’Istiqlal veut mettre les marges commerciales sous surveillance
Dans son programme électoral 2026-2031, le Parti de l’Istiqlal propose de créer une « mécanique nationale de transparence » permettant de suivre les marges bénéficiaires sur les produits de consommation quotidienne. L’objectif est de mieux observer l’évolution des prix et des marges dans un contexte où le pouvoir d’achat reste sous pression. L’idée mérite une attention particulière parce qu’elle déplace légèrement le débat sur la vie chère.

Habituellement, lorsque les prix augmentent, l’État dispose de quelques grandes réponses : subventionner, réduire certaines taxes, soutenir les revenus ou intervenir ponctuellement sur certains marchés. Ici, la logique est différente : commencer par rendre visible ce qui ne l’est pas suffisamment.

Prenons un produit alimentaire courant. Entre le prix payé au producteur et celui affiché quelques jours plus tard dans un commerce, interviennent potentiellement collecte, conditionnement, transport, stockage, marché de gros, intermédiaires et distribution. Chacun supporte des coûts et prélève une marge. Rien d’anormal en soi : une économie ne fonctionne pas sans rémunérer ceux qui produisent, transportent et commercialisent.

Le problème commence lorsque personne ne peut expliquer clairement pourquoi un produit acheté quelques dirhams à son origine arrive beaucoup plus cher chez le consommateur. C’est là qu’un dispositif national de suivi des marges pourrait devenir intéressant. Non pas pour décréter arbitrairement ce qu’est une « bonne » marge, mais pour identifier les anomalies, comprendre les chaînes de formation des prix et distinguer une hausse économiquement justifiée d’une situation où certains intermédiaires profiteraient d’une tension sur le marché.

La proposition rejoint d’ailleurs un autre volet du programme : le renforcement de la concurrence et la lutte contre les situations de rente ou de monopole. L’ensemble commence alors à former une doctrine économique assez cohérente : protéger le pouvoir d’achat ne signifie pas seulement augmenter les revenus ; cela signifie également regarder ce qui se passe entre le revenu du citoyen et le prix qu’il rencontre dans les rayons.

Le débat est lancé. Et il pourrait conduire à une question beaucoup plus dérangeante que celle de l’inflation : quand les prix augmentent au Maroc, savons-nous réellement où va chaque dirham supplémentaire payé par le consommateur ?


Vendredi 4 Septembre 2026