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L’Istiqlal veut que 50 % de la valeur énergitique reste au Maroc


Le Maroc a beaucoup investi dans les énergies renouvelables. Mais une question devient de plus en plus importante : quand une centrale solaire, un parc éolien ou une infrastructure énergétique est construit dans le Royaume, quelle part de la valeur ajoutée reste réellement dans l’économie marocaine .



Énergie : produire vert ne suffit plus

L’Istiqlal veut que 50 % de la valeur énergitique reste au Maroc
Le programme électoral 2026-2031 du Parti de l’Istiqlal apporte une réponse assez claire à cette interrogation. Il propose de porter à 50 % la part de contenu local dans les projets énergétiques publics à l’horizon 2031, en intégrant notamment la valeur produite au Maroc dans les critères de notation des marchés publics. La proposition mérite d’être regardée avec attention, parce qu’elle fait évoluer le débat sur la transition énergétique.

Jusqu’ici, la réussite d’un projet renouvelable se mesure souvent à sa capacité de production, à son coût, à sa contribution à la réduction des importations énergétiques ou à son impact climatique. L’Istiqlal ajoute un autre critère : combien d’emplois, de compétences et d’activités industrielles sont créés au Maroc grâce à ces investissements ?

C’est loin d’être secondaire.

Un pays peut produire davantage d’électricité verte tout en important une grande partie de ses équipements, de ses technologies et de ses composants. Il améliore alors son bilan énergétique, mais conserve une dépendance industrielle. À l’inverse, développer une chaîne locale autour de l’énergie permettrait de transformer chaque investissement en outil de politique industrielle : ingénierie, maintenance, composants électriques, métallurgie, logiciels, stockage, services techniques ou encore formation des compétences.

Le chiffre de 50 % marque donc une ambition assez forte. Il soulève toutefois des questions importantes. Le tissu industriel marocain est-il aujourd’hui capable de fournir cette proportion sur tous les grands projets ? Certains équipements devront-ils continuer à être importés faute de production locale suffisante ? Comment éviter qu’une obligation de contenu local ne renchérisse excessivement les projets ou ne ralentisse leur déploiement ?

Il faudra aussi préciser ce que l’on entend par « contenu local ». S’agit-il uniquement des équipements fabriqués au Maroc ? Des emplois créés ? Des prestations d’ingénierie ? De la sous-traitance ? De la maintenance ?

Dans le même volet, le programme insiste sur le renforcement de la production nationale et sur la nécessité de faire monter les chaînes de valeur marocaines. Autrement dit, la transition énergétique ne devrait plus seulement permettre au Maroc de consommer une énergie plus propre. Elle devrait aussi lui permettre de fabriquer davantage de ce qui rend cette transition possible.

Et c’est peut-être là que se joue la prochaine étape : passer du Maroc producteur d’énergie renouvelable au Maroc industriel de l’énergie renouvelable.


Jeudi 10 Septembre 2026