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L'ODJ Média : Pourquoi une série de livres blancs, parfois gris, parfois noirs ?

Et demain ? Pourquoi pas un think tank hybride…IA & Humain


Rédigé par le Dimanche 9 Août 2026

Ils ne sont que modestement des ouvrages journalistiques documentés.



Il y a des sujets qui méritent plus qu’un article de presse.

L'ODJ Média : Pourquoi une série de livres blancs, parfois gris, parfois noirs ?
Des questions que les quelques centaines de mots d’une chronique permettent de soulever, mais certainement pas d’épuiser. Des chiffres qui méritent d’être vérifiés, comparés, remis dans leur contexte. Des affirmations qu’il faut confronter aux faits. Des tendances qu’il faut regarder sur plusieurs années avant d’en tirer une conclusion. Des inquiétudes, enfin, qui méritent mieux qu’un titre spectaculaire ou qu’une réaction à chaud.

C’est de ce constat qu’est née cette collection.

Nous l’appelons volontiers une série de livres blancs. Mais certains seront peut-être gris. D’autres franchement noirs. Non par goût du pessimisme, mais parce que tous les sujets ne conduisent pas nécessairement à des conclusions rassurantes.

L’emploi, le pouvoir d’achat, la classe moyenne, l’intelligence artificielle, l’école, la santé, le logement, les retraites, la démographie, l’eau, les territoires ou encore l’avenir de nos jeunes sont des questions trop importantes pour être regardées uniquement à travers l’actualité du jour.

Elles nécessitent du recul. Et surtout de la documentation.

Plus d’information sur l’information

L’ambition de ces ouvrages est finalement assez simple : proposer plus d’information sur l’information.

Partir de ce que nous lisons chaque jour — une statistique du HCP, une annonce gouvernementale, une étude internationale, une réforme, une inquiétude exprimée par une profession, une évolution technologique, parfois simplement une question qui revient dans les conversations — et essayer d’aller un peu plus loin.

D’où vient ce chiffre ? Que mesure-t-il réellement ? Que ne mesure-t-il pas ? Comment a-t-il évolué ? Que disent les autres sources ? Que se passe-t-il ailleurs ? Quelles conséquences peut-on raisonnablement envisager pour le Maroc ?

Et surtout : derrière les moyennes nationales, que vivent réellement les Marocains ?
Car une croissance économique peut progresser sans que chacun ait le sentiment de progresser. Des milliers d’emplois peuvent être créés tandis que d’autres disparaissent.
Le nombre de diplômés peut augmenter alors que leur insertion professionnelle devient plus difficile.
Une couverture sociale peut s’étendre tandis que l’accès concret aux soins demeure compliqué.
Des infrastructures exceptionnelles peuvent transformer un pays sans nécessairement transformer immédiatement le quotidien de tous ses citoyens.

C’est précisément dans ces écarts entre la statistique et le vécu, l’annonce et le résultat, la tendance et ses conséquences que cette collection souhaite travailler.

Ni thèse universitaire, ni rapport de bureau d’études

Il faut cependant préciser immédiatement ce que ces livres blancs ne prétendent pas être.
Ils n’ont aucune ambition de se substituer à une thèse universitaire.
Ils ne sont pas davantage des travaux académiques soumis aux exigences méthodologiques d’une publication scientifique.

Ils ne prétendent pas remplacer les rapports du HCP, de Bank Al-Maghrib, du CESE, des ministères, des institutions internationales, des universités ou des centres de recherche.

Ils ne sont pas non plus des études commandées à un bureau de conseil disposant de plusieurs mois d’enquête, de modèles économétriques propriétaires, d’équipes spécialisées et d’investigations de terrain.

Et ils ne constituent certainement pas des vérités définitives.

Ils sont plus modestement des ouvrages journalistiques documentés.

Leur matière première reste celle du journalisme : rechercher, vérifier, croiser, contextualiser, expliquer, confronter des points de vue et, lorsque cela paraît utile, proposer des hypothèses.

Avec une règle essentielle : ne pas présenter une hypothèse comme un fait, une projection comme une certitude ou un objectif politique comme un résultat acquis.

Accepter également l’incertitude

Cette précaution devient encore plus nécessaire lorsque nous parlons de 2030 ou de 2035.
Personne ne sait exactement combien d’emplois l’intelligence artificielle créera ou supprimera.
Personne ne connaît précisément le Maroc démographique de 2040.
Personne ne peut garantir aujourd’hui le niveau futur des taux d’intérêt, du prix du logement, des ressources hydriques ou des besoins en compétences.

La prospective n’est pas une boule de cristal.

Elle consiste davantage à identifier des trajectoires, des ruptures possibles, des risques, des opportunités et des signaux faibles.

C’est pourquoi ces ouvrages préféreront souvent présenter plusieurs scénarios plutôt qu’une prédiction unique.

Et lorsque les faits évolueront, nous accepterons de corriger.
Lorsqu’un chiffre sera révisé, nous le réviserons.
Lorsqu’une hypothèse sera démentie par la réalité, nous le dirons.

La crédibilité d’un travail journalistique ne vient pas de la prétention à avoir toujours raison. Elle vient aussi de sa capacité à distinguer ce qu’il sait, ce qu’il pense et ce qu’il ne sait pas encore.

Pourquoi maintenant ? Parce que le Maroc entre dans une période particulière.

L'horizon 2030 concentre des transformations considérables : infrastructures, Coupe du monde, transition numérique, généralisation de la protection sociale, mutations industrielles, révolution de l’intelligence artificielle, stress hydrique, évolution démographique, urbanisation et nouvelles attentes d’une jeunesse beaucoup plus connectée au reste du monde.

Dans le même temps, une partie des Marocains exprime une interrogation très simple :

Tout cela changera-t-il réellement ma vie ?

Mon emploi ?
Mon salaire ?
Mon logement ?
L’école de mes enfants ?
La qualité des soins ?
Ma capacité à entreprendre ?
Ma retraite ?
L’avenir de ma région ?

C’est probablement la question commune à tous les ouvrages de cette collection.

Il ne s’agit donc ni de démontrer que tout va bien, ni de chercher systématiquement à démontrer que tout va mal.

Un livre blanc peut être blanc.
Il peut devenir gris lorsque les réponses sont plus nuancées.
Et il peut parfois devenir noir lorsque les faits imposent de regarder une difficulté en face.

L’essentiel est qu’il reste documenté, contradictoire, compréhensible et de bonne foi.

Donner au lecteur les moyens de se faire sa propre opinion

Ces livres blancs ne cherchent finalement pas à penser à la place du lecteur.
Ils voudraient plutôt lui fournir suffisamment d’éléments pour qu’il puisse penser par lui-même.

Des faits.
Des chiffres.
Des comparaisons.
Des contradictions.
Des expériences internationales.
Des spécificités marocaines.
Des scénarios.

Et, lorsque cela paraît pertinent, quelques propositions ouvertes à la discussion.

Parce qu’entre l’information quotidienne et le rapport de trois cents pages que presque personne n’a le temps de lire, il existe probablement une place.

Celle d’un journalisme qui accepte de ralentir.
De revenir sur un sujet.
De chercher davantage.
De vérifier encore.
De mettre plusieurs documents sur la table avant de conclure.
Bref, de faire ce que nous pourrions appeler simplement :

Un peu plus d’information sur l’information.

C’est toute l’ambition de cette collection.
Pas davantage.
Mais certainement pas moins.

Adnane Benchakroun
L’ODJ Média — Août 2026

Et demain ? Pourquoi pas un think tank hybride…IA & Humain

L'ODJ Média : Pourquoi une série de livres blancs, parfois gris, parfois noirs ?
Nous avons aussi un rêve.

Celui de pouvoir créer, dès 2027, un think tank d’un genre encore inhabituel au Maroc : un espace de réflexion véritablement hybride, associant intelligence humaine et intelligence artificielle.

On pense la dénommer : L'Alliance des deux intelligences "A2I"


D’un côté, de vrais membres : économistes, entrepreneurs, universitaires, ingénieurs, journalistes, médecins, juristes, sociologues, jeunes actifs, responsables associatifs et citoyens ayant quelque chose à apporter au débat.

De l’autre, plusieurs intelligences artificielles : ChatGPT, Claude, Gemini, Kimi et celles qui apparaîtront demain, non pas considérées comme des penseurs infaillibles, encore moins comme des substituts aux femmes et aux hommes, mais comme des outils de recherche, de contradiction, de comparaison, de simulation et d’exploration.

L’idée serait précisément d’apprendre à travailler ensemble.

Apprendre à cohabiter avec ces nouvelles intelligences. À nous faire assister sans nous faire remplacer. À les interroger, mais aussi à les contredire. À comparer leurs réponses. À identifier leurs biais et leurs hallucinations. À confronter leurs analyses à celles des experts humains et, surtout, aux réalités marocaines.

Pourquoi ne pas imaginer demain une même question posée simultanément à cinq experts humains et cinq intelligences artificielles ?
Pourquoi ne pas confronter leurs diagnostics ?
Pourquoi ne pas demander ensuite aux humains de critiquer les machines, aux machines de rechercher les angles morts des raisonnements humains, puis à tous ces matériaux de nourrir une synthèse dont la responsabilité éditoriale resterait pleinement humaine ?

Non pour produire davantage de contenu.
Nous en avons déjà beaucoup trop.
Mais pour produire davantage de réflexion utile à notre pays.

Sur l’emploi. L’école. La santé. L’eau. La démographie. L’entreprise. Les territoires. L’intelligence artificielle. Le pouvoir d’achat. La jeunesse. Et toutes ces transformations qui dessinent déjà le Maroc des années 2030.

Ce sera compliqué.

Il y aura des résistances, et certaines seront parfaitement légitimes. Il faudra inventer une méthode, fixer des règles éthiques, garantir la transparence des sources, protéger les données, apprendre à vérifier systématiquement les machines et surtout ne jamais confondre puissance de calcul et intelligence de la société.

Nous nous tromperons probablement. Les IA aussi.
Il faudra corriger, recommencer, améliorer.
Mais nous sommes déjà entrés dans ce monde.

Nous sommes déjà demain.

Alors autant apprendre le plus rapidement possible à y travailler intelligemment.

Toutes les grandes transformations ont eu besoin de pionniers, parfois maladroits, souvent critiqués, mais suffisamment curieux pour essayer avant que l’usage ne devienne évident pour tout le monde.

Alors pourquoi pas L’ODJ Média ?

Pourquoi ne pas tenter cette expérience en 2027 ?
Non pour proclamer que nous avons trouvé le think tank du futur.
Simplement pour commencer à le chercher.
Car en matière d’innovation, quelqu’un doit toujours faire le premier pas.

Les autres finissent généralement par suivre.

Et pour commencer… commencer simplement

Mais inutile d’attendre 2027 pour poser la première pierre.

Un think tank hybride ne se décrète pas. Il se construit progressivement, par les sujets qu’il traite, les personnes qu’il rassemble, les contradictions qu’il accepte et surtout par la qualité des contributions qu’il parvient à faire émerger.

Nous pouvons donc commencer beaucoup plus simplement.

D’abord, par ces livres blancs.
Ils constitueront une première matière à discuter, contester, compléter et parfois corriger. Chaque publication pourra devenir le point de départ d’une réflexion collective plutôt que son point final.

Ensuite, par un blog dédié.
Un espace plus souple et plus réactif où pourront être publiés des compléments, des données nouvelles, des contributions extérieures, des contre-analyses, des réactions d’experts, mais aussi les éventuelles corrections rendues nécessaires par l’évolution des faits.

Et surtout, nous souhaitons ouvrir un formulaire permanent de manifestation d’intérêt, de propositions et de remarques.

Vous êtes économiste, enseignant, étudiant, entrepreneur, ingénieur, médecin, chercheur, fonctionnaire, journaliste, cadre, associatif ou simplement citoyen intéressé par ces questions ?

Vous souhaitez participer ? Proposer un sujet ? Signaler une erreur ? Contester une analyse ?
Partager une étude ou une donnée que nous aurions oubliée ? Proposer une autre lecture ?
Ou simplement nous dire : « Sur cette question, vous devriez regarder aussi de ce côté-là » ?

Alors cet espace sera aussi le vôtre.
Car si nous voulons un jour faire vivre un think tank hybride associant intelligences humaines et intelligences artificielles, il serait assez paradoxal de commencer par construire une institution fermée.

Commençons plutôt par construire une communauté.

Les livres blancs pour poser les questions.
Le blog pour prolonger la conversation.
Le formulaire pour ouvrir la porte.

Puis nous verrons qui souhaite entrer, contribuer, contredire, proposer et construire.

Le think tank viendra peut-être ensuite.

Ou peut-être découvrirons-nous qu’il aura déjà commencé à exister sans que nous ayons eu besoin de l’annoncer.

Rendez-vous donc en ligne. Et surtout, n’hésitez pas à participer.

Parce que la première intelligence de ce projet restera toujours celle que nous réussirons à mettre en commun.

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Dimanche 9 Août 2026