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L’Oncle Sam nous fait un peu les poches... et la leçon


Rédigé par le Lundi 27 Juillet 2026

Les États-Unis viennent de faire passer leurs droits de douane sur les produits marocains de 10 % à 12,5 %. La raison invoquée par Washington ? Le Maroc interdit le travail forcé chez lui, mais il a oublié de voter la loi qui bloque aux frontières les marchandises étrangères soupçonnées d'en être issues. Résultat : une amende douanière que nos exportateurs vont devoir payer cash.



L'Oncle Sam, sa calculette et ses grands principes à géométrie variable

L’Oncle Sam nous fait un peu les poches... et la leçon
Il faut reconnaître aux 'ricains un talent inégalé pour l'emballage. Quand Washington décide d'aligner une soixantaine de pays en leur collant une surtaxe douanière au nom de la lutte contre le travail forcé, on s'attend presque à voir débarquer des super-héros en costume. Sauf qu'en grattant un peu la peinture de la fameuse Section 301, le spectacle est beaucoup plus cocasse. Notre cher pays, qui interdit déjà le travail forcé en long, en large et en travers dans son propre Code du travail, se retrouve pénalisé uniquement parce que nos douaniers n'ont pas le texte officiel pour vérifier si le T-shirt importé d'Asie d'à côté a été cousu par un bénévole très motivé ou un travailleur contraint.

C’est le genre de subtilité juridique dont l'administration des USA a le secret. Pendant que nos diplomates célèbrent à longueur de journée la beauté de l'accord de libre-échange signé il y a vingt ans, les technocrates américains, eux, comptent les points et ajustent les tarifs. Résultat des courses : la facture grimpe de 2,5 points. Pour l'artisanat, le textile ou l'huile d'olive qui poursuivaient le rêve américain, il va falloir apprendre à marger un peu plus fort.

On se consolera en lisant que les matières premières stratégiques sont exemptées de cette punition. Évidemment ! Quand Washington a besoin de nos phosphates ou de nos composants, le travail forcé devient étrangement un sujet beaucoup moins urgent. Comme quoi, la morale douanière s'arrête exactement là où commencent les besoins d'approvisionnement des usines de l'Oncle Sam.

Pour la jeune génération qui cherche à entreprendre ou à exporter, cette petite farce commerciale offre une leçon de réalité accélérée. Le commerce international n'est pas un salon de thé où l'on distribue des bons points, mais une jungle où la moindre faille réglementaire se paye en dollars. En attendant que nos décideurs rédigent le bon papier pour rassurer les inspecteurs américains, il ne nous reste plus qu'à admirer la vue : celle d'un partenariat historique où l'on nous rappelle gentiment qui tient la caisse enregistreuse.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Lundi 27 Juillet 2026