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L'été des festivals : le Maroc culturel doit apprendre à durer au-delà de juillet


Rédigé par La Rédaction le Mercredi 22 Juillet 2026



Une abondance qui révèle la diversité du pays

L'été des festivals : le Maroc culturel doit apprendre à durer au-delà de juillet

En quelques semaines, le calendrier culturel marocain fait circuler les publics de Casablanca à Agadir, de Marrakech à Meknès, de Rabat à Oujda. Jazzablanca a annoncé 100 000 festivaliers pour sa 19e édition, Timitar place la culture amazighe en dialogue avec le monde, le FNAP réunit les arts populaires, Meknès célèbre les Aïssaoua, Rabat accueille le Tarab Al Ala et le conte, tandis qu'Oujda vit au rythme du raï.

   

À cela s'ajoute la 22e édition du Festival des Plages, avec soixante concerts gratuits annoncés dans quatre villes entre le 20 juillet et le 21 août. Cette densité témoigne d'une demande réelle et d'un savoir-faire organisationnel : elle permet à différents genres d'occuper l'espace public et crée du travail pour des milliers de professionnels.

   

Pourtant, les chiffres d'affluence ne suffisent pas. Il faut connaître la part du budget consacrée aux artistes marocains, les conditions de travail et la place des créations originales.


Passer d'une saison d'événements à un écosystème culturel

La concentration estivale produit un contraste avec le reste de l'année, lorsque de nombreux artistes peinent à maintenir une programmation régulière. Une politique culturelle équilibrée devrait utiliser les festivals comme moteurs d'un écosystème permanent : commander des créations, financer des résidences et former des régisseurs et médiateurs.

   

La gratuité facilite l'accès, mais ne rend pas automatiquement un événement inclusif : distance, transport et information restent déterminants. La transparence financière mérite davantage d'attention — un festival peut être un investissement public légitime lorsqu'il précise ses objectifs et publie ses résultats.

   

Le Maroc dispose d'une diversité assez forte pour bâtir une saison culturelle sur douze mois. Un festival réussi ne devrait pas disparaître avec le démontage des barrières : il devrait laisser une œuvre, une compétence ou un nouveau public. C'est ainsi que l'événement devient culture.





Mercredi 22 Juillet 2026