Des projets structurants pour la région
La rencontre a réuni des représentants du West African Power Pool (WAPP) et a permis d’examiner les portefeuilles de projets, les capacités techniques de CEEC et les mécanismes de financement. Parmi les initiatives prioritaires figurent des interconnexions électriques entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal, dans le cadre du plan directeur énergétique régional 2019–2033, qui prévoit 75 projets stratégiques pour un coût global de 36,39 milliards de dollars.
Ces projets visent à mutualiser la production d’électricité, améliorer la fiabilité des réseaux et attirer davantage d’investisseurs pour combler le déficit d’infrastructures. L’objectif est aussi de renforcer l’intégration régionale et de stabiliser l’approvisionnement face à la demande croissante portée par l’urbanisation et la croissance démographique.
Un secteur énergétique sous forte pression
L’Afrique de l’Ouest souffre d’un déficit énergétique persistant. Avec une capacité installée de 26 GW en 2020, elle peine à couvrir les besoins d’une population estimée à 401,9 millions d’habitants, avec de fortes disparités entre pays. En 2023, l’accès moyen à l’électricité était de 61,6 % dans la région, mais tombait à 32,1 % dans les États du Sahel, comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Les réseaux de transport et de distribution restent insuffisants et les coupures récurrentes, le coût élevé de production et la dépendance aux énergies fossiles fragilisent les économies locales. Les projets d’interconnexion régionaux apparaissent ainsi comme des solutions structurantes pour optimiser les ressources et sécuriser l’énergie.
La Chine, partenaire stratégique
Ce rapprochement s’inscrit dans une coopération plus large entre la CEDEAO et la Chine. Pékin est devenu un acteur clé du financement des infrastructures ouest-africaines, avec 170 milliards de dollars de prêts accordés entre 2000 et 2022, dont près de 52,4 milliards pour l’énergie. La Chine détient également une part importante des investissements directs étrangers, principalement dans les infrastructures et les énergies fossiles, tandis que les énergies renouvelables ne représentent que 2 % des financements.