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La Chine s’impose en médiateur discret au Moyen-Orient


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mercredi 6 Mai 2026

La Chine a appelé à un arrêt complet des combats au Moyen-Orient et à une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, lors d’une rencontre entre le chef de sa diplomatie Wang Yi et son homologue iranien Abbas Araghchi.



Pékin hausse le ton diplomatique

La Chine s’impose en médiateur discret au Moyen-Orient


Reçu à Pékin, le Ministre iranien des Affaires étrangères a échangé avec Wang Yi dans un contexte de tensions persistantes dans la région. La Chine, qui n’est pas directement impliquée dans le conflit, multiplie depuis fin février les initiatives diplomatiques.
 

Selon les déclarations officielles, Pékin insiste sur plusieurs priorités : retour à la stabilité, règlement par la négociation, respect de la souveraineté des États et dialogue entre l’Iran et les pays du Golfe. La Chine affirme vouloir « œuvrer davantage pour apaiser les tensions et mettre fin aux combats » et jouer un rôle plus actif dans la région.
 

Le détroit d’Ormuz au cœur des enjeux

 

La situation du détroit d’Ormuz reste centrale. Cette voie maritime stratégique est essentielle pour l’approvisionnement énergétique chinois. Plus de la moitié des importations de pétrole transporté par mer vers la Chine transite par cette zone, majoritairement depuis le Moyen-Orient.
 

Avant le conflit, plus de 80 % des exportations de pétrole iranien étaient destinées à la Chine, ce qui souligne l’interdépendance énergétique entre les deux pays.
 

Face au blocage actuel, Pékin appelle à une reprise rapide et sécurisée du trafic maritime, estimant que la situation affecte directement ses intérêts économiques.
 

Pressions internationales et jeu d’équilibre

 

Dans ce contexte, les États-Unis exhortent régulièrement la Chine à user de son influence sur Téhéran. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a récemment appelé Pékin à adresser un message clair à l’Iran concernant ses actions dans le détroit d’Ormuz.
 

La Chine adopte toutefois une posture prudente. Elle évite de critiquer frontalement Washington tout en maintenant son soutien à l’Iran, dans un équilibre diplomatique délicat. Cette retenue s’explique aussi par une échéance importante : la possible visite du président américain Donald Trump à Pékin mi-mai, dans un climat marqué par des tensions commerciales et stratégiques.
 

Une médiation encore incertaine

 

Pékin est crédité d’un rôle dans un précédent cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, aujourd’hui fragilisé. Malgré cela, les divergences restent profondes, notamment sur la question du nucléaire iranien, dont la Chine défend le « droit légitime » à un usage civil.
 

La Chine appelle désormais à agir « sans délai » pour stopper les combats et relancer les discussions. Reste à savoir si cet engagement diplomatique accru permettra de débloquer une situation toujours instable.





Mercredi 6 Mai 2026