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La bourse de Casablanca gagne 11,93% et consolide sa troisième place


Rédigé par le Mardi 11 Novembre 2025



Portée par un flux d’achats réguliers et par des anticipations de résultats robustes, la Bourse de Casablanca affiche une progression de 11,93%, confortant son rang de troisième place financière du continent derrière Johannesburg et Le Caire. Cette performance s’inscrit dans un contexte de baisse de volatilité et de regain d’appétit pour les valeurs domestiques.

Liquidité, gouvernance, pipeline: les clés du rang

La bourse de Casablanca gagne 11,93% et consolide sa troisième place
La hausse traduit d’abord une normalisation des anticipations après plusieurs trimestres marqués par des vents contraires externes. Les indicateurs macroéconomiques plus lisibles, une trajectoire budgétaire jugée crédible et des perspectives sectorielles mieux orientées ont soutenu les flux. Les valeurs financières et les industrielles ont servi de locomotives, tandis que des valeurs de consommation ont bénéficié d’un repositionnement des investisseurs. L’amélioration de la liquidité, même progressive, a également joué, avec des volumes plus consistants sur des séances clés et un intérêt renouvelé des institutionnels.

La performance relative de Casablanca s’explique aussi par sa profondeur croissante, la qualité de sa régulation et un pipeline d’opérations de marché qui, s’il reste mesuré, gagne en visibilité. Le marché profite de la perception d’un risque contenu et de fondamentaux d’entreprises globalement résilients, avec des distributions de dividendes qui soutiennent l’attrait du marché actions en phase de stabilisation des taux.

Reste que la consolidation de ce rang dépendra de trois facteurs. Le premier est l’élargissement de la cote via des introductions ciblées qui augmentent la diversité sectorielle et la capitalisation flottante, attirant davantage d’investisseurs étrangers. Le second est l’amélioration continue de la liquidité par des mécanismes incitatifs, des produits dérivés simples pour la couverture et une animation de marché plus active. Le troisième tient à l’alignement des réformes de gouvernance, de transparence et de reporting ESG, désormais attendues par les investisseurs de long terme.

Si la progression de 11,93% envoie un signal positif, elle doit s’accompagner d’une trajectoire soutenable, avec une profondeur qui rende la performance moins dépendante d’un panier restreint de titres. À ce titre, la coordination entre autorités de marché, émetteurs et écosystèmes financiers sera décisive pour convertir l’élan en attractivité durable, notamment dans la perspective d’attirer des flux benchmarkés sur l’Afrique du Nord.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 11 Novembre 2025