Un déficit commercial abyssal.
Le premier handicap à corriger consisterait à profiter davantage de notre ouverture sur l’extérieur. En effet jusqu’à présent, le Maroc n’a pas entièrement tiré profit de cette ouverture.
Au contraire, il en paie un lourd tribut. Le caractère abyssal de notre déficit commercial en est la preuve.
L’analyse du HCP sur une longue période le confirme.
Les données macroéconomiques sur la période 2000- 2024 font ressortir plusieurs constats quant à la structure et à la dynamique de la croissance. L’analyse par composante de la demande révèle une architecture clairement déséquilibrée.
La demande intérieure contribue en moyenne de 4,2 points à la croissance du PIB, alors que la contribution de la demande extérieure nette est en moyenne négative à hauteur de 0,5 point, amputant ainsi le potentiel de croissance.
Comment expliquer ce paradoxe ? Trois facteurs y contribuent : une dépendance élevée de l’économie nationale, une amélioration insuffisante de l’IDC (indice des capacités productives) et une faiblesse de l’ICE (’indice de complexité économique). Voyons successivement ces trois éléments.
Au contraire, il en paie un lourd tribut. Le caractère abyssal de notre déficit commercial en est la preuve.
L’analyse du HCP sur une longue période le confirme.
Les données macroéconomiques sur la période 2000- 2024 font ressortir plusieurs constats quant à la structure et à la dynamique de la croissance. L’analyse par composante de la demande révèle une architecture clairement déséquilibrée.
La demande intérieure contribue en moyenne de 4,2 points à la croissance du PIB, alors que la contribution de la demande extérieure nette est en moyenne négative à hauteur de 0,5 point, amputant ainsi le potentiel de croissance.
Comment expliquer ce paradoxe ? Trois facteurs y contribuent : une dépendance élevée de l’économie nationale, une amélioration insuffisante de l’IDC (indice des capacités productives) et une faiblesse de l’ICE (’indice de complexité économique). Voyons successivement ces trois éléments.
Une dépendance structurelle.
Le taux de pénétration des importations de l’économie nationale, reflétant la part de la demande intérieure satisfaite par les importations, a plus que doublé en l’espace d’un quart de siècle, passant de 21,2 % en 2000 à 46,4 % en 2024.
Cette évolution s’est traduite par un creusement du déficit commercial, et ce malgré une dynamique exportatrice caractérisée par un ratio qui est passé de 18 % à 42 % du PIB sur la même période.
Ainsi, la valeur des importations de biens en 2024 a dépassé de plus de six fois son niveau observé en 2000, tandis que celle des exportations a été multipliée par plus de neuf sur la même période.
Toutefois, cette dynamique ne s’est pas traduite par une amélioration significative du taux de couverture des biens, défini comme le rapport entre la valeur des exportations des biens et celle des importations.
En effet, ce taux a connu une légère évolution entre les périodes 2000-2011 et 2012-2024, passant de 54,7 % à 56,6 %.
Cette évolution s’est traduite par un creusement du déficit commercial, et ce malgré une dynamique exportatrice caractérisée par un ratio qui est passé de 18 % à 42 % du PIB sur la même période.
Ainsi, la valeur des importations de biens en 2024 a dépassé de plus de six fois son niveau observé en 2000, tandis que celle des exportations a été multipliée par plus de neuf sur la même période.
Toutefois, cette dynamique ne s’est pas traduite par une amélioration significative du taux de couverture des biens, défini comme le rapport entre la valeur des exportations des biens et celle des importations.
En effet, ce taux a connu une légère évolution entre les périodes 2000-2011 et 2012-2024, passant de 54,7 % à 56,6 %.
Amélioration timide de l’ICP.
Pour de qui est de l’ICP, bien qu’il ait connu une amélioration significative entre 2000 et 2024, passant respectivement de 34,7 à 47, 07, n’a pas permis une amélioration conséquente de l’offre exportable.
Pour rappel, cet indice lancé par la CNUCED en 2021, mesure la capacité d'un pays à générer des biens et services pour sa croissance économique. Il évalue 8 composantes (capital naturel, humain, énergie, institutions, structure, TIC, transports, secteur privé) via 46 indicateurs pour 193 pays.
Cet indice constitue un guide pour mener des politiques de développement durable et résilient.
L’indice de concentration des exportations, reflétant la dépendance de l’offre exportable vis-à-vis d’un nombre restreint de produits, est passé au Maroc de 0,175 en 2000 à 0,191 en 2024.
Cet indice, bien que légèrement meilleur que la moyenne observée dans les pays africains en développement, demeure nettement moins favorable que celui enregistré par l’ensemble des pays en développement qui affichent une structure exportatrice moins concentrée et plus diversifiée.
Pour rappel, cet indice lancé par la CNUCED en 2021, mesure la capacité d'un pays à générer des biens et services pour sa croissance économique. Il évalue 8 composantes (capital naturel, humain, énergie, institutions, structure, TIC, transports, secteur privé) via 46 indicateurs pour 193 pays.
Cet indice constitue un guide pour mener des politiques de développement durable et résilient.
L’indice de concentration des exportations, reflétant la dépendance de l’offre exportable vis-à-vis d’un nombre restreint de produits, est passé au Maroc de 0,175 en 2000 à 0,191 en 2024.
Cet indice, bien que légèrement meilleur que la moyenne observée dans les pays africains en développement, demeure nettement moins favorable que celui enregistré par l’ensemble des pays en développement qui affichent une structure exportatrice moins concentrée et plus diversifiée.
Une offre exportable limitée.
Concernant enfin l’indice de complexité économique (ICE), indicateur permettant le classement des pays en fonction de la diversification et de la complexité de leur offre exportable, le classement du Maroc est passé de la 90ème position en 2000 à la 86ème en 2011, avant de revenir à la 91ème place en 2023, témoignant d’une lenteur dans le processus de sophistication du contenu de l’offre exportable de l’économie nationale.
Cette performance reste en deçà de celle des pays similaires tels que l’Égypte qui a progressé considérablement du 83ème rang au 71ème entre 2000 et 2023, la Tunisie qui est passé du rang 63 au rang 51 sur la même période.
Dans ce contexte, le rééquilibrage du modèle économique reste tributaire de l’accélération de la transformation structurelle du tissu productif national, considérée comme étant une condition indispensable pour accélérer durablement la croissance.
Les développements précédents témoignent de la lenteur de la transformation économique et du caractère structurel de la dépendance du pays.
Ce qui explique le faible impact de l’investissement sur le tissu économique et social. D’une façon concrète, les grands projets d’investissement profitent dans une large mesure aux pays étrangers par le biais des importations qu’ils induisent en biens d’équipement et en ingénierie.
C’est bien cette donnée structurelle qui a visiblement échappé à un membre du gouvernement dans une interview avec une chaine de télévision française.
Dans sa déclaration, notre honorable Ministre, emporté par l’ambiance de la CAN, est allé vite en besogne en affirmant que « En vingt-quatre mois, le Maroc a gagné l’équivalent d’une dizaine d’années en matière d’infrastructures ». Soit.
Mais a-t-on gagné une dizaine d’années en matière de développement ? Absolument pas.
Car le développement se mesure par le niveau de transformation de l’économie, de la sophistication de ses structures productives, de la propagation du progrès à l’ensemble de la société et par-dessus tout de l’amélioration du niveau de vie de sa population.
Il faut avoir l’humilité de reconnaitre que notre pays, nonobstant le chemin parcouru, est loin d’y parvenir.
Par Abdeslam Seddiki.
Cette performance reste en deçà de celle des pays similaires tels que l’Égypte qui a progressé considérablement du 83ème rang au 71ème entre 2000 et 2023, la Tunisie qui est passé du rang 63 au rang 51 sur la même période.
Dans ce contexte, le rééquilibrage du modèle économique reste tributaire de l’accélération de la transformation structurelle du tissu productif national, considérée comme étant une condition indispensable pour accélérer durablement la croissance.
Les développements précédents témoignent de la lenteur de la transformation économique et du caractère structurel de la dépendance du pays.
Ce qui explique le faible impact de l’investissement sur le tissu économique et social. D’une façon concrète, les grands projets d’investissement profitent dans une large mesure aux pays étrangers par le biais des importations qu’ils induisent en biens d’équipement et en ingénierie.
C’est bien cette donnée structurelle qui a visiblement échappé à un membre du gouvernement dans une interview avec une chaine de télévision française.
Dans sa déclaration, notre honorable Ministre, emporté par l’ambiance de la CAN, est allé vite en besogne en affirmant que « En vingt-quatre mois, le Maroc a gagné l’équivalent d’une dizaine d’années en matière d’infrastructures ». Soit.
Mais a-t-on gagné une dizaine d’années en matière de développement ? Absolument pas.
Car le développement se mesure par le niveau de transformation de l’économie, de la sophistication de ses structures productives, de la propagation du progrès à l’ensemble de la société et par-dessus tout de l’amélioration du niveau de vie de sa population.
Il faut avoir l’humilité de reconnaitre que notre pays, nonobstant le chemin parcouru, est loin d’y parvenir.
Par Abdeslam Seddiki.
