La jeunesse politisée n'est pas toute la jeunesse, et le ministre semble l'avoir compris
Les 23 et 26 octobre, celui-ci a engagé une série de consultations avec les centrales syndicales, les acteurs du scoutisme et les organisations de jeunesse partisanes. Rien d'exceptionnel dans l'exercice institutionnel. Mais le choix de commencer aussitôt par des échanges avec des interlocuteurs aux préoccupations différentes n'est pas dénué d'intérêt.
Les politiques de jeunesse souffrent parfois d'une approche trop sectorielle. On parle d'emploi, de formation, de loisirs ou de participation citoyenne comme s'il s'agissait de réalités indépendantes. Or, la jeunesse ne se laisse pas enfermer dans ces catégories administratives. En réunissant des acteurs issus de différents horizons, cette première séquence permet d'aborder plusieurs dimensions du secteur sans privilégier immédiatement un dossier au détriment des autres. La démarche reste classique, mais sa cohérence mérite d'être relevée. À condition, naturellement, que ces consultations ne deviennent pas une fin en soi.
L'une des propositions évoquées lors des rencontres concerne l'organisation d'une rencontre nationale de la jeunesse, ouverte aussi bien aux jeunes engagés politiquement qu'à ceux qui ne le sont pas. C'est probablement sur ce terrain que se situe l'enjeu le plus intéressant.
Une partie importante de la jeunesse marocaine évolue aujourd'hui en dehors des structures traditionnelles de représentation. Elle participe autrement au débat public, parfois à travers des initiatives locales, associatives ou numériques. L'élargissement du dialogue à ces profils pourrait permettre de mieux comprendre des attentes qui échappent aux circuits institutionnels classiques.
Encore faudra-t-il trouver les moyens de les associer réellement. Comment éviter de retrouver les mêmes participants, les mêmes discours et les mêmes conclusions ? La pertinence de l'initiative se mesurera précisément à sa capacité à dépasser ces habitudes.
La place accordée au secteur du scoutisme rappelle également que les politiques de jeunesse ne se limitent pas aux grands programmes. Les colonies de vacances, l'encadrement éducatif et les activités socioculturelles jouent un rôle dans l'apprentissage de la vie collective et l'égalité des chances. Ce sont des domaines souvent moins visibles dans le débat public, mais dont les effets concernent directement les familles marocaines.
Reste désormais la question essentielle : que deviendront les propositions recueillies ? Le Maroc ne manque ni de diagnostics ni d'espaces de concertation. Les difficultés apparaissent souvent au moment de transformer les recommandations en décisions, puis les décisions en résultats.
Il serait excessif de juger une action ministérielle sur quelques journées de rencontres. Mais il serait tout aussi réducteur de considérer que les premières orientations d'un responsable sont sans importance. Elles donnent parfois une indication sur sa façon d'appréhender les dossiers, de hiérarchiser les priorités et d'organiser le travail avec les partenaires.
Dans cette première séquence, le choix de la concertation plutôt que celui des annonces immédiates dessine une approche dont il faudra suivre les prolongements. Mais pour aller au bout de cette logique, le cercle des interlocuteurs gagnerait à être élargi au-delà des structures traditionnelles, notamment aux créateurs de contenu et aux influenceurs qui occupent désormais une place croissante dans le débat public.
Les dernières élections législatives ont d'ailleurs montré que cette influence numérique pouvait se transformer en représentation politique, avec l'arrivée au Parlement de profils issus des réseaux sociaux. Une évolution qui mérite d'être prise au sérieux, sans confondre popularité numérique et représentativité de la jeunesse.
Si les consultations engagées par Ssi Salah-Eddine Abkari parviennent à intégrer ces nouvelles formes d'expression et à traduire les échanges en décisions concrètes, elles auront dépassé le cadre d'un simple exercice institutionnel. Au fond, la pertinence d'une méthode politique ne se mesure pas seulement à ceux qu'elle parvient à réunir, mais aussi à ceux qu'elle choisit de ne pas laisser à l'écart.
Les politiques de jeunesse souffrent parfois d'une approche trop sectorielle. On parle d'emploi, de formation, de loisirs ou de participation citoyenne comme s'il s'agissait de réalités indépendantes. Or, la jeunesse ne se laisse pas enfermer dans ces catégories administratives. En réunissant des acteurs issus de différents horizons, cette première séquence permet d'aborder plusieurs dimensions du secteur sans privilégier immédiatement un dossier au détriment des autres. La démarche reste classique, mais sa cohérence mérite d'être relevée. À condition, naturellement, que ces consultations ne deviennent pas une fin en soi.
L'une des propositions évoquées lors des rencontres concerne l'organisation d'une rencontre nationale de la jeunesse, ouverte aussi bien aux jeunes engagés politiquement qu'à ceux qui ne le sont pas. C'est probablement sur ce terrain que se situe l'enjeu le plus intéressant.
Une partie importante de la jeunesse marocaine évolue aujourd'hui en dehors des structures traditionnelles de représentation. Elle participe autrement au débat public, parfois à travers des initiatives locales, associatives ou numériques. L'élargissement du dialogue à ces profils pourrait permettre de mieux comprendre des attentes qui échappent aux circuits institutionnels classiques.
Encore faudra-t-il trouver les moyens de les associer réellement. Comment éviter de retrouver les mêmes participants, les mêmes discours et les mêmes conclusions ? La pertinence de l'initiative se mesurera précisément à sa capacité à dépasser ces habitudes.
La place accordée au secteur du scoutisme rappelle également que les politiques de jeunesse ne se limitent pas aux grands programmes. Les colonies de vacances, l'encadrement éducatif et les activités socioculturelles jouent un rôle dans l'apprentissage de la vie collective et l'égalité des chances. Ce sont des domaines souvent moins visibles dans le débat public, mais dont les effets concernent directement les familles marocaines.
Reste désormais la question essentielle : que deviendront les propositions recueillies ? Le Maroc ne manque ni de diagnostics ni d'espaces de concertation. Les difficultés apparaissent souvent au moment de transformer les recommandations en décisions, puis les décisions en résultats.
Il serait excessif de juger une action ministérielle sur quelques journées de rencontres. Mais il serait tout aussi réducteur de considérer que les premières orientations d'un responsable sont sans importance. Elles donnent parfois une indication sur sa façon d'appréhender les dossiers, de hiérarchiser les priorités et d'organiser le travail avec les partenaires.
Dans cette première séquence, le choix de la concertation plutôt que celui des annonces immédiates dessine une approche dont il faudra suivre les prolongements. Mais pour aller au bout de cette logique, le cercle des interlocuteurs gagnerait à être élargi au-delà des structures traditionnelles, notamment aux créateurs de contenu et aux influenceurs qui occupent désormais une place croissante dans le débat public.
Les dernières élections législatives ont d'ailleurs montré que cette influence numérique pouvait se transformer en représentation politique, avec l'arrivée au Parlement de profils issus des réseaux sociaux. Une évolution qui mérite d'être prise au sérieux, sans confondre popularité numérique et représentativité de la jeunesse.
Si les consultations engagées par Ssi Salah-Eddine Abkari parviennent à intégrer ces nouvelles formes d'expression et à traduire les échanges en décisions concrètes, elles auront dépassé le cadre d'un simple exercice institutionnel. Au fond, la pertinence d'une méthode politique ne se mesure pas seulement à ceux qu'elle parvient à réunir, mais aussi à ceux qu'elle choisit de ne pas laisser à l'écart.



