L'ODJ Média

Laurent Simons : docteur en physique quantique à 15 ans, et maintenant l’immortalité ?


Rédigé par La rédaction le Vendredi 7 Août 2026



À 15 ans, beaucoup d’adolescents hésitent encore entre médecine, ingénierie, commerce ou informatique. Laurent Simons, lui, soutenait déjà une thèse de doctorat en physique quantique.

Laurent Simons : docteur en physique quantique à 15 ans, et maintenant l’immortalité ?
Le 17 novembre 2025, à l’Université d’Anvers, le jeune Belgo-Néerlandais défend une recherche intitulée *Bose polarons in superfluids and supersolids*. Il n’a alors que 15 ans. Né le 26 décembre 2009, il en a aujourd’hui 16. L’Université d’Anvers confirme officiellement la soutenance et les noms de ses directeurs de recherche, Jacques Tempere et Michiel Wouters. 

Son parcours était déjà hors normes. Après une scolarité accélérée et des études secondaires terminées à huit ans, Laurent Simons obtient à onze ans un bachelor de physique. Quelques mois plus tard, il séjourne à Munich auprès de la Ludwig-Maximilians-Universität et du prestigieux Max Planck Institute of Quantum Optics. Le Max Planck racontait alors l'arrivée inhabituelle dans ses laboratoires de cet étudiant de onze ans disant simplement aimer apprendre.

Mais que signifie réellement travailler en « physique quantique » ?

C'est précisément là que son histoire devient beaucoup plus intéressante qu'un simple record d'âge.

La physique classique décrit assez bien une voiture, une planète ou une balle lancée en l'air. À l'échelle des atomes et des particules, cette intuition cesse pourtant de fonctionner. Un objet quantique ne possède pas toujours une position ou un état parfaitement déterminé avant la mesure. Il peut être décrit par plusieurs possibilités simultanément, présenter des comportements ondulatoires et interagir avec d'autres particules selon des règles qui défient notre expérience quotidienne.

Plus étrange encore : ces comportements habituellement microscopiques peuvent parfois devenir visibles à l'échelle collective.

Quand des milliers d’atomes commencent à agir comme un seul.C'est le cas des condensats de Bose-Einstein.

Lorsqu'un gaz composé de certaines particules — les bosons — est refroidi à une température extrêmement proche du zéro absolu, une grande quantité de particules peut tomber dans le même état quantique. Elles cessent alors, en quelque sorte, de se comporter comme une foule d'individus indépendants : l'ensemble acquiert des propriétés quantiques collectives et peut être décrit par une fonction d'onde macroscopique. 

Imaginez une foule dans laquelle chaque personne marche normalement dans une direction différente. Puis, brutalement, presque tous les individus adoptent exactement le même mouvement. L'analogie est imparfaite, mais elle permet de comprendre pourquoi le condensat constitue un objet aussi fascinant : le monde quantique devient observable à une échelle beaucoup plus grande que celle d'un atome isolé.

Laurent Simons s'est intéressé plus précisément aux polarons de Bose : une « impureté » plongée dans ce milieu quantique et dont le comportement est transformé par ses interactions avec les particules qui l'entourent. Il a également étudié les supersolides, des états extraordinairement contre-intuitifs capables d'associer une organisation de type cristallin aux propriétés d'écoulement d'un superfluide. 

Ces recherches sont fondamentales. Elles permettent notamment de construire des simulateurs quantiques : au lieu d'observer directement un phénomène inaccessible, les scientifiques créent en laboratoire un système dont les équations reproduisent certaines de ses caractéristiques.

D'où le rapprochement parfois spectaculaire avec les trous noirs. Certains condensats peuvent servir de modèles analogiques pour étudier des phénomènes ressemblant mathématiquement à ceux qui apparaissent autour d'un horizon gravitationnel. Ils ne fabriquent évidemment pas un trou noir dans un laboratoire : ils permettent d'en reproduire certains mécanismes physiques sous une forme contrôlable. ([arXiv][5])

De la physique quantique au vieillissement humain

Mais Laurent Simons regarde désormais dans une autre direction.

Son ambition déclarée consiste à combiner physique, biologie, médecine et intelligence artificielle pour comprendre les mécanismes du vieillissement et, à très long terme, repousser les limites biologiques humaines. Le mot « immortalité », qu'il emploie lui-même, appartient encore très largement au territoire de l'ambition prospective, et certainement pas à celui de la médecine disponible.

Un élément montre néanmoins que cette orientation ne relève plus seulement du discours.

En 2026, Laurent Simons a présenté lors de la conférence HAICON26 de Helmholtz AI un projet baptisé BioXPT-Brain, un modèle fondation destiné à étudier le vieillissement et la démence vasculaire. Helmholtz le présente comme le plus jeune intervenant de l'histoire de cette conférence. 

Il faut donc distinguer deux choses.

Que Laurent Simons puisse contribuer demain à la recherche sur le vieillissement est parfaitement plausible. Que la science rende l'être humain biologiquement immortel est aujourd'hui une hypothèse extraordinairement spéculative.

Mais c'est peut-être justement ce qui rend son parcours fascinant. À 15 ans, Laurent Simons n'avait pas résolu les mystères de la physique quantique. Il avait déjà appris à travailler à leur frontière. À 16 ans, il semble vouloir déplacer cette frontière vers une question encore plus vertigineuse : pourquoi vieillissons-nous, et jusqu'où la science pourra-t-elle réellement modifier cette fatalité biologique ?

 




Vendredi 7 Août 2026