Un moment institutionnel qui interpelle la presse
Le Maroc vient de franchir une étape symbolique de son histoire politique avec l’accession de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, devenant la première femme à exercer cette responsabilité dans le Royaume. Cette évolution suscite de grandes attentes.
Les femmes marocaines se sentent particulièrement concernées et aspirent à voir leurs droits, leurs préoccupations, leurs ambitions et leur contribution au développement pleinement pris en compte dans les politiques publiques. Ce gouvernement a une responsabilité considérable : celle de réussir.
Les enjeux économiques, sociaux, institutionnels et diplomatiques sont trop importants pour que le pays se satisfasse de réponses partielles ou de politiques qui ne seraient pas à la hauteur des aspirations nationales.
Et combien ces aspirations sont nombreuses ! Au-delà du symbole, les citoyens attendent des résultats, des réformes et des engagements tenus. La presse doit suivre l’action gouvernementale, confronter les promesses aux réalisations, donner la parole aux citoyens et mesurer les effets des politiques publiques.
Cette évolution historique appelle une évaluation exigeante, au bénéfice de toute la nation.
Les femmes marocaines se sentent particulièrement concernées et aspirent à voir leurs droits, leurs préoccupations, leurs ambitions et leur contribution au développement pleinement pris en compte dans les politiques publiques. Ce gouvernement a une responsabilité considérable : celle de réussir.
Les enjeux économiques, sociaux, institutionnels et diplomatiques sont trop importants pour que le pays se satisfasse de réponses partielles ou de politiques qui ne seraient pas à la hauteur des aspirations nationales.
Et combien ces aspirations sont nombreuses ! Au-delà du symbole, les citoyens attendent des résultats, des réformes et des engagements tenus. La presse doit suivre l’action gouvernementale, confronter les promesses aux réalisations, donner la parole aux citoyens et mesurer les effets des politiques publiques.
Cette évolution historique appelle une évaluation exigeante, au bénéfice de toute la nation.
Une nation qui avance, une information qui doit prendre de la hauteur
La perspective de la Coupe du Monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, représente bien davantage qu’un rendez-vous sportif. Elle engage l’image du Royaume, ses infrastructures, son attractivité, son économie, son tourisme et son rayonnement international.
Les visites d’évaluation des sites candidats annoncées par la FIFA pour novembre et décembre 2026 rappellent que cette ambition entre dans une phase opérationnelle importante. Mais qui explique aux citoyens les investissements, les retombées économiques, les défis de mobilité, les exigences environnementales et les effets de ces projets sur la vie quotidienne ?
Qui donne la parole aux experts, aux jeunes, aux collectivités et aux populations concernées ? La Coupe du Monde ne doit pas seulement occuper les unes à travers les résultats sportifs, les inaugurations et les images de grands chantiers. Elle doit aussi devenir un sujet de journalisme économique, social, territorial, culturel et citoyen.
Le même niveau d’exigence s’impose lorsqu’il est question de la diplomatie marocaine et du dossier du Sahara.
L’échéance du mandat de la MINURSO, le 31 octobre 2026, et l’absence d’adoption d’une résolution permettant son renouvellement constituent un événement majeur qui exige des explications précises, une lecture du contexte onusien et une compréhension des évolutions diplomatiques.
Il ne suffit pas de relayer des réactions : il faut expliquer les résolutions, les positions des acteurs, les mécanismes onusiens et leurs implications pour le Maroc. Sur les questions stratégiques, l’information doit éclairer les faits.
Les visites d’évaluation des sites candidats annoncées par la FIFA pour novembre et décembre 2026 rappellent que cette ambition entre dans une phase opérationnelle importante. Mais qui explique aux citoyens les investissements, les retombées économiques, les défis de mobilité, les exigences environnementales et les effets de ces projets sur la vie quotidienne ?
Qui donne la parole aux experts, aux jeunes, aux collectivités et aux populations concernées ? La Coupe du Monde ne doit pas seulement occuper les unes à travers les résultats sportifs, les inaugurations et les images de grands chantiers. Elle doit aussi devenir un sujet de journalisme économique, social, territorial, culturel et citoyen.
Le même niveau d’exigence s’impose lorsqu’il est question de la diplomatie marocaine et du dossier du Sahara.
L’échéance du mandat de la MINURSO, le 31 octobre 2026, et l’absence d’adoption d’une résolution permettant son renouvellement constituent un événement majeur qui exige des explications précises, une lecture du contexte onusien et une compréhension des évolutions diplomatiques.
Il ne suffit pas de relayer des réactions : il faut expliquer les résolutions, les positions des acteurs, les mécanismes onusiens et leurs implications pour le Maroc. Sur les questions stratégiques, l’information doit éclairer les faits.
Le journalisme citoyen : questionner, mais aussi se questionner
Je crois profondément à la nécessité de réhabiliter un journalisme qui questionne et qui se questionne. Questionner les décisions publiques, les politiques gouvernementales, les inégalités territoriales et les transformations sociales, mais aussi ses propres pratiques, ses sources, son indépendance et sa déontologie.
Le journalisme citoyen n’est ni celui de l’indignation permanente, ni celui de la complaisance, ni celui des réseaux sociaux où la vitesse prend trop souvent le pas sur la vérification. Il repose sur le droit du citoyen à une information fiable, contextualisée et accessible.
Il exige de distinguer les faits des opinions, l’information du commentaire, l’enquête de la rumeur, de confronter les sources, de vérifier les données et de corriger les erreurs.
À l’heure où les plateformes numériques accélèrent la circulation de l’information et où l’intelligence artificielle transforme la production et la diffusion des contenus, la crédibilité devient le capital le plus précieux d’un média. La presse ne gagnera pas la confiance en sacrifiant la profondeur à l’audience immédiate.
Elle doit retrouver le temps de l’enquête, de l’explication et du reportage.
Le journalisme citoyen n’est ni celui de l’indignation permanente, ni celui de la complaisance, ni celui des réseaux sociaux où la vitesse prend trop souvent le pas sur la vérification. Il repose sur le droit du citoyen à une information fiable, contextualisée et accessible.
Il exige de distinguer les faits des opinions, l’information du commentaire, l’enquête de la rumeur, de confronter les sources, de vérifier les données et de corriger les erreurs.
À l’heure où les plateformes numériques accélèrent la circulation de l’information et où l’intelligence artificielle transforme la production et la diffusion des contenus, la crédibilité devient le capital le plus précieux d’un média. La presse ne gagnera pas la confiance en sacrifiant la profondeur à l’audience immédiate.
Elle doit retrouver le temps de l’enquête, de l’explication et du reportage.
Un sursaut national pour relever le niveau de l'information
Il serait injuste d’ignorer les compétences et les efforts des journalistes marocains, qui exercent souvent dans des conditions difficiles.
Mais il faut aussi regarder les fragilités du secteur : précarité, moyens insuffisants pour l’investigation, difficultés économiques, faiblesse de certaines productions, confusion entre communication institutionnelle et information journalistique, course à l’audience et au clic.
Il est temps d’engager une réflexion nationale qui dépasse la seule question des moyens financiers et place au cœur du débat la qualité de l’information, la responsabilité éditoriale, la compétence et la confiance citoyenne.
Plusieurs chantiers méritent une attention particulière.
La qualité de l’information, d’abord. La presse doit réinvestir dans le journalisme de fond, l’enquête, le reportage et l’analyse.
Les sujets économiques, scientifiques, culturels, diplomatiques et territoriaux doivent retrouver une place plus importante dans les rédactions. Les enjeux se complexifient : il faut des journalistes capables de les comprendre et de les rendre accessibles.
La formation continue, ensuite. Les mutations géopolitiques, économiques et technologiques imposent une actualisation des connaissances. Renforcer la spécialisation des journalistes et leur maîtrise des nouveaux outils est essentiel à la crédibilité de l’information.
La responsabilité éditoriale doit être au cœur des pratiques. Vérifier avant de publier, contextualiser avant de commenter, confronter les sources, respecter le pluralisme et la déontologie : la vitesse de diffusion ne saurait justifier l’approximation, pas plus que la recherche de visibilité ne peut prendre le pas sur la vérité des faits.
La proximité citoyenne doit être réhabilitée. La presse doit écouter les Marocains des grandes métropoles comme des territoires ruraux et donner leur place à leur quotidien, leurs difficultés, leurs initiatives et leurs propositions.
La place des femmes dans l’information doit évoluer : rendre compte de leur contribution à l’économie, à la politique, à la recherche et à la culture, mais aussi leur ouvrir davantage les espaces de décision et les responsabilités éditoriales. L’indépendance et la viabilité économique des entreprises de presse sont enfin indissociables.
Les débats suscités par les mécanismes de soutien public ont posé une question fondamentale : comment accompagner économiquement la presse tout en préservant son autonomie éditoriale ?
Le soutien de l’État peut contribuer à consolider un secteur essentiel à la vie démocratique, à condition de s’inscrire dans un cadre transparent, équitable et fondé sur des critères objectifs, protégeant l’indépendance des rédactions.
Une presse fragile peine à investir dans l’investigation et à construire des projets durables. L’enjeu est de concilier solidité économique, qualité des contenus et liberté éditoriale. Enfin, aucune ambition médiatique nationale ne peut faire l’impasse sur le rayonnement international.
Le Maroc doit pouvoir compter sur des médias capables de le raconter au monde avec précision, dans plusieurs langues, et d’expliquer ses réalités, ses débats, ses réalisations et ses ambitions à travers des contenus documentés et crédibles. Ce chantier concerne les journalistes, les entreprises de presse, les pouvoirs publics, les institutions professionnelles, les universités, les annonceurs et les citoyens.
Relever le niveau de l’information est une responsabilité collective et un investissement dans la confiance et la capacité du Maroc à aborder ses échéances avec une opinion publique mieux informée.
2030 commence aussi dans nos rédactions Une nation se mesure aussi à la qualité de son débat public, à la maturité de ses médias et à la confiance entre citoyens et institutions.
À l’approche de 2030, le Maroc aura besoin de journalistes capables de décrypter ses transformations, de valoriser ses réussites sans occulter ses difficultés et de porter un regard critique sur les politiques publiques.
Une presse exigeante n’est pas contre son pays : l’esprit critique contribue à la consolidation du Royaume. Le Maroc se prépare à accueillir le monde ; il doit aussi porter un regard lucide sur lui-même. Au-delà des infrastructures, il faut préparer les esprits, renforcer les compétences et élever le débat public.
Mais il faut aussi regarder les fragilités du secteur : précarité, moyens insuffisants pour l’investigation, difficultés économiques, faiblesse de certaines productions, confusion entre communication institutionnelle et information journalistique, course à l’audience et au clic.
Il est temps d’engager une réflexion nationale qui dépasse la seule question des moyens financiers et place au cœur du débat la qualité de l’information, la responsabilité éditoriale, la compétence et la confiance citoyenne.
Plusieurs chantiers méritent une attention particulière.
La qualité de l’information, d’abord. La presse doit réinvestir dans le journalisme de fond, l’enquête, le reportage et l’analyse.
Les sujets économiques, scientifiques, culturels, diplomatiques et territoriaux doivent retrouver une place plus importante dans les rédactions. Les enjeux se complexifient : il faut des journalistes capables de les comprendre et de les rendre accessibles.
La formation continue, ensuite. Les mutations géopolitiques, économiques et technologiques imposent une actualisation des connaissances. Renforcer la spécialisation des journalistes et leur maîtrise des nouveaux outils est essentiel à la crédibilité de l’information.
La responsabilité éditoriale doit être au cœur des pratiques. Vérifier avant de publier, contextualiser avant de commenter, confronter les sources, respecter le pluralisme et la déontologie : la vitesse de diffusion ne saurait justifier l’approximation, pas plus que la recherche de visibilité ne peut prendre le pas sur la vérité des faits.
La proximité citoyenne doit être réhabilitée. La presse doit écouter les Marocains des grandes métropoles comme des territoires ruraux et donner leur place à leur quotidien, leurs difficultés, leurs initiatives et leurs propositions.
La place des femmes dans l’information doit évoluer : rendre compte de leur contribution à l’économie, à la politique, à la recherche et à la culture, mais aussi leur ouvrir davantage les espaces de décision et les responsabilités éditoriales. L’indépendance et la viabilité économique des entreprises de presse sont enfin indissociables.
Les débats suscités par les mécanismes de soutien public ont posé une question fondamentale : comment accompagner économiquement la presse tout en préservant son autonomie éditoriale ?
Le soutien de l’État peut contribuer à consolider un secteur essentiel à la vie démocratique, à condition de s’inscrire dans un cadre transparent, équitable et fondé sur des critères objectifs, protégeant l’indépendance des rédactions.
Une presse fragile peine à investir dans l’investigation et à construire des projets durables. L’enjeu est de concilier solidité économique, qualité des contenus et liberté éditoriale. Enfin, aucune ambition médiatique nationale ne peut faire l’impasse sur le rayonnement international.
Le Maroc doit pouvoir compter sur des médias capables de le raconter au monde avec précision, dans plusieurs langues, et d’expliquer ses réalités, ses débats, ses réalisations et ses ambitions à travers des contenus documentés et crédibles. Ce chantier concerne les journalistes, les entreprises de presse, les pouvoirs publics, les institutions professionnelles, les universités, les annonceurs et les citoyens.
Relever le niveau de l’information est une responsabilité collective et un investissement dans la confiance et la capacité du Maroc à aborder ses échéances avec une opinion publique mieux informée.
2030 commence aussi dans nos rédactions Une nation se mesure aussi à la qualité de son débat public, à la maturité de ses médias et à la confiance entre citoyens et institutions.
À l’approche de 2030, le Maroc aura besoin de journalistes capables de décrypter ses transformations, de valoriser ses réussites sans occulter ses difficultés et de porter un regard critique sur les politiques publiques.
Une presse exigeante n’est pas contre son pays : l’esprit critique contribue à la consolidation du Royaume. Le Maroc se prépare à accueillir le monde ; il doit aussi porter un regard lucide sur lui-même. Au-delà des infrastructures, il faut préparer les esprits, renforcer les compétences et élever le débat public.
J’appelle donc à un véritable sursaut national pour la presse marocaine :
Un mouvement professionnel, citoyen et intellectuel qui redonne à l’information sa place dans la compréhension des enjeux nationaux et le rayonnement du Royaume.
Il ne s’agit pas de demander à la presse de parler d’une seule voix, mais de lui donner les moyens de faire entendre des voix plurielles, documentées, responsables et respectueuses des faits.
Le Maroc a besoin d’une presse qui ne soit ni spectatrice de son histoire ni simple relais de son actualité, mais une actrice responsable de sa compréhension.
C’est une exigence pour aujourd’hui, une responsabilité pour demain et un rendez-vous que nous ne pouvons pas manquer.
Il ne s’agit pas de demander à la presse de parler d’une seule voix, mais de lui donner les moyens de faire entendre des voix plurielles, documentées, responsables et respectueuses des faits.
Le Maroc a besoin d’une presse qui ne soit ni spectatrice de son histoire ni simple relais de son actualité, mais une actrice responsable de sa compréhension.
C’est une exigence pour aujourd’hui, une responsabilité pour demain et un rendez-vous que nous ne pouvons pas manquer.
