Un budget est toujours construit à partir d’hypothèses. Croissance, inflation, récolte céréalière, cours du gaz ou prix du pétrole : personne ne connaît exactement l’avenir.
Le problème commence lorsque la réalité s’éloigne fortement du scénario. C’est précisément ce qu’il faut surveiller aujourd’hui avec le pétrole.
Le Brent évoluait ce 2 septembre autour de 95 à 96 dollars le baril, sous l’effet d’une nouvelle montée des tensions impliquant les États-Unis et l’Iran et des inquiétudes persistantes concernant les flux énergétiques du Moyen-Orient.
Or le cadrage économique marocain avait retenu une hypothèse moyenne d'environ 65 dollars. L’écart approche donc 30 dollars.
Trente dollars ne deviennent pas automatiquement trente dollars à la pompe
Attention cependant au raccourci. Le prix du Brent n’est pas le prix du gasoil marocain.
Le Maroc importe des produits pétroliers dont le prix dépend aussi des cotations internationales des produits raffinés, des marges de raffinage, du fret, du taux de change, des coûts de stockage, de distribution et de la fiscalité.
Une flambée momentanée du brut peut donc avoir un effet limité. En revanche, un pétrole durablement proche de 100 dollars change l’équation.
Le premier impact : la facture extérieure
Le Maroc reste dépendant des importations énergétiques. Lorsque leur prix augmente, davantage de devises sont nécessaires pour acheter la même quantité d'énergie. La facture énergétique se renchérit alors et peut peser sur le déficit commercial.
Deuxième transmission : les entreprises.
Transport routier, agriculture, pêche, industrie, logistique ou aviation sont directement ou indirectement sensibles au coût énergétique. Si celui-ci reste élevé, les entreprises doivent absorber la hausse dans leurs marges ou la répercuter dans leurs prix. Et c’est là que le pétrole rencontre l’inflation.
Trois scénarios à surveiller
À 90 dollars, l’économie marocaine peut probablement absorber le choc si celui-ci reste temporaire.
Autour de 100 dollars pendant plusieurs mois, les tensions deviennent beaucoup plus sérieuses sur les coûts de transport et les prix.
À 120 dollars, nous entrerions dans une autre catégorie de choc, susceptible d'exiger des arbitrages économiques et sociaux beaucoup plus lourds.
Il ne s’agit évidemment pas de prévisions, mais de scénarios permettant de comprendre l’exposition du Royaume. Le véritable indicateur à suivre n’est donc pas seulement le niveau atteint aujourd’hui.
C’est sa durée. Un pic pétrolier de quelques jours fait la une. Un pétrole durablement cher finit, lui, par entrer dans l’économie réelle.
Et lorsqu’un budget imaginait le baril à 65 dollars tandis que le marché en demande près de 96, une question devient inévitable : si l’écart persiste, qui finira par le payer ?
Le Brent évoluait ce 2 septembre autour de 95 à 96 dollars le baril, sous l’effet d’une nouvelle montée des tensions impliquant les États-Unis et l’Iran et des inquiétudes persistantes concernant les flux énergétiques du Moyen-Orient.
Or le cadrage économique marocain avait retenu une hypothèse moyenne d'environ 65 dollars. L’écart approche donc 30 dollars.
Trente dollars ne deviennent pas automatiquement trente dollars à la pompe
Attention cependant au raccourci. Le prix du Brent n’est pas le prix du gasoil marocain.
Le Maroc importe des produits pétroliers dont le prix dépend aussi des cotations internationales des produits raffinés, des marges de raffinage, du fret, du taux de change, des coûts de stockage, de distribution et de la fiscalité.
Une flambée momentanée du brut peut donc avoir un effet limité. En revanche, un pétrole durablement proche de 100 dollars change l’équation.
Le premier impact : la facture extérieure
Le Maroc reste dépendant des importations énergétiques. Lorsque leur prix augmente, davantage de devises sont nécessaires pour acheter la même quantité d'énergie. La facture énergétique se renchérit alors et peut peser sur le déficit commercial.
Deuxième transmission : les entreprises.
Transport routier, agriculture, pêche, industrie, logistique ou aviation sont directement ou indirectement sensibles au coût énergétique. Si celui-ci reste élevé, les entreprises doivent absorber la hausse dans leurs marges ou la répercuter dans leurs prix. Et c’est là que le pétrole rencontre l’inflation.
Trois scénarios à surveiller
À 90 dollars, l’économie marocaine peut probablement absorber le choc si celui-ci reste temporaire.
Autour de 100 dollars pendant plusieurs mois, les tensions deviennent beaucoup plus sérieuses sur les coûts de transport et les prix.
À 120 dollars, nous entrerions dans une autre catégorie de choc, susceptible d'exiger des arbitrages économiques et sociaux beaucoup plus lourds.
Il ne s’agit évidemment pas de prévisions, mais de scénarios permettant de comprendre l’exposition du Royaume. Le véritable indicateur à suivre n’est donc pas seulement le niveau atteint aujourd’hui.
C’est sa durée. Un pic pétrolier de quelques jours fait la une. Un pétrole durablement cher finit, lui, par entrer dans l’économie réelle.
Et lorsqu’un budget imaginait le baril à 65 dollars tandis que le marché en demande près de 96, une question devient inévitable : si l’écart persiste, qui finira par le payer ?