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Le boycott de l’IA générative : un signal culturel plus qu’un simple refus de la machine


Rédigé par le Lundi 29 Juin 2026



Cent cinquante personnalités, parmi lesquelles des écrivains et des artistes, appellent au boycott de l’intelligence artificielle générative.

Le boycott de l’IA générative : un signal culturel plus qu’un simple refus de la machine
Leur texte ne vise pas une application précise ni une marque particulière. Il met en cause un projet de société dans lequel la création, l’attention, l’apprentissage et parfois même la conversation intime seraient progressivement sous-traités à des machines.

L’appel a quelque chose de frontal. Il est aussi révélateur d’un malaise devenu difficile à balayer d’un revers de main. L’IA générative s’est installée partout : dans les bureaux, les classes, les studios de création, les moteurs de recherche. Elle fait gagner du temps, oui. Elle aide à démarrer un texte, à résumer une réunion, à produire une image ou à débloquer une idée. Mais elle pose une question beaucoup moins confortable : que perd-on lorsque l’effort de chercher, d’écrire, de douter ou de mémoriser devient optionnel ?

Le boycott ne réglera évidemment pas, à lui seul, les rapports de force industriels. Les plateformes continueront d’avancer, avec leurs données, leurs capacités de calcul et leurs investissements gigantesques. Pourtant, cette mobilisation remet l’humain au centre du débat. Pas comme slogan décoratif. Comme limite à ne pas franchir sans discussion.

Au Maroc, où l’IA est souvent présentée à juste titre comme un levier d’innovation, le débat gagnerait à sortir de l’alternative paresseuse entre fascination et rejet. Former les jeunes à l’utiliser est indispensable. Leur apprendre à ne pas lui abandonner leur jugement l’est tout autant. Une technologie utile ne dispense jamais de penser. Elle devrait, idéalement, obliger à penser mieux.




Lundi 29 Juin 2026