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Le cash bat des records au Maroc


Rédigé par le Jeudi 6 Août 2026

Les liquidités en circulation atteignent un niveau historique au Maroc en 2025. Ce record confirme une réalité bien marocaine : malgré les applications bancaires, les cartes et les paiements mobiles, le cash reste roi dans les habitudes économiques du pays.



Pourquoi les Marocains gardent autant de cash

Le cash bat des records au Maroc
Le Maroc continue d’aimer le cash. En 2025, le volume des liquidités en circulation atteint un niveau record, selon les données monétaires suivies par Bank Al-Maghrib. Cette progression traduit une préférence toujours forte pour les billets et pièces, malgré les efforts des banques, des fintechs et des pouvoirs publics pour développer les paiements électroniques.

Ce phénomène n’est pas seulement une habitude culturelle. Il reflète aussi la structure de l’économie marocaine. Une partie importante des transactions quotidiennes se fait encore dans les commerces de proximité, les souks, les cafés, les taxis, les services personnels ou les petites activités informelles. Dans ces espaces, le cash reste simple, immédiat, accepté partout et sans frais visibles pour l’utilisateur.

La montée du cash intervient pourtant dans un contexte de digitalisation accélérée. Les banques marocaines proposent des applications mobiles de plus en plus complètes, les cartes bancaires se diffusent, les paiements en ligne progressent avec l’e-commerce, et les pouvoirs publics encouragent l’inclusion financière. Mais l’usage réel reste inégal. Beaucoup de citoyens disposent d’un compte bancaire sans l’utiliser pleinement. D’autres préfèrent retirer leur salaire ou leurs revenus pour gérer leur budget en espèces.

Cette situation pose plusieurs questions économiques. Un niveau élevé de cash peut compliquer la traçabilité des transactions, réduire l’efficacité de certaines politiques publiques et maintenir une partie de l’activité en dehors des circuits formels. Il peut aussi alourdir les coûts de gestion pour les banques et Bank Al-Maghrib, qui doivent produire, transporter, sécuriser et remplacer les billets.

Pour autant, présenter le cash comme un problème uniquement serait réducteur. Pour de nombreux Marocains, il représente une forme de sécurité, surtout dans un contexte de revenus irréguliers, de méfiance envers certains frais bancaires ou de faible éducation financière. Le défi n’est donc pas de faire disparaître le cash par décret, mais de rendre les alternatives numériques plus simples, moins coûteuses et plus fiables.

La bataille du paiement au Maroc ne se gagnera pas seulement avec des applications modernes. Elle se gagnera dans l’épicerie du quartier, le taxi, le marché, la bourse de l’étudiant et le portefeuille du salarié. Tant que le digital ne sera pas aussi pratique que le billet de 100 dirhams, le cash gardera son trône.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 6 Août 2026