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Le diesel africain vient de plus en plus d’Asie : ce que cela peut changer pour le Maroc


Rédigé par La rédaction le Lundi 31 Août 2026



Le diesel africain vient de plus en plus d’Asie : ce que cela peut changer pour le Maroc
Le prix du gasoil ne dépend pas seulement du prix du pétrole brut. Il dépend aussi de l’endroit où le carburant est raffiné, du coût du transport maritime, des routes empruntées par les navires et de la disponibilité des raffineries. Or la carte d’approvisionnement de l’Afrique est en train de changer : le diesel asiatique progresse fortement tandis que les flux du Moyen-Orient reculent. Pour le Maroc, ce déplacement mérite d’être surveillé de près.**

L’Afrique importe une part importante de ses carburants raffinés.

Et, depuis plusieurs mois, les routes évoluent.

Selon les données rapportées par Reuters, les exportations asiatiques de diesel vers le continent ont atteint en août leur plus haut niveau depuis environ quatre ans et demi, avec 1,8 à 2 millions de tonnes expédiées depuis l’Asie, notamment depuis l’Inde.

Dans le même temps, les arrivées en provenance du Moyen-Orient sont tombées à environ 600.000 à 800.000 tonnes, leur niveau le plus faible depuis près de neuf ans. 

Ce basculement n’est pas anodin.

Pendant longtemps, le Moyen-Orient a constitué l’un des principaux fournisseurs de diesel de l’Afrique.

Les tensions régionales, les perturbations maritimes et les risques autour de certaines routes ont changé l’équation.

Résultat : les acheteurs africains se tournent davantage vers l’Asie.

Un litre de gasoil voyage beaucoup

Pour comprendre l’impact potentiel sur le Maroc, il faut rappeler une chose simple.

Le prix payé à la station-service ne correspond pas seulement au coût du baril.

Entre le pétrole brut et la pompe, plusieurs étapes interviennent : raffinage, stockage, transport maritime, assurance, manutention, distribution et fiscalité.

Si le diesel doit parcourir davantage de kilomètres avant d’arriver dans un port africain, le coût du fret peut augmenter.

Si les routes deviennent plus risquées, l’assurance maritime peut coûter davantage.

Si plusieurs pays cherchent simultanément à acheter les mêmes volumes en Asie, les marges de raffinage peuvent également évoluer.

Un baril de pétrole relativement stable n’empêche donc absolument pas le prix du diesel raffiné de bouger.

Pourquoi l’Inde devient centrale

L’Inde occupe une position particulière. Elle possède d’importantes capacités de raffinage et exporte des produits pétroliers vers de nombreux marchés.

Lorsque les flux provenant du Moyen-Orient se contractent, les raffineries indiennes peuvent donc devenir un fournisseur de substitution pour les acheteurs africains.

Mais cette substitution modifie les routes logistiques.

Le carburant traverse davantage l’océan Indien, longe l’Afrique ou rejoint certains marchés par d’autres itinéraires maritimes.

La sécurité des détroits, le prix du fret et la disponibilité des tankers deviennent alors aussi importants que le cours du brut.

Le Maroc doit regarder les routes, pas seulement le baril

Le Royaume importe ses produits énergétiques et reste exposé aux variations des marchés internationaux.

Pour comprendre les prix domestiques, suivre uniquement le Brent ne suffit donc pas.

Il faut aussi regarder les cotations des produits raffinés, les marges des raffineries internationales et les coûts logistiques.

C’est particulièrement vrai lorsque les grandes routes mondiales sont perturbées.

Une crise à plusieurs milliers de kilomètres peut finir par apparaître quelques semaines plus tard dans le coût d’un litre de gasoil.

Une question de sécurité énergétique

La transformation actuelle pose enfin une question plus large.
Dépendre fortement d’une région d’approvisionnement expose à ses crises.
Diversifier les fournisseurs peut au contraire renforcer la résilience.

Le basculement actuel vers l’Asie montre que le marché s’adapte. Mais cette adaptation a un prix.

Pour le Maroc, la meilleure protection reste donc double : diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer la capacité à absorber les chocs internationaux.

Car lorsqu’un Marocain regarde le prix affiché à la station, il voit un chiffre en dirhams.
Derrière ce chiffre se cache pourtant une carte entière du commerce mondial.
Et cette carte est actuellement en train de changer.




Lundi 31 Août 2026