Par Mohammed Yassir Mouline
Et comme chaque année, le citoyen marocain assiste au même théâtre absurde… des experts rassurants sur les plateaux télé, promesses de contrôle du marché, discours sur « l’abondance de l’offre », puis apparition de la phrase magique censée anesthésier tout un peuple… « Celui qui n’a pas les moyens n’a qu’à ne pas faire l’Aïd… »… Comme si le problème était culturel… Comme si des millions de Marocains avaient soudain oublié comment gérer un budget… Comme si le véritable sacrifice demandé cette année n’était pas religieux… mais bancaire… !!
Le plus incompréhensible dans cette affaire, ce n’est pas la hausse des prix… Les marchés connaissent des tensions partout dans le monde… Le véritable scandale est ailleurs… dans cette étrange incapacité officielle à organiser dignement une fête que les Marocains célèbrent depuis des siècles, alors même que l’État prouve, dans tous les autres domaines, une capacité impressionnante d’organisation, de contrôle et de mobilisation…
Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un pays capable d’organiser des moussems géants, des festivals internationaux, des conférences diplomatiques de haut niveau, des compétitions continentales et bientôt une Coupe du monde 2030 avec une logistique millimétrée, des cahiers des charges stricts, des dispositifs de sécurité ultraprécis et des budgets colossaux… mais qui semble soudain frappé d’impuissance dès qu’il s’agit d’encadrer le marché du mouton une fois par an… !!
C’est là toute la contradiction marocaine… l’État sait parfaitement organiser le spectaculaire, mais laisse le désordre administrer le quotidien des citoyens… On contrôle les accès des stades au scanner près, mais les circuits de spéculation les plus visibles prospèrent tranquillement… On mobilise commissions, administrations et dispositifs de surveillance pour les grands événements, mais dès que l’Aïd approche, le citoyen est livré à une jungle commerciale où chacun improvise ses prix, ses marges et ses abus… !!
Pourtant, le gouvernement possède tous les leviers nécessaires… les lois, les mécanismes de contrôle, les inspections, les outils de régulation, les sanctions contre les abus, les moyens logistiques et administratifs… Rien ne manque réellement, sinon la décision politique de considérer l’Aïd comme une priorité sociale nationale, et non comme une simple séquence médiatique suivie de quelques déclarations rassurantes… Car organiser dignement l’Aïd ne signifie pas offrir des moutons gratuitement aux citoyens… Cela signifie empêcher que cette fête populaire, religieuse et familiale se transforme chaque année en opération de saignée économique des classes moyennes et populaires…
Un État digne de ce nom ne peut pas regarder des familles entrer dans une loterie financière pour accomplir un rite profondément enraciné dans l’identité marocaine… Il ne peut pas expliquer aux citoyens qu’il maîtrise l’organisation d’événements mondiaux suivis par des milliards de téléspectateurs… tout en se déclarant presque impuissant face aux spéculateurs du mouton…
Car si l’on est capable d’encadrer une Coupe du monde jusque dans le détail des tribunes, des transports et des accès VIP, on est largement capable d’encadrer un marché de l’Aïd Lakbir… Le reste relève moins de l’incapacité… que du choix politique… Pourtant, personne ne demande des miracles… Les Marocains ne réclament ni moutons gratuits, ni fêtes subventionnées à ciel ouvert… Ils demandent simplement que cette célébration profondément enracinée dans l’identité nationale ne se transforme pas en saison annuelle d’humiliation économique…
Le Maroc a toujours su faire de ses fêtes des moments d’unité, de solidarité et de dignité collective… Il serait temps que le citoyen cesse, lui aussi, d’être le mouton silencieux du grand marché des profiteurs… Et un peuple qui a traversé les siècles en protégeant ses traditions mérite mieux qu’un souk livré aux spéculateurs et aux marchands de détresse… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.
Le plus incompréhensible dans cette affaire, ce n’est pas la hausse des prix… Les marchés connaissent des tensions partout dans le monde… Le véritable scandale est ailleurs… dans cette étrange incapacité officielle à organiser dignement une fête que les Marocains célèbrent depuis des siècles, alors même que l’État prouve, dans tous les autres domaines, une capacité impressionnante d’organisation, de contrôle et de mobilisation…
Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un pays capable d’organiser des moussems géants, des festivals internationaux, des conférences diplomatiques de haut niveau, des compétitions continentales et bientôt une Coupe du monde 2030 avec une logistique millimétrée, des cahiers des charges stricts, des dispositifs de sécurité ultraprécis et des budgets colossaux… mais qui semble soudain frappé d’impuissance dès qu’il s’agit d’encadrer le marché du mouton une fois par an… !!
C’est là toute la contradiction marocaine… l’État sait parfaitement organiser le spectaculaire, mais laisse le désordre administrer le quotidien des citoyens… On contrôle les accès des stades au scanner près, mais les circuits de spéculation les plus visibles prospèrent tranquillement… On mobilise commissions, administrations et dispositifs de surveillance pour les grands événements, mais dès que l’Aïd approche, le citoyen est livré à une jungle commerciale où chacun improvise ses prix, ses marges et ses abus… !!
Pourtant, le gouvernement possède tous les leviers nécessaires… les lois, les mécanismes de contrôle, les inspections, les outils de régulation, les sanctions contre les abus, les moyens logistiques et administratifs… Rien ne manque réellement, sinon la décision politique de considérer l’Aïd comme une priorité sociale nationale, et non comme une simple séquence médiatique suivie de quelques déclarations rassurantes… Car organiser dignement l’Aïd ne signifie pas offrir des moutons gratuitement aux citoyens… Cela signifie empêcher que cette fête populaire, religieuse et familiale se transforme chaque année en opération de saignée économique des classes moyennes et populaires…
Un État digne de ce nom ne peut pas regarder des familles entrer dans une loterie financière pour accomplir un rite profondément enraciné dans l’identité marocaine… Il ne peut pas expliquer aux citoyens qu’il maîtrise l’organisation d’événements mondiaux suivis par des milliards de téléspectateurs… tout en se déclarant presque impuissant face aux spéculateurs du mouton…
Car si l’on est capable d’encadrer une Coupe du monde jusque dans le détail des tribunes, des transports et des accès VIP, on est largement capable d’encadrer un marché de l’Aïd Lakbir… Le reste relève moins de l’incapacité… que du choix politique… Pourtant, personne ne demande des miracles… Les Marocains ne réclament ni moutons gratuits, ni fêtes subventionnées à ciel ouvert… Ils demandent simplement que cette célébration profondément enracinée dans l’identité nationale ne se transforme pas en saison annuelle d’humiliation économique…
Le Maroc a toujours su faire de ses fêtes des moments d’unité, de solidarité et de dignité collective… Il serait temps que le citoyen cesse, lui aussi, d’être le mouton silencieux du grand marché des profiteurs… Et un peuple qui a traversé les siècles en protégeant ses traditions mérite mieux qu’un souk livré aux spéculateurs et aux marchands de détresse… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.



