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Le pétrodollar est mort, vive le pétroyuan !


Un bouleversement majeur de l’architecture financière internationale est en en train de s’opérer, en marge de la guerre d’Ukraine. Le pétrodollar fait ses adieux. Veuillez saluez la naissance du pétroyuan.



« Quand deux personnes se battent, c’est une troisième qui en profite ». Cet adage d’applique parfaitement à la situation géopolitique mondiale actuelle, marquée par la guerre menée par la Russie contre les États-Unis par Ukraine interposée.

Pendant que les Russes tapent dur sur les Ukrainiens pour montrer aux pays de l’Otan qu’ils ne plaisantaient pas quand ils les appelaient au respect du principe de « l’indivisibilité de la sécurité », la Chine et l’Arabie saoudite coupent l’herbe sous les pieds des États-Unis.

Chinois et Saoudiens se sont mis d’accord, à la mi-mars, pour que les premiers achètent aux seconds leur pétrole non pas en monnaie américaine, mais chinoise. Il va sans dire que c’est là un séisme de magnitude 9 à l’échelle de Richter qui a secoué le monde de la finance.

Histoire d’un privilège exorbitant

C’est la fin d’une ère, entamée au début des années 70 du siècle dernier, quand le président Nixon a annoncé la fin de la convertibilité du dollar-or, et son secrétaire d’État, le rusé Kissinger, a convaincu le roi Fayçal d’Arabie saoudite de vendre son pétrole en dollar et d’investir ses excédents de recettes en bons du trésor américains.

C’était véritablement un coup de maître, qui a permis aux États-Unis de laisser flotter sa monnaie, après que ses réserves d’or aient chuté de 574 millions d’onces, en 1945, à 261 millions, en 1971, tout en obligeant les banques centrales du monde entier à maintenir des réserves importantes de dollars pour financer les achats de pétrole.

Parallèlement, les États-Unis pouvaient continuer à s’endetter ad vitam aeternam juste en actionnant la planche à billet. C’est ce qui a été convenu d’appeler le « privilège exorbitant » du dollar.

Le naufrage du Quincy

L’accord entre Américains et Saoudiens qui a donné naissance au pétrodollar s’appuyait, toutefois, sur un autre accord entre les deux parties, plus ancien, le «Pacte de Quincy» conclu en 1945 entre le roi Ibn Saoud et le président Roosevelt.

Selon ce pacte, renouvelé en 2005, les Etats-Unis assuraient la protection de l’Arabie Saoudite, qui s’engage en contrepartie, de lui céder du pétrole bon marché.

En 2019, à l’aube du 14 septembre, une nuée de drones s’abat sur les complexes pétroliers d’Abqaïq et Khoraïs, en Arabie Saoudite.

Les défenses contre-aériennes «made in Usa», achetés à prix d’or, n’auraient en fin de compte servis à rien, les attaques aux drones par les Houtis du Yémen contre les infrastructures saoudiennes n’ayant pas cessé depuis lors.

Le 17 janvier de l’année en cours, les drones des Houtis ont atteint et frappé un aéroport d’Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis, autre proche allié des Etats-Unis. Ces drones ont donc du traverser l’Arabie Saoudite, sans être repérés. Le bouclier américain commence à ressembler à une passoire.

Un tigre en papier

Sept mois plus tôt, en mai 2021, les dirigeants des pays du Golf assistaient ébahis, à l’instar du monde entier, au départ précipité des soldats américains d’Afghanistan, chassés par les Talibans et abandonnant derrière eux leurs supplétifs locaux.

Là, il n’y avait même plus de bouclier, il a tout simplement pris ses jambes à son cou.

Et puis Washington avait promis une campagne fulgurante et une victoire rapide au Yémen au prince héritier saoudien et véritable détenteur du pouvoir à Ryad, Mohamed Ben Salman (Mbs).

Cela fait pourtant sept ans que dure ce conflit meurtrier et toute perspective de victoire des Saoudiens sur les Houtis semble bien loin.

Entre-temps, les médias américains, de tendance démocrate essentiellement, n’ont pas arrêté de traîner la réputation du prince Mbs dans la boue à propos de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi et des civils morts sous les bombardements saoudiens au Yémen.


Pour une poignée de dollars

Le coup fatal a sûrement été la décision des pays occidentaux de geler les avoirs de la Russie placés sur leurs places financières et d’exclure des établissements bancaires russes du système de paiement interbancaire Swift.

C’est se tirer une balle non pas dans le pied, mais dans la tête, comme l’a si bien souligné l’économiste français Charles Gave.

Le problème posé par l’extraterritorialité du droit américain, permettant de lancer des procédures judiciaires et d’infliger de lourdes amendes à toute entité étrangère qui traiterait avec un pays placé par les Etats-Unis sous embargo indispose depuis longtemps, les pays du Sud, les plus souvent visés, en particulier.

Déjà, en janvier de l’année en cours, la Chine et l’Iran ont décidé de contourner l’obstacle dollar dans leurs échanges commerciaux.

Puisque c’est par le biais du dollar, quand une transaction est libellée dans cette monnaie, que la justice américaine trouve le moyen de s’ingérer dans les affaires des autres.

L’insécurité des placements

Avec le gel des avoirs russes dans les pays occidentaux, le bouchon a été poussé, cette fois-ci, trop loin. Ainsi donc, il suffit qu’un pays déplaise à la bien pensance occidentale pour qu’il soit délesté de ses avoirs financiers placés dans les pays occidentaux !

Le coup a déjà été fait à l’Iran et au Venezuela, mais là, les Américains semblent avoir oublié le poids de la Russie sur les marchés énergétique et des matières premières.

L’Arabie Saoudite a déjà mené une guerre des prix du pétrole à la Russie, de mars à avril 2020. Elle l’a perdu et retenu la leçon.

Sentant les vents du changement souffler désormais vers l’Est, Ryad a donc mis le cap sur Pékin, de manière à s’arrimer au grand bloc géopolitique eurasiatique en devenir, fondé sur l’alliance stratégique entre la Russie et la Chine, l’Iran s’y étant déjà attaché.

Les coups de pioche se succèdent

Comme «les emm*** volent toujours en escadrille», selon l’expression imagée de l’ancien président français Jacques Chirac, c’est également cet autre géant asiatique qu’est l’Inde qui vient de signifier aux pays occidentaux qu’ils pouvaient aller se faire voir.

Le commerce avec la Russie allait désormais se faire en rouble et en roupie, les monnaies russes et indiennes.

Enhardi par le peu d’empressement de nombre de pays du Sud à s’embarquer avec les pays occidentaux sur la coquille de noix des sanctions contre la Russie, le président Poutine vient de planter le dernier clou dans le cercueil de l’hégémonie occidental.

Les acheteurs du gaz russe doivent désormais le payer en rouble !

Vol au dessus d’un nid de cocus

L’on s’imagine la tête qu’a du faire la présidente allemande de l’Union européenne, Ursula Von Der Leyen, à l’audition de cette nouvelle. Oui, il s’agit bien de cette même dame qui a récemment affirmé : « nos sanctions ont dévasté l’économie russe ».

Les industriels de son pays, qui vont réellement être dévastés par la décision du président russe, doivent attendre avec des fourches à l’aéroport de Berlin le vol qui va la ramener de Bruxelles. Sans gaz russe, ils sont condamnés à mettre la clé sous le paillasson.

Von Der Leyen avait à choisir entre les pays d’Europe, qui ont besoin du gaz russe et dont elle préside l’union, et les États-Unis, qui extraient le gaz qu’ils consomment et sont prêts à combattre la Russie jusqu’au dernier ukrainien et lui infliger des dégâts économiques, à travers les sanctions, quitte à couler leurs alliés européens. Von Der Leyen a opté pour les intérêts des derniers.

Le problème « dollar » rapatrié

Les Occidentaux ont vraiment fait très fort avec cette affaire de sanctions contre la Russie. Ils sont parvenus à scier la branche sur laquelle ils étaient assis.

Henry Kissinger doit être triste. Il voit s’effondrer le système pétrodollar, qu’il a si machiavéliquement élaboré.

Richard Nixon, qui avait dit : « le dollar, c’est notre monnaie, mais votre problème », au moins n’est plus là pour constater que Joe Biden a rapatrié le dit « problème ».

« Quand la crainte ne veille pas, il arrive ce qui était à craindre », disait Lao Tseu.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 24 Mars 2022

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