Législatives 2026 : l’Istiqlal renvoie la décision de la participation au gouvernement à son Conseil national


Rédigé par le Jeudi 1 Octobre 2026

Réuni après les élections du 23 septembre, le Comité exécutif du Parti de l’Istiqlal dresse un bilan positif de son scrutin, tout en dénonçant plusieurs irrégularités et en s’inquiétant du niveau élevé de l’abstention. Sur la question centrale de sa participation au prochain gouvernement, la direction ne tranche pas : le Conseil national est convoqué samedi 3 octobre pour en délibérer.



Le Parti de l’Istiqlal prend acte du nouveau paysage politique issu des législatives du 23 septembre, mais ne veut pas brûler les étapes. Réuni lundi 28 septembre sous la présidence de son secrétaire général Nizar Baraka, son Comité exécutif a consacré ses travaux à l’analyse des résultats électoraux et aux développements politiques qui en découlent.  

Au terme de cette réunion, une décision institutionnelle domine : la question de la participation de l’Istiqlal au prochain gouvernement sera soumise au Conseil national du parti, convoqué samedi 3 octobre. Cette réunion devra à la fois évaluer les résultats du scrutin et délibérer sur l’éventuelle participation gouvernementale, conformément aux statuts et au règlement intérieur du parti. 

Cette séquence laisse donc ouverte, à ce stade, la position que prendra l’Istiqlal dans la configuration politique issue des urnes.

Un bilan électoral revendiqué comme positif
Dans son communiqué, la direction istiqlalienne affiche sa satisfaction. Selon sa propre lecture des résultats, le parti s’est classé deuxième en nombre de voix et troisième en nombre de sièges, à une seule unité du parti arrivé deuxième en sièges. Le Comité exécutif insiste également sur la représentation obtenue par les femmes et les jeunes et souligne que plusieurs sièges auraient échappé à ses candidats pour de très faibles écarts de voix.    

Le parti interprète ces résultats comme une confirmation de son implantation et de l’attractivité de son offre électorale. Il s’agit ici de l’appréciation politique formulée par l’Istiqlal lui-même : le communiqué attribue notamment cette performance à la crédibilité de son discours, à son offre électorale et aux profils investis.    

Le Comité exécutif accorde par ailleurs une place particulière aux provinces du Sud, où il affirme que l’Istiqlal est arrivé en tête. La direction y voit la confirmation de son « ancrage territorial et historique » et de la confiance accordée à ses élus.  

Irrégularités : l’Istiqlal hausse le ton
Le satisfecit électoral n'empêche pas le parti de porter un regard critique sur les conditions du scrutin.
Le communiqué déplore des « événements, pratiques et irrégularités » constatés, selon le Comité exécutif, dans certaines circonscriptions. Sont notamment évoqués l’usage de l’argent pour influencer les électeurs, différentes formes de pression, des tentatives de manipulation des bulletins ainsi que la non-remise de procès-verbaux des résultats de certains bureaux de vote. 

Le parti ne remet toutefois pas en cause le classement général issu du scrutin. Son Comité exécutif félicite explicitement la direction du Parti Authenticité et Modernité pour son arrivée en tête et souhaite que la nouvelle étape politique permette de construire des institutions capables de transformer les engagements électoraux en réformes concrètes.  

Cette double position mérite d’être relevée : l’Istiqlal dénonce certaines pratiques électorales tout en reconnaissant politiquement le résultat plaçant le PAM en tête.

38,02 % : l’abstention devient un sujet politique

Au-delà des rapports de forces entre partis, le communiqué insiste fortement sur un chiffre : 38,02 % de participation nationale.

Pour l’Istiqlal, le faible niveau de participation, conjugué au nombre important de citoyens non inscrits sur les listes électorales, traduit une crise de confiance envers les institutions élues et l’action politique. Le parti oppose cette situation à la forte mobilisation enregistrée dans les provinces du Sud, qu’il présente comme une manifestation d’attachement aux institutions et au processus démocratique.

La direction istiqlalienne ne veut pas limiter ce constat au seul lendemain des élections. Elle appelle à lancer un « chantier de réconciliation des citoyens avec la vie politique », passant notamment par un dialogue national associant les forces politiques et la société civile. L’objectif annoncé serait d’identifier les causes de la défiance, les dysfonctionnements de la pratique politique et les moyens de recréer une dynamique de participation.    

Le communiqué du COMEX réclame également davantage d’espaces de débat dans les médias publics afin que les partis puissent exercer leur rôle constitutionnel d’encadrement des citoyens. 

Gouvernement : le rendez-vous du 3 octobre
L’essentiel de la prochaine séquence politique istiqlalienne se jouera donc samedi. La direction du parti aurait pu arrêter elle-même une position sur une éventuelle entrée dans la prochaine majorité. Elle choisit au contraire de saisir son Conseil national, instance appelée à débattre à la fois du bilan électoral et de la participation gouvernementale.

En attendant cette décision, le Comité exécutif réaffirme les priorités présentées pendant la campagne : dignité, équité territoriale, pouvoir d’achat, soutien à la classe moyenne et respect des engagements du programme électoral.    

Le communiqué du 28 septembre fixe ainsi deux débats pour l’Istiqlal : l’un immédiat, sur sa place dans la prochaine configuration gouvernementale ; l’autre, plus structurel, sur la crise de confiance entre citoyens, partis et institutions représentatives. La réunion du Conseil national du 3 octobre devra répondre au premier. Le second dépasse largement les frontières du parti.




Jeudi 1 Octobre 2026
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