Les familles marocaines consentent parfois des sacrifices financiers considérables pour offrir à leurs enfants une formation qu’elles pensent solide, reconnue et porteuse d’emploi.
Elles choisissent un établissement à partir de son nom, de sa communication, de ses partenariats annoncés, de ses classements ou de son appartenance affichée à un groupe international.
Mais savent-elles toujours ce qu’elles achètent réellement ? L’établissement est-il seulement autorisé à exercer ou reconnu par l’État ? La filière choisie est-elle accréditée ?
Pour quelle durée ? Le diplôme ouvre-t-il l’accès aux concours, à la fonction publique, à une poursuite d’études ou au doctorat ? Quelle est sa valeur à l’étranger ?
Ces questions auraient mérité une place dans la campagne électorale. L’enseignement supérieur privé n’est plus un secteur marginal. Il participe à la formation des compétences dont le Maroc a besoin et peut apporter de l’innovation, de la spécialisation et une ouverture internationale.
Il ne s’agit donc pas de condamner le privé, encore moins d’opposer systématiquement universités publiques et établissements privés. Il s’agit de protéger les étudiants et leurs familles par une information complète, comparable et vérifiable.
Une alerte venue de France. Le magazine Challenges rapporte que l’État français veut remettre de l’ordre dans l’usage d’appellations comme « bachelor » et « mastère ». Le problème n’est pas le mot lui-même, ni le fait qu’une formation soit privée. Le problème apparaît lorsque l’intitulé commercial laisse croire à un niveau de reconnaissance académique que le diplôme ne possède pas. En France, une licence est un diplôme national conférant le grade de licence.
Un master est un diplôme national ou un diplôme conférant le grade de master. À l’inverse, le seul mot « bachelor » ne garantit pas que le programme confère le grade de licence, et le mot « mastère » ne signifie pas automatiquement que le diplômé possède un master.
Un titre enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles peut attester un niveau de qualification professionnelle sans constituer pour autant un grade universitaire.
Cette différence, très technique pour les familles, peut devenir décisive lorsqu’un jeune souhaite poursuivre ses études, passer un concours ou exercer une profession réglementée.
Mais savent-elles toujours ce qu’elles achètent réellement ? L’établissement est-il seulement autorisé à exercer ou reconnu par l’État ? La filière choisie est-elle accréditée ?
Pour quelle durée ? Le diplôme ouvre-t-il l’accès aux concours, à la fonction publique, à une poursuite d’études ou au doctorat ? Quelle est sa valeur à l’étranger ?
Ces questions auraient mérité une place dans la campagne électorale. L’enseignement supérieur privé n’est plus un secteur marginal. Il participe à la formation des compétences dont le Maroc a besoin et peut apporter de l’innovation, de la spécialisation et une ouverture internationale.
Il ne s’agit donc pas de condamner le privé, encore moins d’opposer systématiquement universités publiques et établissements privés. Il s’agit de protéger les étudiants et leurs familles par une information complète, comparable et vérifiable.
Une alerte venue de France. Le magazine Challenges rapporte que l’État français veut remettre de l’ordre dans l’usage d’appellations comme « bachelor » et « mastère ». Le problème n’est pas le mot lui-même, ni le fait qu’une formation soit privée. Le problème apparaît lorsque l’intitulé commercial laisse croire à un niveau de reconnaissance académique que le diplôme ne possède pas. En France, une licence est un diplôme national conférant le grade de licence.
Un master est un diplôme national ou un diplôme conférant le grade de master. À l’inverse, le seul mot « bachelor » ne garantit pas que le programme confère le grade de licence, et le mot « mastère » ne signifie pas automatiquement que le diplômé possède un master.
Un titre enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles peut attester un niveau de qualification professionnelle sans constituer pour autant un grade universitaire.
Cette différence, très technique pour les familles, peut devenir décisive lorsqu’un jeune souhaite poursuivre ses études, passer un concours ou exercer une profession réglementée.
Le ministère français de l’Enseignement supérieur rappelle d’ailleurs que, pour les écoles privées de commerce et de gestion, seules les formations officiellement habilitées peuvent délivrer un diplôme visé ou conférer le grade de master.
Cette clarification tardive nous concerne, car le Maroc accueille des écoles françaises, des marques éducatives internationales, des doubles diplômes et de multiples partenariats.
Une implantation au Maroc, même lorsqu’elle porte un nom connu, ne doit pas être présumée identique à l’établissement d’origine. Une école étrangère au Maroc doit répondre à des questions simples.
Qui est juridiquement responsable de la formation ? Où le diplôme est-il délivré ? Porte-t-il exactement le même visa et le même grade que celui proposé en France ou dans le pays d’origine ?
Le cursus marocain a-t-il été évalué séparément ? Les enseignants, les volumes horaires, les conditions d’admission et les exigences de diplomation sont-ils comparables ? Le partenariat annoncé est-il académique, commercial ou limité à quelques échanges ? Une marque internationale ne constitue pas, à elle seule, une reconnaissance académique.
La même vigilance doit s’appliquer aux établissements marocains. L’autorisation d’ouverture, la reconnaissance par l’État, l’accréditation d’une filière et l’équivalence d’un diplôme ne recouvrent pas nécessairement la même réalité.
La reconnaissance d’un établissement ne doit pas dispenser la famille de vérifier le statut précis du programme choisi. Une filière peut aussi avoir une durée d’accréditation déterminée.
Or ces distinctions restent difficiles à comprendre lorsque l’information est dispersée, présentée dans un langage administratif ou dominée par la publicité des établissements. Le résultat est une asymétrie profonde.
L’école connaît le statut exact de son programme ; la famille, elle, se décide souvent à partir d’une brochure, d’un salon étudiant, d’une campagne sur les réseaux sociaux ou de la parole d’un conseiller commercial.
Le jeune peut ne découvrir les limites de son diplôme qu’après plusieurs années d’études et plusieurs dizaines de milliers de dirhams dépensés.
À ce stade, l’information tardive devient un préjudice scolaire, professionnel, financier et humain.
Une implantation au Maroc, même lorsqu’elle porte un nom connu, ne doit pas être présumée identique à l’établissement d’origine. Une école étrangère au Maroc doit répondre à des questions simples.
Qui est juridiquement responsable de la formation ? Où le diplôme est-il délivré ? Porte-t-il exactement le même visa et le même grade que celui proposé en France ou dans le pays d’origine ?
Le cursus marocain a-t-il été évalué séparément ? Les enseignants, les volumes horaires, les conditions d’admission et les exigences de diplomation sont-ils comparables ? Le partenariat annoncé est-il académique, commercial ou limité à quelques échanges ? Une marque internationale ne constitue pas, à elle seule, une reconnaissance académique.
La même vigilance doit s’appliquer aux établissements marocains. L’autorisation d’ouverture, la reconnaissance par l’État, l’accréditation d’une filière et l’équivalence d’un diplôme ne recouvrent pas nécessairement la même réalité.
La reconnaissance d’un établissement ne doit pas dispenser la famille de vérifier le statut précis du programme choisi. Une filière peut aussi avoir une durée d’accréditation déterminée.
Or ces distinctions restent difficiles à comprendre lorsque l’information est dispersée, présentée dans un langage administratif ou dominée par la publicité des établissements. Le résultat est une asymétrie profonde.
L’école connaît le statut exact de son programme ; la famille, elle, se décide souvent à partir d’une brochure, d’un salon étudiant, d’une campagne sur les réseaux sociaux ou de la parole d’un conseiller commercial.
Le jeune peut ne découvrir les limites de son diplôme qu’après plusieurs années d’études et plusieurs dizaines de milliers de dirhams dépensés.
À ce stade, l’information tardive devient un préjudice scolaire, professionnel, financier et humain.
C’est ici que la responsabilité politique commence.
Les partis ne devraient pas se limiter à promettre davantage de places, davantage d’établissements ou davantage de diplômés. Ils devraient expliquer comment ils garantiront la qualité, la lisibilité et la valeur des formations.
Former plus sans informer mieux peut seulement agrandir le marché de la déception. Cinq engagements auraient dû être débattus.
Le prochain gouvernement devrait d’abord mettre en place une plateforme nationale unique, régulièrement actualisée, permettant de vérifier chaque établissement et chaque filière.
Elle devrait distinguer clairement l’autorisation, la reconnaissance par l’État, l’accréditation, l’équivalence et la durée de validité de chacune de ces décisions.
Former plus sans informer mieux peut seulement agrandir le marché de la déception. Cinq engagements auraient dû être débattus.
Le prochain gouvernement devrait d’abord mettre en place une plateforme nationale unique, régulièrement actualisée, permettant de vérifier chaque établissement et chaque filière.
Elle devrait distinguer clairement l’autorisation, la reconnaissance par l’État, l’accréditation, l’équivalence et la durée de validité de chacune de ces décisions.
Ces propositions ne sont dirigées contre aucune institution en particulier.
Elles protègent aussi les établissements sérieux, qui subissent la concurrence de ceux qui investissent davantage dans le marketing que dans les enseignants, la recherche, les bibliothèques, l’encadrement et l’insertion réelle des diplômés.
La transparence n’affaiblit pas le privé de qualité ; elle lui permet de se distinguer. Le scrutin du 23 septembre porte naturellement sur l’emploi, la santé, le pouvoir d’achat, l’eau, les territoires et la protection sociale.
Mais l’enseignement supérieur relie tous ces sujets. Derrière chaque diplôme se trouvent une famille, un investissement, une espérance professionnelle et une promesse de mobilité sociale. Le diplôme ne doit pas devenir un produit dont l’emballage serait plus contrôlé que le contenu.
J’aurais donc souhaité entendre, pendant cette campagne, une question très concrète adressée à chaque parti : que ferez-vous pour que toute Marocaine et tout Marocain sache, avant de payer et avant de s’inscrire, ce que vaut réellement le diplôme choisi ? Informer les familles n’est pas une formalité administrative.
C’est une obligation politique, sociale et morale. Après les législatives, quel que soit le résultat, cette question devra entrer dans l’agenda du prochain gouvernement. L’avenir d’un jeune ne peut pas dépendre d’un mot séduisant, d’un logo prestigieux ou d’une promesse impossible à vérifier.
La transparence n’affaiblit pas le privé de qualité ; elle lui permet de se distinguer. Le scrutin du 23 septembre porte naturellement sur l’emploi, la santé, le pouvoir d’achat, l’eau, les territoires et la protection sociale.
Mais l’enseignement supérieur relie tous ces sujets. Derrière chaque diplôme se trouvent une famille, un investissement, une espérance professionnelle et une promesse de mobilité sociale. Le diplôme ne doit pas devenir un produit dont l’emballage serait plus contrôlé que le contenu.
J’aurais donc souhaité entendre, pendant cette campagne, une question très concrète adressée à chaque parti : que ferez-vous pour que toute Marocaine et tout Marocain sache, avant de payer et avant de s’inscrire, ce que vaut réellement le diplôme choisi ? Informer les familles n’est pas une formalité administrative.
C’est une obligation politique, sociale et morale. Après les législatives, quel que soit le résultat, cette question devra entrer dans l’agenda du prochain gouvernement. L’avenir d’un jeune ne peut pas dépendre d’un mot séduisant, d’un logo prestigieux ou d’une promesse impossible à vérifier.
