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Les Lions de l’Atlas sont devenus une référence mondiale


Rédigé par le Mardi 7 Juillet 2026

En 2022, au Qatar, le monde parlait d’un miracle. Quatre ans plus tard, ce mot n’a plus sa place. Après avoir éliminé les Pays-Bas puis le Canada pour décrocher une deuxième qualification consécutive en quarts de finale de la Coupe du monde, le Maroc s’est définitivement affranchi du statut d’outsider. Les Lions de l’Atlas se sont installés parmi les grandes nations du football mondial.



Les Lions de l’Atlas sont devenus une référence mondiale

Le véritable exploit n’est peut-être plus d’atteindre les quarts de finale, mais d’avoir rendu cet objectif crédible. Ce qui relevait hier de l’exception est devenu une ambition assumée.


La joie populaire demeure immense, mais elle ne s’accompagne plus de l’étonnement qui avait marqué l’épopée qatarie. Cette qualification a été célébrée avec fierté, mais aussi avec une forme de confiance nouvelle. Comme si le Maroc avait désormais pris l’habitude de fréquenter les sommets.


C’est précisément ce changement de perception qui marque un tournant.


Au lendemain du Mondial 2022, beaucoup estimaient que le plafond de verre du football africain avait définitivement volé en éclats. Plusieurs sélections du continent sont arrivées à cette Coupe du monde avec l’ambition de suivre les traces des Lions de l’Atlas.


Le terrain a cependant rappelé une évidence : le parcours du Maroc n’est pas le fruit du hasard.


Le Sénégal, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore l’Afrique du Sud nourrissaient eux aussi de grandes ambitions. Tous ont quitté la compétition dès les premiers matches à élimination directe, malgré un format élargi à 48 équipes offrant davantage d’opportunités.

Non pas parce que le football africain aurait régressé, mais parce que la réussite marocaine repose sur un travail de fond qu’aucune sélection ne peut reproduire en quelques années.


Le Royaume récolte aujourd’hui les fruits d’une stratégie engagée depuis plus d’une décennie, fondée sur le développement des infrastructures, la formation, la professionnalisation des clubs, la structuration des centres techniques et l’émergence d’une véritable culture de la performance.


Les chiffres illustrent cette évolution.


Depuis la création de la Coupe du monde, les sélections africaines ont remporté huit rencontres à élimination directe. À lui seul, le Maroc en compte désormais quatre, soit la moitié de ces victoires.


Plus marquant encore, aucune nation africaine n’avait réussi à atteindre deux quarts de finale consécutifs. Le Cameroun en 1990, le Sénégal en 2002 et le Ghana en 2010 avaient chacun signé un parcours historique sans parvenir à inscrire cette performance dans la durée. Les Lions de l’Atlas sont les premiers à transformer un exploit en continuité.


La manière renforce encore cette impression.


Mené face aux Pays-Bas, le Maroc n’a jamais sombré dans la précipitation. Les hommes de Mohamed Ouahbi sont revenus au score avant de faire preuve d’un remarquable sang-froid lors de la séance de tirs au but. Face au Canada, ils ont affiché une maîtrise collective qui leur a permis de s’imposer sans jamais donner le sentiment de perdre le contrôle de la rencontre.


Cette équipe ne joue plus avec le poids de l’histoire sur les épaules. Elle évolue avec la conviction qu’elle appartient désormais à ce niveau de compétition.


Le sélectionneur Mohamed Ouahbi l’a résumé au lendemain de la qualification : « On n’est plus une surprise aujourd’hui et c’est une grande fierté. Je pense que ce n’est que le début. »


Cette phrase résume le changement de dimension du football marocain.


L’autre réussite de cette génération réside dans sa capacité à assurer la continuité d’un projet. Le départ de Walid Regragui aurait pu marquer la fin du cycle ouvert au Qatar. Il n’en a rien été. Mohamed Ouahbi a su préserver les fondations héritées de son prédécesseur tout en apportant sa propre identité, davantage tournée vers la maîtrise du ballon et l’initiative offensive.


Cette transition démontre que les performances du Maroc ne reposent plus uniquement sur une génération exceptionnelle ou sur un entraîneur. Elles s’inscrivent dans un modèle suffisamment solide pour traverser les changements et maintenir un haut niveau d’exigence.


Le quart de finale face à la France constituera un nouveau test majeur. Mais quel que soit son dénouement, un constat s’impose déjà.


Le Maroc n’est plus cette sélection que l’on félicite pour avoir déjoué les pronostics. Il est devenu un adversaire que les grandes nations respectent et préparent avec la plus grande vigilance.


En 2022, le monde saluait un exploit. En 2026, il assiste à une confirmation.

Beaucoup ont pensé que le Maroc avait simplement ouvert une voie pour le football africain. En réalité, il a bâti un modèle. C’est cette différence qui explique pourquoi, quatre ans après le Qatar, les Lions de l’Atlas sont toujours au rendez-vous du plus haut niveau mondial, là où tant d’autres n’ont pas réussi à inscrire leur performance dans la durée.





Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 7 Juillet 2026