L'ODJ Média

Les ophtalmologistes marocains appellent à des réformes pour l’avenir des soins oculaires.


Par Dr Anwar CHERKAOUI - Expert en communication médicale et journalisme de santé.

Les principales recommandations de la journée d’étude du 28 février 2026 :

À l’issue de la Journée Débat Nationale organisée à Bouznika par le Syndicat National des Ophtalmologistes Libéraux du Maroc (SNOLM) autour du thème « Le devenir des soins oculaires au Maroc », les participants ont formulé une série de recommandations visant à renforcer durablement la santé visuelle des citoyens et à garantir des soins de qualité conformes aux standards internationaux.

Cette rencontre a rassemblé les principaux acteurs de l’ophtalmologie marocaine, notamment les sociétés savantes, les représentants universitaires, les spécialistes des différentes surspécialités ainsi que les jeunes ophtalmologistes.

Les échanges ont permis de dresser un état des lieux de la santé visuelle au Maroc et de dégager plusieurs priorités pour l’avenir de la discipline.

Les participants ont notamment appelé à une révision urgente et concertée de la Tarification Nationale de Référence, restée inchangée depuis près de vingt années malgré les profondes transformations scientifiques et technologiques qu’a connues l’ophtalmologie moderne.

Une actualisation de cette tarification apparaît aujourd’hui indispensable pour intégrer les innovations diagnostiques et thérapeutiques, garantir une pratique médicale conforme aux standards internationaux, assurer la pérennité économique des structures de soins et préserver l’accessibilité des soins visuels pour l’ensemble des citoyens.



La question de l’exercice illégal a également été largement débattue.

Les ophtalmologistes ont insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles contre toute pratique exercée en dehors du cadre légal ou par des non-médecins, afin de garantir la sécurité des patients et de préserver la qualité du système national de santé.

Les participants ont par ailleurs recommandé un encadrement réglementaire strict des campagnes de chirurgie de la cataracte dites sociales.

Ces initiatives à vocation humanitaire doivent, selon eux, respecter pleinement les normes médicales, les lois régissant l’exercice de la médecine ainsi que les principes de déontologie professionnelle.

L’accès aux médicaments ophtalmologiques constitue également une préoccupation majeure.

Les ophtalmologistes marocains appellent à des réformes pour l’avenir des soins oculaires.
Les participants ont appelé les autorités sanitaires à mettre fin aux pénuries récurrentes de certains traitements essentiels et à garantir un accès équitable aux innovations thérapeutiques.

Ils ont notamment souligné l’importance de faciliter l’accès aux injections intravitréennes d’anti-VEGF, indispensables dans la prise en charge de nombreuses pathologies rétiniennes sévères.

La relance de la greffe de cornée au Maroc figure également parmi les priorités évoquées.

Les participants ont plaidé pour l’élaboration d’une stratégie nationale ambitieuse visant à développer les banques de tissus humains, notamment la cornée,  promouvoir la culture du don de cornée et élargir l’accès à la transplantation dans les centres hospitaliers publics et privés habilités, afin de répondre aux besoins croissants des patients souffrant de cécité cornéenne évitable.

La réduction des déserts médicaux a également été abordée.

Les participants recommandent la mise en place de mesures incitatives concrètes pour favoriser l’installation des jeunes ophtalmologistes dans les régions sous-médicalisées, notamment à travers un accompagnement administratif, logistique et entrepreneurial.

La prévention des troubles visuels chez l’enfant a également occupé une place importante dans les débats.

Les ophtalmologistes recommandent l’instauration d’un examen ophtalmologique obligatoire à l’entrée à l’école primaire afin de permettre un dépistage précoce des troubles visuels susceptibles d’altérer durablement les capacités d’apprentissage.

À moyen terme, ils préconisent également la généralisation progressive du dépistage visuel dès le préscolaire.

Les participants ont enfin insisté sur la nécessité de promouvoir une communication médicale responsable, notamment sur les médias numériques et les réseaux sociaux. Un encadrement plus rigoureux apparaît nécessaire pour limiter les dérives commerciales, préserver l’éthique professionnelle et protéger les patients contre la désinformation médicale.

En conclusion, les participants ont salué les avancées majeures engagées dans le cadre de la généralisation de la couverture médicale universelle initiée sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, considérée comme une étape structurante pour renforcer l’équité d’accès aux soins dans le Royaume.

Le Syndicat National des Ophtalmologistes Libéraux du Maroc réaffirme sa pleine disponibilité pour accompagner les autorités sanitaires dans la mise en œuvre de ces recommandations, considérant la santé visuelle comme un enjeu majeur de santé publique, de développement humain et de progrès social.

Par Dr Anwar CHERKAOUI.

Mardi 3 Mars 2026



Rédigé par La rédaction le Mardi 3 Mars 2026