Monsieur le Ministre,
À l’occasion de votre prise de fonctions, une proposition mérite d’être mise sur la table. Et si le Maroc créait un prix national pour distinguer des œuvres littéraires et artistiques réalisées avec l’intelligence artificielle ? Il pourrait s’appeler le Prix ZirIAb.
L’intelligence artificielle est déjà entrée dans les ateliers, les studios et les salles de montage. Elle peut aider une cinéaste à donner forme à une scène qu’elle n’a pas les moyens de tourner, un musicien à explorer plusieurs arrangements, une caricaturiste à éprouver différentes mises en scène avant de reprendre le dessin à sa main. Reste la question qui intéresse le public. Qu’ont-ils fait de ces possibilités et qu’est-ce que leur œuvre raconte, fait entendre ou donne à voir ?
Le nom ZirIAb fait écho à Ziryab, le musicien venu de Bagdad qui a marqué la vie artistique de Cordoue au IXᵉ siècle. Il évoque un héritage arabo-andalou que le Maroc a fait sien et qui se transmet encore dans sa musique. Au milieu du nom, les lettres IA rendent visible le nouvel outil de création. Sur l’affiche, une rosace de zellige se prolonge en pixels de cuivre. Le motif marocain donne au projet son point de départ.
Une première édition pourrait s’ouvrir au livre, au court métrage, à la musique, à la caricature et aux arts visuels. Les œuvres pourraient concourir en arabe, en amazigh, en darija, en français ou dans plusieurs langues à la fois. Un jury composé de praticiens des disciplines représentées découvrirait d’abord les œuvres, puis lirait une courte note de création. Chaque candidature y préciserait la place de l’IA, les choix de l’artiste et les autorisations obtenues pour les éléments utilisés lorsque celles-ci sont nécessaires. Le jury pourrait ainsi apprécier à la fois la qualité de l’œuvre et le travail de celles et ceux qui la signent.
Le prix prendrait tout son sens devant le public. Une projection suivie d’une discussion, une lecture ou une séance d’écoute permettraient aux finalistes de montrer comment une œuvre a pris forme. Entre une première proposition générée et la version présentée, il y a souvent des heures à choisir, couper, réécrire ou recommencer. C’est aussi ce travail que le public gagnerait à découvrir.
La demande adressée à votre ministère est concrète. Réunir des artistes, des éditeurs, des professionnels du cinéma et de la musique, ainsi que des spécialistes de l’IA et du droit d’auteur, pour élaborer le règlement et les modalités d’une première édition. Les lieux culturels et les festivals qui souhaitent accueillir des projections, des lectures ou des expositions pourraient être associés dès cette étape.
Une politique culturelle peut donner aux artistes l’occasion d’expérimenter et au public les moyens de juger les œuvres sur pièce. Le Prix ZirIAb serait une manière, pour le Maroc, d’ouvrir cette conversation à partir de ses propres récits, de ses langues et de ses imaginaires.
Construisons l’avenir à deux. Commençons par l’art.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.
L’intelligence artificielle est déjà entrée dans les ateliers, les studios et les salles de montage. Elle peut aider une cinéaste à donner forme à une scène qu’elle n’a pas les moyens de tourner, un musicien à explorer plusieurs arrangements, une caricaturiste à éprouver différentes mises en scène avant de reprendre le dessin à sa main. Reste la question qui intéresse le public. Qu’ont-ils fait de ces possibilités et qu’est-ce que leur œuvre raconte, fait entendre ou donne à voir ?
Le nom ZirIAb fait écho à Ziryab, le musicien venu de Bagdad qui a marqué la vie artistique de Cordoue au IXᵉ siècle. Il évoque un héritage arabo-andalou que le Maroc a fait sien et qui se transmet encore dans sa musique. Au milieu du nom, les lettres IA rendent visible le nouvel outil de création. Sur l’affiche, une rosace de zellige se prolonge en pixels de cuivre. Le motif marocain donne au projet son point de départ.
Une première édition pourrait s’ouvrir au livre, au court métrage, à la musique, à la caricature et aux arts visuels. Les œuvres pourraient concourir en arabe, en amazigh, en darija, en français ou dans plusieurs langues à la fois. Un jury composé de praticiens des disciplines représentées découvrirait d’abord les œuvres, puis lirait une courte note de création. Chaque candidature y préciserait la place de l’IA, les choix de l’artiste et les autorisations obtenues pour les éléments utilisés lorsque celles-ci sont nécessaires. Le jury pourrait ainsi apprécier à la fois la qualité de l’œuvre et le travail de celles et ceux qui la signent.
Le prix prendrait tout son sens devant le public. Une projection suivie d’une discussion, une lecture ou une séance d’écoute permettraient aux finalistes de montrer comment une œuvre a pris forme. Entre une première proposition générée et la version présentée, il y a souvent des heures à choisir, couper, réécrire ou recommencer. C’est aussi ce travail que le public gagnerait à découvrir.
La demande adressée à votre ministère est concrète. Réunir des artistes, des éditeurs, des professionnels du cinéma et de la musique, ainsi que des spécialistes de l’IA et du droit d’auteur, pour élaborer le règlement et les modalités d’une première édition. Les lieux culturels et les festivals qui souhaitent accueillir des projections, des lectures ou des expositions pourraient être associés dès cette étape.
Une politique culturelle peut donner aux artistes l’occasion d’expérimenter et au public les moyens de juger les œuvres sur pièce. Le Prix ZirIAb serait une manière, pour le Maroc, d’ouvrir cette conversation à partir de ses propres récits, de ses langues et de ses imaginaires.
Construisons l’avenir à deux. Commençons par l’art.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.
Pourquoi le nom de ZirIAb ?
ZirIAb réunit dans un même nom la mémoire de Ziryab et les deux lettres de l’intelligence artificielle. Ce rapprochement donne son sens au prix. Il inscrit une nouvelle manière de créer dans une histoire qui relie depuis des siècles le Maroc et l’Andalousie.
Musicien venu de Bagdad, Ziryab a marqué la vie artistique de Cordoue au IXᵉ siècle. Son nom évoque un héritage que le Maroc a fait sien et qui vit encore dans sa musique arabo-andalouse. D’une rive à l’autre, cet héritage a trouvé de nouveaux interprètes, de nouvelles voix et de nouvelles façons de se transmettre.
Dans ZirIAb, les lettres IA rendent visible l’outil avec lequel les artistes sont invités à travailler. Le prix distingue des œuvres et s’intéresse aux choix de celles et ceux qui les signent. Qu’a permis d’explorer l’IA ? Qu’a retenu l’artiste ? Qu’a-t-il retravaillé pour donner à l’œuvre sa forme et son ton ? Ces questions se posent aussi bien pour un livre que pour un court métrage, une chanson, une caricature ou une œuvre visuelle.
Sur l’affiche, une rosace de zellige se prolonge en pixels de cuivre. Le motif reste reconnaissable au moment même où il prend une autre forme. C’est l’ambition du Prix ZirIAb. Donner à voir ce qui naît lorsque des artistes, nourris d’un héritage vivant, s’emparent d’un nouvel outil de création.
Construisons l’avenir à deux. Commençons par l’art.
Musicien venu de Bagdad, Ziryab a marqué la vie artistique de Cordoue au IXᵉ siècle. Son nom évoque un héritage que le Maroc a fait sien et qui vit encore dans sa musique arabo-andalouse. D’une rive à l’autre, cet héritage a trouvé de nouveaux interprètes, de nouvelles voix et de nouvelles façons de se transmettre.
Dans ZirIAb, les lettres IA rendent visible l’outil avec lequel les artistes sont invités à travailler. Le prix distingue des œuvres et s’intéresse aux choix de celles et ceux qui les signent. Qu’a permis d’explorer l’IA ? Qu’a retenu l’artiste ? Qu’a-t-il retravaillé pour donner à l’œuvre sa forme et son ton ? Ces questions se posent aussi bien pour un livre que pour un court métrage, une chanson, une caricature ou une œuvre visuelle.
Sur l’affiche, une rosace de zellige se prolonge en pixels de cuivre. Le motif reste reconnaissable au moment même où il prend une autre forme. C’est l’ambition du Prix ZirIAb. Donner à voir ce qui naît lorsque des artistes, nourris d’un héritage vivant, s’emparent d’un nouvel outil de création.
Construisons l’avenir à deux. Commençons par l’art.