Placée sous la présidence d’Alexandre Barro Chambrier, Vice-Président de la République gabonaise, cette mission, organisée en partenariat avec l’Union Gabonaise de Banque (UGB), s’est articulée autour du thème « Gabon, terre d’opportunités ». Selon les organisateurs, l’objectif était clair : créer un espace de dialogue opérationnel entre acteurs publics et privés afin de fluidifier les échanges économiques entre régions du continent. Une ambition qui résonne particulièrement au Maroc, où la question de l’intégration économique africaine est devenue un axe stratégique assumé.
Les délégations présentes représentaient le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Tchad et la Tunisie. Elles ont été accompagnées par les filiales locales du groupe Attijariwafa bank, dans un dispositif pensé pour faciliter l’implantation des entreprises et sécuriser les partenariats transfrontaliers. Les délégations ivoirienne et sénégalaise étaient notamment conduites par Mohamed El Ghazi, directeur général de la Société Ivoirienne de Banque, et Rachid El Bouzidi, directeur général de CBAO Sénégal, soulignant le poids des réseaux bancaires dans cette dynamique d’intégration.
L’un des temps forts de la mission a été l’inauguration du Marché de l’Investissement en Afrique centrale, présidée par le Vice-Président gabonais. Cet espace a réuni plusieurs institutions de référence, dont l’Agence nationale de promotion des investissements, la Zone économique spéciale de Nkok, l’UGB, le Crédit du Congo et SCB Cameroun. L’enjeu n’était pas simplement informatif : il s’agissait de permettre aux entreprises d’accéder directement aux opportunités d’investissement dans la zone CEMAC, tout en identifiant les leviers institutionnels capables de réduire les risques et les délais.
La conférence centrale a renforcé cette approche pragmatique. Autour du thème « Gabon, terre d’opportunités », plusieurs membres du gouvernement gabonais ont pris la parole, dont Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la digitalisation et de l’innovation, et Zenaba Gninga Chaning, ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI. À leurs côtés, des responsables financiers et institutionnels, parmi lesquels Larbi Allabouch, directeur général de l’UGB, et Mouna Kadiri, directrice du Club Afrique Développement, ont insisté sur la nécessité de passer d’une logique de discours à une logique de projets mesurables.
Les échanges ont été prolongés par un panel de haut niveau consacré aux opportunités de trade et d’investissement. Des intervenants comme Placide Olouba, commissaire général à l’Intégration régionale, Serge Brice Ngodjou, directeur général du Fonds gabonais d’investissements stratégiques, ou encore Christophe Eyi, directeur général d’Olam Palm Gabon, ont mis en avant les conditions permettant aux entreprises africaines de rayonner à l’échelle continentale depuis le Gabon. Myriam Guessous, directrice de Domseeds-Les Domaines Agricoles, a, pour sa part, partagé un retour d’expérience sur les partenariats Sud-Sud, rappelant que l’intégration économique se construit aussi par des trajectoires entrepreneuriales concrètes.
La mission s’est achevée par une visite de terrain à la Zone économique spéciale de Nkok, parc industriel de 1 126 hectares reconnu pour son cluster bois et ses pratiques durables, puis par la découverte de la Baie des Rois, projet urbain de 40 hectares en front de mer. Ce dernier ambitionne de requalifier le littoral de Libreville en un pôle intégré dédié au tourisme, aux affaires et aux loisirs, illustrant la volonté gabonaise de diversifier son économie au-delà des secteurs traditionnels.
À Libreville, l’Afrique des affaires n’a pas seulement multiplié les rencontres : elle a posé les bases d’une structuration plus cohérente de l’investissement et du commerce intra-africain. Pour les entreprises marocaines et leurs partenaires continentaux, le message est limpide : l’intégration économique africaine ne relève plus de l’intention politique, mais d’un chantier opérationnel où la coordination, la confiance et la durabilité deviennent des priorités partagées.