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Lions de l’Atlas : pourquoi Achraf Hakimi ne retrouve-t-il pas avec le Maroc le niveau affiché au PSG ?


Rédigé par le Mardi 3 Novembre 2026

Malgré son statut de capitaine et son importance dans le dispositif des Lions de l’Atlas, Achraf Hakimi ne semble pas toujours bénéficier en sélection de la même liberté que celle dont il dispose au Paris Saint-Germain. Entre contraintes tactiques, positionnement et complémentarité avec ses coéquipiers, la question de son utilisation se pose désormais pour Mohamed Ouahbi. Faut-il revoir son rôle pour exploiter pleinement son potentiel ?



Lions de l’Atlas : pourquoi Achraf Hakimi ne retrouve-t-il pas avec le Maroc le niveau affiché au PSG ?

Achraf Hakimi est l'un des principaux atouts des Lions de l'Atlas. Capitaine de la sélection marocaine, titulaire indiscutable et cadre du Paris Saint-Germain, le latéral droit possède des qualités techniques, athlétiques et offensives qui le placent parmi les références mondiales à son poste.


Pourtant, un contraste apparaît entre ses prestations en club et celles sous le maillot national. À Paris, le Marocain multiplie les initiatives, intervient dans plusieurs zones du terrain et participe directement à la construction comme à la finition. Avec les Lions de l'Atlas, son influence semble parfois plus limitée.


Cette différence soulève une interrogation : Hakimi peine-t-il à reproduire ses performances en sélection ou son utilisation tactique ne lui permet-elle pas d'exprimer toutes ses qualités ?


Un capitaine dont les qualités offensives restent parfois sous-exploitées

Avec les Lions de l'Atlas, Achraf Hakimi évolue généralement dans une défense à quatre, au poste de latéral droit. Un positionnement qu'il maîtrise parfaitement, mais qui l'oblige à partager ses efforts entre les responsabilités défensives et les projections offensives.


Le joueur ne se contente pourtant pas de défendre son couloir. Il participe à la construction, multiplie les appels en profondeur et cherche régulièrement à créer des décalages. Toutefois, ses déplacements restent davantage conditionnés par son positionnement initial et l'organisation collective.


La complémentarité avec l'ailier droit constitue également un facteur déterminant. Lorsque ce dernier repique dans l'axe, Hakimi peut exploiter l'espace libéré pour prendre la profondeur et apporter une solution sur le côté.


À l'inverse, lorsque les deux joueurs occupent des zones similaires, leurs déplacements peuvent se chevaucher et limiter les possibilités offensives.


La problématique dépasse donc la seule liberté accordée au capitaine marocain. Elle concerne également les mouvements de ses partenaires, la couverture défensive derrière ses montées et la capacité de l'équipe à exploiter les espaces qu'il crée.


Dortmund et l'Inter : quand Hakimi évoluait en piston

Les expériences d'Achraf Hakimi au Borussia Dortmund et à l'Inter Milan illustrent parfaitement l'influence du dispositif tactique sur son rendement.


Lors de la saison 2019-2020, sous les ordres de Lucien Favre à Dortmund, le Marocain avait réalisé une campagne particulièrement productive avec neuf buts et dix passes décisives en 45 rencontres, toutes compétitions confondues.


Aligné dans un rôle de piston droit au sein d'une organisation avec trois défenseurs centraux, il disposait d'une importante liberté offensive. Ses qualités de vitesse lui permettaient de multiplier les courses, d'attaquer les espaces et de se retrouver régulièrement dans des positions de finition.


Son passage à l'Inter Milan, lors de la saison 2020-2021, a confirmé cette évolution.


Sous les ordres d'Antonio Conte, Hakimi évoluait dans un système en 3-5-2, avec un rôle de piston droit. Cette organisation lui permettait de jouer plus haut, de participer à la construction et de multiplier les appels offensifs tout en bénéficiant d'une couverture derrière lui.


Auteur de sept buts en Serie A, il avait contribué au sacre des Nerazzurri, qui retrouvaient le titre de champion d'Italie après onze années d'attente.


Ces deux expériences montrent que le positionnement de Hakimi peut considérablement influencer sa contribution offensive.


Au PSG, un latéral qui dépasse les frontières de son poste

Mais le Marocain n'a pas nécessairement besoin d'une défense à trois pour exprimer pleinement son potentiel.


Au Paris Saint-Germain, Luis Enrique lui a confié un rôle particulièrement flexible, qui dépasse largement les missions traditionnelles d'un latéral droit.


Hakimi peut évoluer dans son couloir, se recentrer pour participer à la construction ou encore se projeter dans les espaces offensifs. Il lui arrive même de se retrouver dans la surface adverse dans des positions proches de celles d'un attaquant.

Cette liberté repose néanmoins sur une organisation collective précise. Lorsque le Marocain quitte son couloir, ses partenaires adaptent leurs positions pour compenser ses déplacements et préserver l'équilibre défensif.


C'est précisément l'une des différences avec son utilisation en sélection. À Paris, Luis Enrique lui permet d'intervenir dans plusieurs zones du terrain, sans que ses déplacements ne désorganisent systématiquement le collectif.


L'exemple parisien montre ainsi qu'un changement de système n'est pas forcément indispensable pour tirer le meilleur de Hakimi. La répartition des responsabilités et la coordination entre les joueurs sont tout aussi importantes.


De Cafu à Philipp Lahm, des exemples de latéraux libérés par leur sélectionneur

L'histoire du football offre plusieurs exemples de sélectionneurs ayant adapté leur organisation aux qualités offensives de leurs latéraux.


Le Brésil champion du monde en 2002 constitue une illustration intéressante. Sous les ordres de Luiz Felipe Scolari, la Seleção évoluait avec trois défenseurs centraux, permettant à Cafu et Roberto Carlos d'occuper des positions de pistons.


Les deux latéraux bénéficiaient ainsi d'une grande liberté pour multiplier les montées et participer aux offensives, tandis que leurs partenaires assuraient les couvertures nécessaires.


L'Allemagne de Philipp Lahm offre un autre exemple. Lors de la Coupe du monde 2014, Joachim Löw avait initialement utilisé son capitaine au milieu de terrain, avant de le repositionner sur le côté droit de la défense à partir des quarts de finale.


Ce choix illustre la possibilité d'adapter le positionnement d'un joueur polyvalent en fonction des besoins collectifs.


Au-delà des systèmes, ces exemples soulignent surtout l'importance de construire une organisation qui permet aux qualités individuelles de s'exprimer sans compromettre l'équilibre de l'équipe.


Mohamed Ouahbi face à l'équation Hakimi

Pour Mohamed Ouahbi, la question est désormais de savoir comment optimiser l'utilisation du capitaine des Lions de l'Atlas.


Une première possibilité consisterait à adopter une défense à trois, dans un 3-4-3 ou un 3-5-2, avec Hakimi dans le rôle de piston droit.


Une telle organisation lui permettrait de retrouver un environnement tactique proche de ceux qu'il a connus à Dortmund et à l'Inter Milan. Avec trois défenseurs centraux derrière lui, il pourrait disposer de davantage de liberté pour se projeter, multiplier les appels et participer à la construction offensive.


Cette option nécessiterait toutefois des ajustements au milieu de terrain et sur le côté gauche afin de préserver l'équilibre général de l'équipe.


Une deuxième possibilité serait de conserver une défense à quatre, tout en accordant davantage de liberté au latéral parisien dans ses déplacements, à l'image de son rôle sous Luis Enrique.


Cette solution demanderait une coordination précise entre les joueurs, notamment au niveau de la couverture défensive et de l'occupation des espaces laissés libres lorsque Hakimi quitte son couloir.


La question de son positionnement n'est d'ailleurs pas nouvelle. Sous Vahid Halilhodžić, l'international marocain avait déjà connu plusieurs ajustements, notamment lorsqu'il avait été aligné plus haut sur le terrain, au poste d'ailier droit.

Pour Mohamed Ouahbi, l'enjeu ne consiste donc pas simplement à changer de système, mais à trouver la meilleure manière d'intégrer les qualités de son capitaine dans le fonctionnement collectif des Lions de l'Atlas.

Hakimi possède la vitesse, la technique et les capacités de projection pour faire des différences. Reste à déterminer comment lui offrir les conditions nécessaires pour exploiter pleinement ces atouts.

Le Maroc dispose d'un joueur capable de faire basculer une rencontre. Encore faut-il trouver les bons réglages tactiques pour que son influence en sélection soit à la hauteur de celle qu'il exerce au PSG.





Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
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