Trois niveaux d’ambition industrielle
L’analyse publiée sur ScienceDirect propose trois trajectoires : une capacité initiale de 600 tonnes, un palier intermédiaire de 9.305 tonnes et un scénario avancé culminant à 56.160 tonnes. Ce dernier correspond à une intégration industrielle complète, allant du raffinage des métaux à la production de précurseurs cathodiques. L’objectif ; dépasser l’exportation de minerais bruts et capturer davantage de valeur ajoutée.
Métaux stratégiques et chaîne de production
Le Maroc détient 70 % des réserves mondiales de phosphates, ainsi que des ressources en cobalt, manganèse et nickel, essentiels pour les cathodes NMC (nickel-manganèse-cobalt). L’étude souligne que le raffinage constitue le cœur de la stratégie, avec des procédés incluant extraction, concentration, lixiviation et cristallisation pour produire des sulfates métalliques de qualité batterie.
Atouts géographiques et industriels
La proximité avec l’Europe, les infrastructures portuaires et l’écosystème automobile national sont identifiés comme des leviers pour une intégration rapide. L’étude précise que ce développement nécessite des investissements élevés, des transferts technologiques et une coordination industrielle nationale soutenue, afin de sécuriser la production et la livraison vers le marché européen.
Enjeu stratégique pour l’Europe
Le choix du niveau d’intégration conditionnera la place du Maroc dans la filière européenne des batteries. Une montée en puissance vers le scénario maximal permettrait au Royaume de devenir un fournisseur stratégique de matériaux intermédiaires, participant activement à la transition énergétique et à la sécurité des approvisionnements européens.