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Lunettes connectées : après le smartphone et la montre, voici l’assistant qui vous souffle quoi répondre


Rédigé par IA-MAG le Jeudi 26 Mars 2026

Le smartphone dans la poche, la montre santé au poignet, la tablette dans le sac, l’enceinte Bluetooth à la maison. Pour beaucoup d’utilisateurs déjà saturés de technologies, une étape supplémentaire semblait presque inévitable : porter l’assistance numérique directement sur le visage. Avec ses lunettes G2, la société Even Realities pousse cette logique plus loin que les simples notifications visuelles. Le produit promet d’écouter les conversations, de les analyser en temps réel et d’afficher à l’utilisateur des éléments utiles pour répondre, comprendre un terme, traduire une phrase ou ne pas perdre le fil d’un échange. Sur le papier, ce n’est plus un gadget.



C’est un discret copilote social, alors pourquoi pas !

Lunettes connectées : après le smartphone et la montre, voici l’assistant qui vous souffle quoi répondre
La proposition est d’autant plus frappante qu’Even Realities a choisi une voie différente de certains concurrents : pas de caméra apparente, pas de haut-parleurs externes, mais un affichage tête haute intégré dans les verres, associé à plusieurs microphones. L’entreprise met en avant une approche plus sobre, plus portable au quotidien, presque invisible. Les G2 affichent ainsi des fonctions de traduction en direct, de téléprompteur, de navigation, de notifications et surtout une fonction dite de conversation assistée, capable de résumer et contextualiser un échange pendant qu’il se déroule. Les lunettes démarrent à 599 dollars, avec en option une bague connectée R1 à 249 dollars qui facilite le contrôle et ajoute quelques fonctions de suivi santé.

Dit autrement, l’objet répond à une angoisse très contemporaine : être partout, comprendre vite, répondre juste, ne jamais paraître perdu. Réunion, entretien, négociation, conversation en langue étrangère, appel imprévu : les G2 promettent un filet de sécurité cognitif. Là où le smartphone oblige à baisser les yeux et à rompre le contact humain, ces lunettes prétendent faire l’inverse : vous assister sans vous faire sortir de la scène. C’est là leur force commerciale. Elles vendent moins une technologie qu’une sensation de maîtrise. L’idée est simple : rester dans la conversation tout en étant soutenu par l’IA, à bas bruit.

Mais cette promesse ouvre un débat autrement plus sérieux. Car une technologie qui aide à répondre peut aussi aider à simuler l’attention, à compenser une distraction, voire à masquer une absence réelle d’écoute. Un témoignage publié récemment par Tom’s Guide raconte précisément ce glissement : l’auteur explique avoir perdu le fil d’un échange avec sa fiancée avant de se rattraper grâce aux résumés affichés par les G2, sans que son interlocutrice ne s’en aperçoive. L’anecdote est troublante, car elle montre que ces lunettes ne servent pas seulement à mieux comprendre ; elles permettent aussi de mieux dissimuler. L’assistance devient alors une forme de mise en scène relationnelle.

Even Realities tente de désamorcer la critique en insistant sur la discrétion matérielle et sur l’absence de caméra, un choix salué notamment par The Verge. Pourtant, la question éthique ne disparaît pas. Même sans filmer, écouter pour analyser reste une captation. Le problème n’est donc pas seulement la vie privée au sens classique, mais la qualité même de la présence humaine.

Quand une machine souffle la bonne réaction, l’échange reste-t-il totalement authentique ?
Et quand l’utilisateur commence à dépendre de ce soutien, ne risque-t-il pas d’appauvrir peu à peu sa mémoire, son attention ou sa spontanéité ?


Reste enfin la réalité du produit, moins brillante que la démonstration. Des tests récents soulignent le confort, la légèreté, le design discret, l’amélioration de l’affichage et une autonomie annoncée autour de deux jours.

Mais ils pointent aussi des bugs logiciels, des soucis de stabilité, une lisibilité parfois difficile en forte lumière et, surtout, un prix élevé pour un usage qui reste encore celui des pionniers. Les G2 impressionnent, mais elles ne sont pas encore totalement transparentes dans l’expérience quotidienne.

Au fond, les G2 racontent déjà le monde qui vient. Après l’écran dans la main, l’écran dans le regard. Après l’objet connecté, la personne augmentée. La vraie question n’est pas de savoir si ces lunettes sont utiles. Elles le sont, manifestement.

La vraie question est plus inconfortable : à partir de quel moment l’assistance cesse-t-elle d’aider l’humain pour commencer à le remplacer, dans ce qu’il a de plus fragile et de plus précieux : l’attention réelle à l’autre ?

 

​Les Even Realities G2 existent avec verres correcteurs.

Le site officiel permet de choisir des lentes de prescription à la commande, et précise que si vous avez seulement une correction simple de loin, vous pouvez aussi acheter une version non-correctrice. En revanche, si votre ordonnance comporte une valeur ADD ou que vous avez besoin de verres progressifs, la marque indique qu’il faut passer par ses opticiens partenaires pour ces options




Jeudi 26 Mars 2026