1. L’école : Le principal coupable d’un système déshumanisé ?
Si tant d’élèves se retrouvent aujourd’hui dans des filières qui ne leur ressemblent pas, c’est parce que l’institution scolaire a échoué dans sa mission la plus noble : la sensibilisation et l’éveil des consciences.
L’école ne devrait pas être un simple distributeur de diplômes, mais un véritable laboratoire où l’on aide l’enfant à découvrir ses forces. Malheureusement, la réalité est tout autre.
Certes, on ne peut ignorer les efforts récents de digitalisation au Maroc, notamment avec l’implantation de plateformes comme Tawjihi. Mais ce progrès reste une illusion si le fond ne change pas. On bombarde les lycéens de questionnaires interminables, souvent complexes et répétitifs.
Face à cet écran froid, l’étudiant, fatigué par la pression du Bac, finit par répondre n'importe quoi, juste pour « terminer la fiche » et passer à autre chose.
Comment peut-on croire qu'un algorithme, aussi perfectionné soit-il, peut décider du destin d'un jeune de 17 ans sur la base de quelques clics nés de l'ennui ? Ces formulaires ne sont pas des évaluateurs fiables ; ce sont des barrières bureaucratiques de plus.
Ce qui manque cruellement au système marocain, c’est l’accompagnement humain.
Une plateforme ne peut pas remplacer le dialogue, l’empathie et l’analyse fine d’un parcours. Avant de forcer un élève à remplir une fiche électronique, il faudrait d’abord lui apprendre à se connaître. L’orientation ne devrait pas être la « phase finale » que l’on traite en urgence avant les examens, mais un processus continu de sensibilisation.
L’élève a besoin d'un mentor, pas d'un simple code d'accès à un site internet. Sans cet échange humain, le clic sur la fiche d’orientation restera un acte de hasard, un saut dans l’inconnu qui mène trop souvent au mur.
L’école ne devrait pas être un simple distributeur de diplômes, mais un véritable laboratoire où l’on aide l’enfant à découvrir ses forces. Malheureusement, la réalité est tout autre.
Certes, on ne peut ignorer les efforts récents de digitalisation au Maroc, notamment avec l’implantation de plateformes comme Tawjihi. Mais ce progrès reste une illusion si le fond ne change pas. On bombarde les lycéens de questionnaires interminables, souvent complexes et répétitifs.
Face à cet écran froid, l’étudiant, fatigué par la pression du Bac, finit par répondre n'importe quoi, juste pour « terminer la fiche » et passer à autre chose.
Comment peut-on croire qu'un algorithme, aussi perfectionné soit-il, peut décider du destin d'un jeune de 17 ans sur la base de quelques clics nés de l'ennui ? Ces formulaires ne sont pas des évaluateurs fiables ; ce sont des barrières bureaucratiques de plus.
Ce qui manque cruellement au système marocain, c’est l’accompagnement humain.
Une plateforme ne peut pas remplacer le dialogue, l’empathie et l’analyse fine d’un parcours. Avant de forcer un élève à remplir une fiche électronique, il faudrait d’abord lui apprendre à se connaître. L’orientation ne devrait pas être la « phase finale » que l’on traite en urgence avant les examens, mais un processus continu de sensibilisation.
L’élève a besoin d'un mentor, pas d'un simple code d'accès à un site internet. Sans cet échange humain, le clic sur la fiche d’orientation restera un acte de hasard, un saut dans l’inconnu qui mène trop souvent au mur.
2. Le poids des mythes : L’histoire d’une renaissance contre les rumeurs
La « mal-orientation » ne vient pas seulement de l'administration ; elle prend racine dans les rumeurs de couloir et les préjugés qui circulent entre les familles et les élèves. L’exemple de mon amie est, à ce titre, une véritable leçon de courage.
Terrifiée par le mythe persistant au Maroc selon lequel la filière « Économie et Gestion » serait d’une difficulté insurmontable, elle a fini par céder à la peur. Elle s’est forcée à choisir les « Sciences de la Vie et de la Terre » (SVT), non par passion, mais par défaut, pensant que c'était une voie plus "sûre".
Le résultat fut catastrophique : passer ses journées à étudier des matières qui ne l'intéressaient pas a fini par éteindre sa motivation. Elle a vécu une année de souffrance, de doutes et a finalement connu l’échec. Pour beaucoup, cet échec aurait été la fin du chemin, mais pour elle, ce fut un signal d'alarme.
Elle a eu le courage immense de faire marche arrière pour revenir vers sa vocation initiale : l'économie.
Et là, le miracle de la bonne orientation s'est produit. Libérée du poids d'une filière imposée, elle n’a pas seulement réussi : elle a excellé. Elle a décroché son Bac avec une mention d'excellence, prouvant que la "difficulté" d'une matière n'est qu'une question d'intérêt et d'affinité.
Son parcours après le Bac fut une suite de victoires : elle est devenue major de sa promotion, dominant un domaine où on lui avait prédit l'échec. Aujourd'hui, elle termine son Master avec brio tout en occupant déjà un poste de responsable commerciale. Son histoire nous enseigne une vérité fondamentale : un mauvais choix, dicté par les mythes sociaux, peut briser la confiance d'un étudiant et le faire passer pour un "élève médiocre".
Mais une réorientation courageuse peut transformer ce même élève en un leader dans son domaine. Le talent ne meurt pas, il attend juste d'être placé dans la bonne filière.
Terrifiée par le mythe persistant au Maroc selon lequel la filière « Économie et Gestion » serait d’une difficulté insurmontable, elle a fini par céder à la peur. Elle s’est forcée à choisir les « Sciences de la Vie et de la Terre » (SVT), non par passion, mais par défaut, pensant que c'était une voie plus "sûre".
Le résultat fut catastrophique : passer ses journées à étudier des matières qui ne l'intéressaient pas a fini par éteindre sa motivation. Elle a vécu une année de souffrance, de doutes et a finalement connu l’échec. Pour beaucoup, cet échec aurait été la fin du chemin, mais pour elle, ce fut un signal d'alarme.
Elle a eu le courage immense de faire marche arrière pour revenir vers sa vocation initiale : l'économie.
Et là, le miracle de la bonne orientation s'est produit. Libérée du poids d'une filière imposée, elle n’a pas seulement réussi : elle a excellé. Elle a décroché son Bac avec une mention d'excellence, prouvant que la "difficulté" d'une matière n'est qu'une question d'intérêt et d'affinité.
Son parcours après le Bac fut une suite de victoires : elle est devenue major de sa promotion, dominant un domaine où on lui avait prédit l'échec. Aujourd'hui, elle termine son Master avec brio tout en occupant déjà un poste de responsable commerciale. Son histoire nous enseigne une vérité fondamentale : un mauvais choix, dicté par les mythes sociaux, peut briser la confiance d'un étudiant et le faire passer pour un "élève médiocre".
Mais une réorientation courageuse peut transformer ce même élève en un leader dans son domaine. Le talent ne meurt pas, il attend juste d'être placé dans la bonne filière.
3. Le fossé entre le Bac et le "monde réel" : L'illusion du diplôme généraliste
L'un des plus grands pièges du système marocain réside dans la rupture brutale qui survient juste après l'obtention du Baccalauréat. Pendant des années, on habitue l'élève à un enseignement généraliste, théorique et souvent déconnecté des réalités économiques.
Puis, du jour au lendemain, on lui demande de choisir une spécialité "post-Bac" ultra-pointue. C'est un saut dans le vide sans parachute.
Le problème majeur est la confusion totale entre "étudier une matière" et "exercer une profession". Personne n'apprend aux lycéens cette nuance pourtant vitale : aimer les SVT ne signifie pas forcément vouloir passer sa vie dans un laboratoire ou dans un hôpital.
Apprécier les mathématiques ne veut pas dire qu'on s'épanouira dans la finance ou la comptabilité. L'école nous enseigne le "quoi" (le contenu), mais elle oublie le "comment" (le métier au quotidien).
Cette déconnexion mène directement à une crise d'adéquation entre la formation et le marché du travail.
Aujourd'hui, le Maroc évolue vite : les secteurs de l'industrie automobile, de l'aéronautique, des énergies renouvelables et du digital recrutent massivement. Pourtant, des milliers d'étudiants continuent de s'engager dans des filières saturées, simplement parce qu'ils ne connaissent pas les besoins réels des entreprises.
Ils se forment pour des métiers qui n'existent plus ou qui sont en surpopulation, tandis que les nouveaux métiers du futur restent boudés faute d'information.
Le résultat est un immense gâchis de compétences.
On se retrouve avec des diplômés qui ont accumulé des savoirs théoriques mais qui ne possèdent pas les "soft skills" (compétences douces) ou l'expertise technique demandée par le marché.
L'orientation ne doit plus seulement être académique ; elle doit devenir économique. Tant que l'école ne fera pas entrer le monde de l'entreprise dans les salles de classe, le fossé continuera de se creuser, laissant des générations d'étudiants avec un diplôme en main, mais sans boussole pour le futur.
Puis, du jour au lendemain, on lui demande de choisir une spécialité "post-Bac" ultra-pointue. C'est un saut dans le vide sans parachute.
Le problème majeur est la confusion totale entre "étudier une matière" et "exercer une profession". Personne n'apprend aux lycéens cette nuance pourtant vitale : aimer les SVT ne signifie pas forcément vouloir passer sa vie dans un laboratoire ou dans un hôpital.
Apprécier les mathématiques ne veut pas dire qu'on s'épanouira dans la finance ou la comptabilité. L'école nous enseigne le "quoi" (le contenu), mais elle oublie le "comment" (le métier au quotidien).
Cette déconnexion mène directement à une crise d'adéquation entre la formation et le marché du travail.
Aujourd'hui, le Maroc évolue vite : les secteurs de l'industrie automobile, de l'aéronautique, des énergies renouvelables et du digital recrutent massivement. Pourtant, des milliers d'étudiants continuent de s'engager dans des filières saturées, simplement parce qu'ils ne connaissent pas les besoins réels des entreprises.
Ils se forment pour des métiers qui n'existent plus ou qui sont en surpopulation, tandis que les nouveaux métiers du futur restent boudés faute d'information.
Le résultat est un immense gâchis de compétences.
On se retrouve avec des diplômés qui ont accumulé des savoirs théoriques mais qui ne possèdent pas les "soft skills" (compétences douces) ou l'expertise technique demandée par le marché.
L'orientation ne doit plus seulement être académique ; elle doit devenir économique. Tant que l'école ne fera pas entrer le monde de l'entreprise dans les salles de classe, le fossé continuera de se creuser, laissant des générations d'étudiants avec un diplôme en main, mais sans boussole pour le futur.
Ma méthode : L'enquête de terrain plutôt que le hasard
Contrairement à beaucoup de mes camarades qui attendaient passivement une révélation dans le bureau du conseiller, j'ai compris très tôt que personne ne choisirait mieux pour moi que moi-même.
À l'époque, alors que j'étais encore en Tronc Commun, j'ai décidé de mener ma propre enquête, loin des brochures officielles et des discours théoriques.
J'ai pris l'initiative d'aller à la rencontre d'étudiants déjà engagés dans les différentes filières du Bac.
Je ne voulais pas savoir si les matières étaient « faciles » ou « difficiles » selon les professeurs, je voulais connaître la réalité vécue par les élèves. J'ai passé des heures à discuter avec des amis en Sciences Physiques, en SVT, en Économie et en Lettres. Je leur posais des questions concrètes.
Cette immersion m'a permis de comparer les filières de l'intérieur, d'évaluer les différences de mentalités et de méthodes de travail entre chaque branche. C’est grâce à cette analyse comparative et humaine que j'ai pu faire un choix aligné avec ma personnalité.
Ce n’était plus une case cochée par peur du futur, mais une décision fondée sur des témoignages réels. Si j'ai réussi mon parcours, c'est parce que j'ai refusé d'être un simple spectateur de mon orientation ; j'en ai été l'enquêteur principal.
À l'époque, alors que j'étais encore en Tronc Commun, j'ai décidé de mener ma propre enquête, loin des brochures officielles et des discours théoriques.
J'ai pris l'initiative d'aller à la rencontre d'étudiants déjà engagés dans les différentes filières du Bac.
Je ne voulais pas savoir si les matières étaient « faciles » ou « difficiles » selon les professeurs, je voulais connaître la réalité vécue par les élèves. J'ai passé des heures à discuter avec des amis en Sciences Physiques, en SVT, en Économie et en Lettres. Je leur posais des questions concrètes.
Cette immersion m'a permis de comparer les filières de l'intérieur, d'évaluer les différences de mentalités et de méthodes de travail entre chaque branche. C’est grâce à cette analyse comparative et humaine que j'ai pu faire un choix aligné avec ma personnalité.
Ce n’était plus une case cochée par peur du futur, mais une décision fondée sur des témoignages réels. Si j'ai réussi mon parcours, c'est parce que j'ai refusé d'être un simple spectateur de mon orientation ; j'en ai été l'enquêteur principal.
Message Final : À ma sœur et aux bacheliers
Pour finir, je m'adresse à toi qui es aujourd'hui en 2ème année de Bac, et tout particulièrement à ma petite sœur : ne laisse pas le stress dévorer ton énergie. Nous sommes des milliers à être passés par ces nuits blanches, ces doutes et cette pression constante de l'examen final. Mais n'oublie jamais que le Bac n'est qu'une clé, pas la destination.
Mon conseil extrait de mon expérience : Soyez attentifs, mais ne vous stressez pas inutilement. Réviser calmement et avec méthode est plus efficace que de travailler dans la panique.
Surtout, ne choisissez pas une voie pour plaire à la société ou par peur de la distance géographique. Soyez curieux, posez des questions à ceux qui ont déjà fait le chemin avant vous, et rappelez-vous que la vie est faite de réajustements.
Le succès ne dépend pas de la "vitesse" à laquelle on avance, mais de la justesse de la direction que l'on prend.
Concentrez-vous, respirez, et gardez confiance en votre capacité à rebondir, peu importe le choix que vous ferez demain.
Par Hajar RAFI.
Mon conseil extrait de mon expérience : Soyez attentifs, mais ne vous stressez pas inutilement. Réviser calmement et avec méthode est plus efficace que de travailler dans la panique.
Surtout, ne choisissez pas une voie pour plaire à la société ou par peur de la distance géographique. Soyez curieux, posez des questions à ceux qui ont déjà fait le chemin avant vous, et rappelez-vous que la vie est faite de réajustements.
Le succès ne dépend pas de la "vitesse" à laquelle on avance, mais de la justesse de la direction que l'on prend.
Concentrez-vous, respirez, et gardez confiance en votre capacité à rebondir, peu importe le choix que vous ferez demain.
Par Hajar RAFI.