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Mariage des mineures : les chiffres baissent, le problème résiste


Rédigé par La Rédaction le Jeudi 30 Juillet 2026

Le chiffre reste difficile à regarder en face. En 2024, les tribunaux marocains ont reçu 16.755 demandes d'autorisation de mariage impliquant des personnes mineures, selon les données attribuées au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. D'autres publications évoquent 16.985 dossiers pour la même année, signe que les périmètres statistiques doivent encore être clarifiés. Une certitude demeure : plus de 10.000 demandes auraient été acceptées.



La tendance est en recul.

Mariage des mineures : les chiffres baissent, le problème résiste

En 2019, environ 32.000 demandes avaient été enregistrées, avec un taux d'acceptation dépassant alors 80 %. Mais une baisse statistique ne signifie pas que le phénomène est devenu marginal.

   

Elle montre surtout que le mariage des mineures demeure solidement enraciné dans certaines réalités familiales, économiques et territoriales. Dans les zones rurales ou défavorisées, la sortie précoce de l'école, la précarité, l'isolement géographique et la pression sociale peuvent encore transformer le mariage en fausse solution.

   

Le juge se retrouve alors devant une situation déjà préparée par les familles, parfois présentée comme inévitable. L'exception prévue par la loi finit par fonctionner comme une porte régulièrement empruntée.


La réforme du Code de la famille sera donc jugée sur un point très concret : parviendra-t-elle à réduire réellement le recours aux dérogations ?

L'interdiction juridique, seule, ne suffira pas. Il faudra maintenir les filles à l'école, protéger les familles vulnérables et donner aux adolescentes une perspective économique crédible.

   

Derrière chaque dossier, il ne s'agit pas seulement d'un mariage. Il s'agit d'une enfance qui risque de se terminer trop tôt.





Jeudi 30 Juillet 2026