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Maroc 2025 : entre réformes, rayonnement et impatiences sociales


Rédigé par le Vendredi 2 Janvier 2026

L’année 2025 a agi comme un révélateur des tensions et ambitions au Maroc. Entre réformes institutionnelles, succès diplomatiques, attractivité touristique et investissements stratégiques, le pays a également été confronté à une montée d’attentes sociales et à des événements climatiques qui rappellent sa vulnérabilité.



Janvier : réformes et affirmation identitaire

Maroc 2025 : entre réformes, rayonnement et impatiences sociales

Le début de l’année est marqué par un agenda législatif dense. Des textes touchant à la réorganisation judiciaire, à la santé publique et aux professions réglementées sont adoptés, confirmant la volonté de moderniser les institutions. Parallèlement, la célébration du Nouvel An amazigh, désormais férié officiel, traduit une reconnaissance de la pluralité identitaire du Royaume.

 


Février : ambitions industrielles et tourisme

Le Maroc affiche ses ambitions économiques. La signature d’un contrat ferroviaire de 1,53 milliard de dollars avec Hyundai Rotem illustre la montée en puissance du secteur industriel et la projection du Royaume comme hub logistique régional.

Sur le plan touristique, plus de 1,2 million de visiteurs dès janvier soulignent l’attractivité du pays, mais ravivent le débat sur les tensions entre développement économique et qualité de vie locale.

 


Mars-Avril : montée des impatiences sociales

Les signaux d’insatisfaction sociale se font plus audibles. Étudiants, jeunes diplômés et précaires se mobilisent sur fond de difficultés d’accès au logement et à l’emploi, relayés par les réseaux sociaux. Ces premières contestations annoncent les mouvements plus massifs à venir.

 


Juin à août : vitrine culturelle et afflux touristique

L’été confirme le Maroc comme destination culturelle et touristique majeure. Avec 13,5 millions de visiteurs à fin août et un flux estival de 4,6 millions, le pays affiche un dynamisme sans précédent, intégrant à la fois les touristes internationaux et les Marocains résidant à l’étranger.

 


Septembre : la jeunesse s’impose

À l’automne, la Gen Z 212 se mobilise dans plusieurs villes, exprimant un ras-le-bol face à la précarité et aux inégalités dans les services publics. Ces manifestations, parmi les plus importantes depuis 2011, imposent les revendications sociales dans l’agenda national et conduisent les autorités à annoncer des mesures réformatrices.

 


Octobre-Novembre : diplomatie et développement industriel

Sur le plan international, le Maroc obtient un soutien renforcé à sa proposition d’autonomie pour le Sahara à l’ONU. La commémoration du cinquantenaire de la Marche verte s’inscrit dans ce contexte d’affirmation souveraine. Dans le même temps, le lancement du complexe industriel de moteurs d’avions du Groupe Safran à Nouaceur illustre la montée en puissance technologique du Royaume.

 


Décembre : sport et vulnérabilités révélées

Le Maroc accueille la CAN 2025, démontrant sa capacité à organiser de grands événements sportifs et à moderniser ses infrastructures. Mais des inondations meurtrières à Safi rappellent les fragilités du territoire face aux aléas climatiques, soulignant la nécessité de renforcer la prévention et la résilience.

 


Bilan de l’année : tensions fécondes

2025 apparaît comme une année de mise en tension : d’un côté, des réformes, des succès diplomatiques et une attractivité économique et touristique ; de l’autre, une impatience sociale croissante portée par une jeunesse exigeante et la fragilité de certaines infrastructures face aux risques naturels.





Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 2 Janvier 2026