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Maroc : 5,2 % de croissance en 2026… mais pourquoi une partie des Marocains ne la ressent-elle toujours pas ?


Rédigé par La rédaction le Lundi 17 Août 2026



Sur le papier, le chiffre est excellent.

Maroc : 5,2 % de croissance en 2026… mais pourquoi une partie des Marocains ne la ressent-elle toujours pas ?
Dans son rapport sur les perspectives économiques arabes 2026 publié fin juillet, le Fonds monétaire arabe prévoit une croissance de 5,2 % pour l’économie marocaine cette année.

La prévision mérite toutefois d’être replacée dans son contexte. Les estimations diffèrent sensiblement selon les institutions : la Banque mondiale prévoit actuellement 4,2 % pour 2026, tandis que les projections du FMI ont évolué au fil de l’année selon les scénarios et mises à jour retenus.

Mais au fond, 4,2 %, 4,9 % ou 5,2 % ne changent pas la question politique essentielle.

Pourquoi une croissance aussi robuste peut-elle coexister avec le sentiment, chez une partie de la population, que la situation quotidienne reste difficile ?

Parce que croissance du PIB et amélioration du niveau de vie ne sont pas exactement la même chose.

Le PIB mesure la valeur supplémentaire créée par l’économie. Il ne dit pas automatiquement comment cette valeur est distribuée, combien d’emplois elle crée, quels salaires elle produit ni dans quelles régions elle se concentre.

Une économie peut donc croître fortement grâce aux infrastructures, à l’investissement, au tourisme, à l’industrie ou à une bonne campagne agricole sans que tous les ménages ressentent simultanément l’amélioration.

Le FMI lui-même souligne que le chômage demeure un défi important pour le Maroc malgré la solidité de la croissance.

C’est particulièrement vrai pour les jeunes.

Lorsque le PIB progresse mais qu’un diplômé reste sans emploi, son indicateur personnel de croissance demeure à zéro.

Lorsque les investissements augmentent mais que le logement, le transport ou certaines dépenses quotidiennes absorbent une part importante du revenu, le sentiment de prospérité reste faible.

C’est là que se joue désormais une bataille décisive pour le modèle marocain.

Le pays a largement démontré qu’il savait construire des infrastructures, attirer des industriels, développer ses ports et accélérer l’investissement.

La prochaine étape consiste à transformer davantage cette croissance en emplois de qualité, progression des revenus, mobilité sociale et amélioration perceptible des services publics.

Autrement dit : passer de la croissance comptable à la croissance ressentie.

Car le véritable succès économique ne se mesurera pas uniquement à la vitesse à laquelle augmente le PIB. Il se mesurera au moment où un citoyen pourra regarder les chiffres officiels et répondre : « Oui, cette croissance, je la vois aussi dans ma vie. »




Lundi 17 Août 2026