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Maroc–Allemagne : échanges record à 7,37 Mds€ portés par l’automobile et l’industrie


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 24 Février 2026

Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Allemagne franchissent un cap historique en 2025. Tirés par l’industrie automobile, les équipements industriels et l’intégration croissante du Royaume dans les chaînes de valeur européennes, ils confirment un partenariat économique qui change d’échelle.



Maroc–Allemagne : échanges record à 7,37 Mds€ portés par l’automobile et l’industrie

Selon les données préliminaires publiées par l’Office fédéral de la statistique allemand (Destatis), les échanges commerciaux entre Rabat et Berlin ont atteint 7,37 milliards d’euros en 2025, un niveau inédit. La progression est nette : environ 4,9 milliards d’euros en 2022, puis 6,5 milliards en 2024, avant ce nouveau sommet. Cette trajectoire ascendante traduit un approfondissement continu des relations économiques entre les deux pays.
 

L’Allemagne a exporté vers le Maroc pour près de 3,9 milliards d’euros, confirmant la place du Royaume parmi ses partenaires commerciaux hors Union européenne. Le Maroc gagne ainsi deux positions dans le classement des destinations des exportations allemandes, passant de la 51e à la 49e place mondiale. Ce mouvement, discret mais significatif, reflète la confiance croissante de la première économie européenne envers le marché marocain, désormais perçu comme une base industrielle crédible et une plateforme d’exportation vers l’Europe et l’Afrique.
 

Dans le détail, les exportations allemandes restent dominées par les véhicules et pièces détachées, les machines industrielles, les équipements mécaniques, ainsi que les produits chimiques et électriques. En sens inverse, les exportations marocaines ont atteint 3,47 milliards d’euros, confirmant la diversification progressive de l’offre nationale.
 

Cette dynamique est particulièrement visible dans l’automobile. L’Allemagne importe des volumes croissants de véhicules assemblés au Maroc, mais aussi des faisceaux de câbles électriques, composants devenus indispensables à l’industrie automobile européenne. À cela s’ajoutent le textile technique et certains produits agricoles, qui maintiennent leur présence tout en cédant progressivement le premier rôle aux industries à plus forte valeur ajoutée.
 

La balance commerciale demeure légèrement favorable à l’Allemagne, avec un excédent estimé à environ 430 millions d’euros. Mais l’écart se réduit. Les exportations marocaines progressent plus vite, notamment dans l’électronique automobile et les composants industriels, contribuant à atténuer un déséquilibre historique.
 

Au classement global des partenaires commerciaux de l’Allemagne, le Maroc consolide sa présence parmi les 60 partenaires les plus importants et figure parmi les principaux partenaires africains aux côtés de l’Afrique du Sud et de l’Égypte. À l’échelle nord-africaine, la progression marocaine apparaît plus rapide que la moyenne régionale.
 

Cette accélération s’explique aussi par les investissements industriels allemands au Maroc, notamment dans l’automobile et les technologies liées à la transition énergétique, dont l’hydrogène vert. Pour plusieurs groupes industriels, le Royaume combine proximité géographique, stabilité institutionnelle et compétitivité industrielle.
 

Au-delà des chiffres, un changement de nature s’opère : le commerce bilatéral ne repose plus principalement sur les matières premières ou les produits agricoles. Il s’oriente désormais vers des échanges industriels complexes, intégrés aux chaînes de valeur européennes. Dans les zones industrielles de Tanger ou de Kénitra, ce basculement est déjà visible : ingénieurs, techniciens et opérateurs travaillent sur des composants destinés directement aux marchés européens.
 

Le record de 2025 n’est pas seulement un jalon statistique. Il confirme l’ancrage industriel du Maroc dans l’économie européenne et renforce sa crédibilité comme hub productif au sud de la Méditerranée. Reste à transformer cet élan en montée en gamme durable — un défi à la hauteur des ambitions économiques du Royaume.





Mardi 24 Février 2026