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Maroc–Canada : gagner, c'est gagner… et les grandes équipes savent aussi souffrir


Rédigé par le Dimanche 5 Juillet 2026



Maroc–Canada : gagner, c'est gagner… et les grandes équipes savent aussi souffrir
Il y a les victoires qui enthousiasment. Et il y a celles qui enseignent. Le succès du Maroc face au Canada (3-0) appartient à la deuxième catégorie. Le score est large, presque confortable. Pourtant, il ne raconte pas toute l'histoire du match.

Pendant une bonne partie de la première mi-temps, les Lions de l'Atlas ont semblé inhabituels. Moins précis dans les transmissions, parfois hésitants dans les sorties de balle, rarement capables d'imposer le rythme qui avait fait leur force face aux Pays-Bas. Le Canada, fidèle à son identité athlétique, a pressé haut, multiplié les courses et donné le sentiment de pouvoir faire douter le Maroc.

C'est justement dans ces moments-là que l'on mesure la maturité d'une équipe.

Pendant longtemps, le Maroc était une sélection qui devait absolument bien jouer pour espérer gagner. Aujourd'hui, il découvre une autre dimension : **celle des équipes capables de gagner même lorsqu'elles ne maîtrisent pas totalement leur football.**

La première mi-temps n'a pas été brillante. Mais elle a révélé une qualité devenue essentielle : la solidité défensive. Les Lions ont accepté de subir certaines séquences sans paniquer. Les lignes sont restées compactes, les duels ont été remportés au bon moment et, surtout, personne n'a perdu le fil du plan de jeu.

Cette résistance a changé le visage de la rencontre.

Car une fois revenus des vestiaires, les Marocains ont retrouvé davantage de mobilité, de justesse technique et de confiance. Les espaces se sont ouverts. Le ballon a circulé plus vite. Les occasions sont devenues plus nombreuses. Les buts ont fini par arriver, récompensant une équipe qui avait su attendre son heure.

C'est probablement la plus grande évolution de cette sélection : elle ne cherche plus à gagner le match dans les vingt premières minutes. Elle accepte désormais que certaines rencontres se construisent lentement, presque patiemment.

Le 3-0 pourrait laisser croire à une domination totale. Ce serait une lecture trompeuse. Ce quart de finale s'est d'abord gagné par la discipline, par la patience et par une défense capable de tenir lorsque le jeu offensif tarde à se mettre en place.

C'est une excellente nouvelle avant d'affronter la France.

Les Bleus, eux aussi, viennent de se qualifier sur un match fermé, remporté 1-0 contre le Paraguay. Les deux équipes arrivent donc en quart de finale avec un point commun inattendu : elles n'ont pas séduit pendant quatre-vingt-dix minutes, mais elles ont gagné avec autorité.

Au fond, le véritable enseignement de cette journée est peut-être celui-ci : les grandes équipes ne sont pas celles qui brillent tout le temps. Ce sont celles qui savent survivre à leurs temps faibles.

Le Maroc a longtemps cherché à séduire le monde. Désormais, il apprend une qualité encore plus précieuse : gagner sans être parfait.

Et dans une Coupe du monde, c'est souvent cette qualité-là qui ouvre les portes des très grandes aventures.




Dimanche 5 Juillet 2026