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Maroc - Centrafrique : signature d’un mémorandum pour renforcer la justice


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 26 Mars 2026

À Rabat, un mémorandum de coopération judiciaire a été signé entre le Maroc et la République centrafricaine, marquant une étape significative dans le renforcement de l’État de droit et de l’accès à la justice. Au cœur de ce partenariat, la formation des magistrats, le partage d’expertise et l’amélioration des mécanismes de gouvernance promettent une dynamique nouvelle entre les deux pays africains.



Maroc - Centrafrique : signature d’un mémorandum pour renforcer la justice

Le mémorandum signé mercredi à Rabat par le ministre de la Justice marocain, Abdellatif Ouahbi, et son homologue centrafricain, Abazene Arnaud Djoubaye, se veut plus qu’un simple acte symbolique. Il pose les bases d’une coopération judiciaire structurée qui engage les deux pays à travailler de façon concertée pour moderniser leurs institutions et faire progresser l’accès à la justice pour tous.
 

Ce cadre institutionnel vise notamment à faciliter l’échange d’expertises et à renforcer les capacités humaines à travers des programmes ciblés de formation des magistrats et des cadres administratifs. Les autorités ont ainsi exprimé la volonté de s’inspirer des bonnes pratiques existantes, favorisant une justice plus efficace et mieux adaptée aux défis actuels.
 

L’un des axes les plus remarqués de ce partenariat concerne les modes alternatifs de règlement des différends, tels que la médiation et l’arbitrage. Dans un contexte où les juridictions sont souvent surchargées, ces approches représentent des outils pragmatiques pour désengorger les tribunaux et apporter une justice plus rapide et accessible. Un chef de juridiction marocain présent lors de la cérémonie a confié, à demi‑mot, que « ces approches changent la donne pour des citoyens qui attendent trop longtemps une réponse judiciaire ».
 

Au‑delà des aspects techniques, le mémorandum met un accent particulier sur l’amélioration de l’accès à la justice pour les catégories vulnérables, en particulier les femmes et les enfants. Ce point est significatif dans un contexte africain où ces populations font souvent face à des difficultés spécifiques pour faire valoir leurs droits. Le ministre centrafricain a souligné que ce partenariat devait contribuer à consolider une justice inclusive, qui ne laisse personne de côté.
 

La coopération couvre aussi des domaines pratiques comme l’organisation administrative et financière des juridictions, le partage d’expertises en matière de logistique judiciaire, ainsi que l’application des conventions internationales, dont celles de La Haye. Une instance de coordination et de suivi sera mise en place pour veiller à la mise en œuvre réelle des engagements pris.
 

Abdellatif Ouahbi a par ailleurs annoncé que d’autres étapes étaient prévues, notamment une réunion en juin prochain qui ouvrira la voie à de futurs accords relatifs à la coopération civile et pénale, ainsi qu’à des programmes de digitalisation de la justice. Cette dimension numérique, souvent citée comme un levier d’efficacité, est perçue comme essentielle pour rapprocher les citoyens de leurs droits et réduire les délais de traitement des affaires.
 

Ce mémorandum reflète la profondeur des relations entre le Maroc et la République centrafricaine et illustre une volonté de consolider des partenariats africains basés sur la confiance et le partage de savoir‑faire. Pour les observateurs, il représente une démarche pragmatique qui va au‑delà de la simple diplomatie : elle mise sur des résultats concrets pour renforcer l’État de droit à travers l’échange d’expertise, la formation continue et une meilleure gouvernance judiciaire.


Alors que les sociétés africaines aspirent à davantage d’efficacité et d’équité, ce mémorandum donne une impulsion forte à une coopération judiciaire durable, capable de porter l’accès à la justice au service du développement humain et social.





Jeudi 26 Mars 2026