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Maroc–Côte d’Ivoire : le commerce international au cœur d’un partenariat à relancer


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 25 Mars 2026

À Abidjan, le Maroc relance le tempo. Derrière les réunions officielles, une ambition claire : transformer une relation déjà solide en levier économique plus concret, plus équilibré… et surtout plus stratégique.



Maroc–Côte d’Ivoire : le commerce international au cœur d’un partenariat à relancer

Il y a parfois, dans ces déplacements officiels, quelque chose de très codifié. Des poignées de main, des discours bien rodés. Mais à Abidjan, mardi, le ton semblait légèrement différent. Plus direct. Presque pressé.
 

Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, n’est pas venu pour entretenir la relation. Il est venu l’accélérer.
 

Cette visite s’inscrit dans la mise en œuvre du programme du commerce extérieur 2025-2027. Objectif affiché : renforcer les échanges et stimuler l’investissement entre le Maroc et la Côte d’Ivoire. Mais, en filigrane, un autre enjeu apparaît corriger un déséquilibre latent et exploiter un potentiel encore largement sous-utilisé.
 

Dans les couloirs de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, comme au CEPICI ou à Côte d’Ivoire Export, les discussions ont été franches. Comment faire mieux ? Comment faire plus ?
 

Le cadre, lui, est déjà posé. Et il est solide. Porté par la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du Président Alassane Ouattara, l’axe Rabat-Abidjan s’est imposé, au fil des années, comme une référence en matière de coopération Sud-Sud. Une coopération qui ne se limite plus aux intentions, mais qui cherche désormais des résultats mesurables.
 

Dans son intervention, Omar Hejira a rappelé l’essentiel : oui, les relations sont historiques. Oui, elles reposent sur la confiance et la solidarité. Mais cela ne suffit plus.
 

Les échanges commerciaux progressent, certes. Ils témoignent d’une dynamique réelle. Pourtant, ils restent en deçà des capacités des deux économies. C’est là que le discours change. Plus question de se satisfaire de la tendance.
 

Diversifier l’offre exportable marocaine. Identifier de nouveaux créneaux. Et surtout, rééquilibrer les flux. Le mot n’est pas anodin.
 

Car derrière la coopération, il y a aussi une réalité économique : pour durer, un partenariat doit être mutuellement bénéfique. Les responsables ivoiriens ne s’y trompent pas. Ils saluent l’implication marocaine dans le développement économique local, tout en appelant à aller plus loin, notamment dans des secteurs stratégiques.
 

Autre levier évoqué : la ZLECAf. Pour Rabat comme pour Abidjan, elle représente bien plus qu’un cadre théorique. C’est un test grandeur nature. Celui d’un marché africain intégré, opérationnel, et capable de retenir davantage de valeur sur le continent.
 

Reste à transformer l’essai.
 

Car entre le potentiel et sa concrétisation, il y a toujours cette zone grise. Celle où se jouent les arbitrages, les investissements réels, les choix industriels. Et c’est précisément là que se situe, aujourd’hui, le vrai défi de l’axe Rabat-Abidjan.


Au fond, la question n’est plus de savoir si le partenariat fonctionne. Il fonctionne déjà. La vraie interrogation est ailleurs : à quelle vitesse les deux pays seront capables de passer à l’échelle supérieure.





Mercredi 25 Mars 2026