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Maroc–Émirats : deux accords ouvrent la voie à une coopération bancaire et de paiement renforcée

Jusqu’où les accords entre Bank Al-Maghrib et la Banque centrale des Émirats peuvent-ils faciliter les échanges financiers ?


Rédigé par le Lundi 5 Octobre 2026

Bank Al-Maghrib et la Banque centrale des Émirats arabes unis ont signé deux mémorandums d’entente portant notamment sur la supervision bancaire, la finance islamique et l’interconnexion des infrastructures de paiement. Les accords créent un cadre de coopération entre les deux banques centrales mais ne signifient pas qu’un nouveau système de paiement Maroc–Émirats est déjà opérationnel. Leur portée concrète dépendra désormais des travaux techniques, réglementaires et institutionnels engagés dans leur prolongement.



Deux mémorandums signés à Abou Dhabi

Maroc–Émirats : deux accords ouvrent la voie à une coopération bancaire et de paiement renforcée
La Banque centrale des Émirats arabes unis, CBUAE, a annoncé le 3 octobre la signature de deux mémorandums d’entente avec Bank Al-Maghrib. Les textes ont été signés à Abou Dhabi par les gouverneurs Khaled Mohamed Balama et Abdellatif Jouahri.

Le premier volet concerne le renforcement de la coopération en matière de réglementation et de supervision bancaire ainsi que la finance islamique.

Le second porte sur l’interconnexion des systèmes de paiement et de messagerie financière ainsi que sur plusieurs sujets liés à l’innovation financière.

Le terme « mémorandum d’entente » est déterminant. Il décrit un cadre institutionnel de coopération et non le lancement immédiat d’un nouveau service bancaire pour le public.

​Supervision bancaire : davantage d’échanges entre régulateurs

Sur le plan prudentiel, les accords doivent faciliter l’échange d’informations concernant les banques et institutions financières, la coordination entre superviseurs et le partage d’expérience réglementaire.

Cette coopération peut devenir particulièrement utile lorsque des groupes financiers exercent leurs activités dans plusieurs juridictions ou lorsque des flux croissants entre deux économies exigent une meilleure coordination des autorités de contrôle.

Pour le Maroc, l’intérêt est également de disposer d’un canal structuré avec une place financière du Golfe particulièrement active dans le financement international et l’investissement.

Mais il ne serait pas exact d’en déduire automatiquement une libéralisation des règles de change, une ouverture bancaire immédiate ou une modification du contrôle des capitaux marocain. Aucun de ces changements n’est annoncé par les mémorandums publiés.

​Paiements transfrontaliers : une ambition, pas encore un service

La partie la plus directement perceptible pour les entreprises et les particuliers concerne les systèmes de paiement.

La CBUAE évoque une coopération visant à relier les infrastructures de paiement et de messagerie financière des deux pays afin d’améliorer l’efficacité des opérations transfrontalières. Des sujets comme l’acceptation mutuelle de solutions de paiement et les paiements instantanés figurent dans le périmètre annoncé.

À ce stade, aucune date de lancement commercial, tarification ou liste d’établissements participants n’a été rendue publique dans les sources consultées.

Il faut donc éviter une formulation du type « les transferts instantanés entre le Maroc et les Émirats sont désormais disponibles ». Cette conclusion serait prématurée.

​La finance participative également concernée

Le partenariat inclut aussi la finance islamique, appelée finance participative dans le cadre réglementaire marocain.

Les deux institutions souhaitent renforcer leurs échanges d’expertise et explorer les opportunités liées notamment au financement du commerce et de projets d’infrastructures.

Le Maroc a développé depuis plusieurs années son propre écosystème de banques participatives. Une coopération accrue avec les Émirats peut favoriser le partage de normes, d’expérience réglementaire et de pratiques de marché.

Cela ne signifie cependant pas qu’un financement déterminé a déjà été accordé à un projet marocain dans le cadre de ces mémorandums.

​Quels effets possibles pour les entreprises marocaines ?

Si les travaux techniques débouchent sur des systèmes effectivement interconnectés, les entreprises actives entre le Maroc et les Émirats pourraient bénéficier d’opérations plus rapides, d’une meilleure fluidité des règlements ou de solutions de paiement plus intégrées.

Les voyageurs, commerçants et investisseurs pourraient également être concernés à plus long terme.

Mais ces conséquences relèvent encore de l’analyse prospective. La seule information établie aujourd’hui est la création d’un cadre de coopération élargi entre les deux banques centrales.

La prochaine étape importante sera donc opérationnelle : quelles infrastructures seront effectivement connectées, selon quel calendrier, avec quelles banques et quelles garanties réglementaires ?




Lundi 5 Octobre 2026